liernolles: patrimoine

    l'église sainte-catherine

    A la nomination du prieur d'Evaux, cette église romane a été construite dans la seconde moitié du XIIème siècle. Le plan est simple: une nef de trois travées inégales, sans bas-côtés, se terminant par une abside à chevet plat. Un faux transept débordant s'inscrit au niveau de la troisième travée orientale. Le bras nord, à deux travées, s'ouvre sur une absidiole en hémicycle. L'absidiole sud, démolie au XVème siècle, a fait place à une chapelle de plan carré dans la seconde moitié du XIXème siècle. Le porche occidental, reconstruit au XVème siècle, est surmonté de trois baies étroites inscrites dans des gâbles. Le clocher, de base carrée, s'élève au-dessus du croisillon sud, et supporte une flèche octogonale qui repose sur un glacis à huit pans, colonnettes d'angle et fenêtre sur chaque face.

    Ce caquetoire, en bois et ardoise du XIVème siècle, est un abri à la sortie de l'église, qui permet aux paroissiens de discuter, de caqueter (mot issu de l'ancien Bourbonnais: caquetouère).

    Le testament de Pierre Chappont (photo ci-dessus à droite) est en pierre gravée, et date de 1431. Il a été découvert sous l'autel de la Très Sainte Vierge, qui à cette époque, était adossée au mur attenant au choeur. Le texte du testament lapidaire de Pierre Chappont, curé du village, est écrit en Français et comporte des caractères gothiques: "aujourd'hui, le IIIè jour de juillet, l'an mil cc nte et ung (1431), messire pire chappont curé dud lieu veult et ordonne en l'onneur de dieu, de la benoiste - vierge marie sa mère, madame saintte katerine et de tous les saintz et - sainttes du paradis qu'il soit dit et célébré doresnavant ung chascun dimanche - au lieu  et esglise de sa cure de lirenolles environ soleil levant une messe hécaristiale pour - son âme et de ces bienfaitteurs affin que les prochains du dit lieu prient dieu pour son âme".

    Le tableau ci-dessus, issu de l'ancienne église d'Huvers, est intitulé "la crucifixion",  et date de 1663. Il a été réalisé par deux artistes Bourbonnais: Gilbert Sèvre et Georges Lolet (qui n'aurait peint que le personnage féminin). Cette toile représente une vision symbolique de la Crucifixion. Outre le Christ, elle met en scène une sainte femme, probablement la Vierge ou Marie Madeleine, saint Jean-Baptiste et saint Antoine. La présence de ces derniers est assez inhabituelle pour ce thème. Par ailleurs, trois angelots recueillent le sang du Christ.

    Ce bénitier ci-dessus, du XIVème siècle, est composé d'une cuve sans décor apparent, et est placé à l'extérieur de l'église. Le dimanche des Rameaux, la nouvelle eau est bénie, afin que certains paroissiens puissent en apporter chez eux. L'église reçu également de l'