le veurdre

    un peu d'histoire

    Superficie de 2116 ha - Altitude de 182 à 241 mètres - 454 habitants environ.

    Le nom de la commune, anagramme du mot "verdure", fait penser à un site calme, paisible, accueillant au milieu d'une nature généreuse, en bordure de belles rivières. Le Veurdre est une petite ville fortifiée où subsistent deux tours d'enceinte. En son centre se trouve l'église Saint-Hyppolyte du XIIème siècle, dite de pèlerinage, et des maisons anciennes (XIV et XVème siècles). Le village est sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle que de nombreux pèlerins fréquentent, et est également traversé par trois voies romaines.

    Des traces de l'époque préhistorique, ainsi que de nombreux vestiges gallo-romains sont exhumés sur le territoire de la commune. Près du bourg actuel, un castellum est édifié sur la butte de Saint-Mayol. Le Veurdre est cité pour la première fois en 1097. Au XIIème siècle, le prieuré de Saint-Mayeul est fondé près de la commune (photo ancienne issue d'internet). En novembre 1429, Jeanne d'Arc aurait visité ce prieuré. Photo plus bas: Mairie.

    Un port existe déjà en 1243. La navigation était intense autrefois dans l'Allier (ci-dessous, reproduction d'une case de mise à l'eau avec ancre): toues, gabares et autres chalands transportaient les marchandises les plus hétéroclites, notamment du bois et du vin. Ce trafic fluvial donnait aux bourgs riverains une certaine importance et une animation qu'on peut qualifier de nos jours de pittoresque. Cela jusqu'à l'arrivée du chemin de fer. Ainsi, Le Veurdre, sur la rive gauche du fleuve, au carrefour du Bourbonnais, du Berry et du Nivernais, avait-il obtenu sa charte de cité franche dès le XIIème siècle. En 1853, la paroisse comptait parmi les ports les plus florissants du département (2ème port après Moulins), et ce jusqu'en 1935. Il existait trois ports dont le plus important, "Le Port au Vin" était situé en bordure du bourg.

    La circulation fluviale sur l'Allier dépend des variations climatiques. Ainsi, au XVIIIème siècle, la sécheresse retient une quarantaine de bateaux et, lors d'un hiver rigoureux, plus de cent bateaux sont pris dans les glaces. Les productions locales sont expédiées vers Nantes et Paris: vins de Château, du Veurdre et de Riousse, blés, seigles et avoines du Bourbonnais, bois de charpente, merrains, bois à brûler et fer.

    Au XIVème siècle, la ville est emmuraillée et possède deux églises. Dès le XVème siècle, la petite citée prospère: aux activités de transports, marchandises puis voyageurs, s'ajoute la construction de bateaux. Au XVIème siècle, pendant les guerres de Religion, la ville est attaquée et pillée à plusieurs reprises. En 1790, Le Veurdre devient le chef-lieu d'un canton du district de Cérilly, avant de fusionner avec le canton de Lurcy. Le premier pont sur l'Allier est achevé en 1836. Des moulins avaient été construits sur les bords de la Bieudre. Le Moulin Neuf, visible à la sortie du bourg en direction de Lurcy-Lévis et deux autres remontant la rivière: le Moulin Bonin (photo ci-dessus) et le Moulin Barrat (photo ci-dessous).

    Jusqu'au XXème siècle, les moulins se rencontrent très fréquemment, même sur les plus petits cours d'eau. L'aménagement d'un bief suffit en effet à une alimentation régulière. Le petit bâtiment ci-dessous (Moulin Neuf) abrite une paire de meules entraînées par une roue à aubes. Les moulins sont utilisés par la population locale, pour la farine et le chanvre notamment.

    Le prieuré Augustin de Lorette est déserté dès le milieu du XVIIIème siècle. A la révolution, il est mis en vente comme bien national, et les bâtiments conventuels sont acquis par le marquis de Sinéty. Au cours du XIXème siècle, le prieuré est peu à peu démoli (ci-dessous, ruines sur carte postale). La façade est de nos jours à peu près tout ce qu'il en reste. Une partie des matériaux semble être remployée pour des travaux au château de La Beaume (photo plus bas issue d'internet). Dernière photo: ancienne chapelle du Doyenné.

    La commune permet de découvrir le Bocage Bourbonnais et toute la richesse de la nature qui le compose.

    petite balade dans le bourg

    En vous promenant dans les ruelles biscornues du bourg, vous pourrez voir des petites maisons étroites, de hauteur inégale, parfois bien rénovées, comme des anciennes maisons de journaliers ou des logis anciens des XVème/XVIème siècles.

    Ci-dessous, au 26 rue de Bourbon, beau portail avec tour.

    L'enceinte de la ville devait compter dix-huit tours. La tour ronde ci-dessous, surmontée d'un toit conique de tuiles plates, en est un vestige. Plus bas, autres exemples de tours que vous pourrez observer.

    Au n°9 de la rue de Bourbon, un petit blason avec une ancre, jas en bas et la date de 1648, indique une ancienne demeure de maître marinier. Le symbole de l'ancre rappelle l'importance des activités fluviales au Veurdre. Dès le XVème siècle, naît une importante population de charpentiers et voituriers par eau. Des bateaux sont construits et le transport concerne autant les marchandises que les individus. Des barques plates sont aménagées avec une cabane, terme qui finit par désigner le coche d'eau. Le 04 juin 1676, Madame de Montespan, qui se rend à Bourbon pour une cure, passe au Veurdre dans cet équipage.

    Ci-dessous, ancienne conciergerie du château de La Beaume. Plus bas, maison de 1750.

    Les épis de faîtage en terre cuite sont particulièrement nombreux dans le Berry et le Bourbonnais. Ils sont fabriqués au XIXème siècle, mais quelques artisans en produisent encore. Protégeant la charpente, ils sont surtout décoratifs. Les motifs les plus répandus sont le coq et le pigeon. Les couleurs utilisées sont essentiellement l'ocre, le jaune et le vert.

    Le graffiti ci-dessous, qui représente un bateau tirant sur son ancre, est situé près de la place des Mariniers, où les voituriers par eau attendaient traditionnellement l'embauche. Les charpentiers, quant à eux, travaillent d'abord dans un pré proche du château de La Beaume. Au XIXème siècle, les ateliers s'échelonnent sur la Bieudre. On construit des bateaux en chêne, plus robustes mais plus coûteux que les bateaux en sapin. Après l'arrêt de la batellerie sur l'Allier, la production s'oriente vers les bateaux pour les canaux et les bateaux-lavoirs. Le dernier chantier, qui concerne la fabrication de péniches de 38 mètres de long, ferme en 1931.

    Ci-dessous, fontaine saint Hyppolite, place du Champ de Foire, place des Mariniers et ancienne bascule.

    Ci-dessous, la fontaine du Coin des Feugnants.

    le veurdre hier et aujourd'hui

    Le Coin des Feugnants, ci-dessus, était le lieu où les mariniers attendaient l'embauche. Les entretiens se déroulaient sans l'actuelle Maison de La Batellerie, aujourd'hui musée (photos ci-dessous). Le rez-de-chaussée est entièrement ouvert au public. Trois salles présentent ce patrimoine méconnu. Un intérieur Bourbonnais, début XIXème siècle, évoque l'habitat traditionnel d'un charpentier en bateaux du Veurdre. Ce musée conserve une pièce exceptionnelle: un bateau construit par Fernand Bissonnier dans les années trente aux chantiers du Veurdre. Vous pourrez le voir en fin de visite aux côtés d'autres témoins de cette charpenterie des bords d'Allier.

    la bataille du pont du veurdre - 18 juin 1940

    Devant l'avancée des troupes Allemandes qui avaient franchi la Loire, le capitaine Paul Bastiani, des Sapeurs-Pompiers de Paris Saint-Cyrien, après avoir quitté son régiment, se présente au colonel François d'Humières, Commandant d'armes de Moulins, pour se mettre à sa disposition. Celui-ci lui demande de réunir en 24 heures une unité pour défendre le pont du Veurdre.

    Le capitaine Bastiani réunit alors une quarantaine d'hommes qu'il installe autour du pont du Veurdre avec l'aide du lieutenant Legris. Un canon de 75 est placé dans l'allée du château de La Beaume. Les soldats sont dissimulés dans les buissons et les arbres, armés de fusils mitrailleurs et de mousquetons, mais également installés autour du pont.

    Leur mission était de retarder l'avancée d'une colonne blindée Allemande composée de 1 500 hommes.

    Lorsque les premiers camions Allemands entrèrent sur le pont, dans le milieu de la matinée du 18 juin 1940, ils furent fauchés par le tir de précis du canon de 75.

    Les Allemands organisèrent leur défense côté Nièvre et ripostèrent. Le Veurdre fut pris sous un tir de barrage. Plus de 250 obus de gros et moyen calibre tombèrent sur le bourg et son environnement. Vers 14h30, les Allemands tentèrent une deuxième fois de franchir le pont sans succès. Il y eut des pertes humaines des deux côtés. Devant cette résistance, les motocyclistes Allemands firent demi-tour, longèrent la rivière Allier et la traversèrent en amont et en aval sur leurs motocyclettes munies de flotteurs.

    Capitaine Bastiani

    Lieutenant Legris

    Ils prennent à revers les soldats Français, et c'est au cours de cette troisième attaque que le capitaine Bastiani fut tué par un tir direct. Puis ce fut au tour du lieutenant Legris, du caporal Le Bouidec, des soldats Bichot, Hellio et Mallard de succomber sous les balles ennemies. Le sergent-chef Monestier résista encore une heure et demi, perché dans un arbre d'où il tua, seul, 18 assaillants, puis se donna la mort. Quelques soldats purent s'enfuir, les autres furent faits prisonniers. Lorsque les Allemands entrèrent dans Le Veurdre, ils rendirent hommage aux héroïques défenseurs du pont: "Français trop braves". La ligne de démarcation fut instaurée côté Nièvre, laissant Le Veurdre en zone libre, et Livry, côté Nièvre, zone occupée. Plus bas, stèle commémorative.

    Cette bataille eut lieu le lendemain de la demande d'armistice, et quelques heures avant l'Appel du Général de Gaulle. Les soldats tombés sont enterrés dans le carré militaire du cimetière du Veurdre, et leurs tombes sont entretenues et fleuries par le Souvenir Français.

    l'allier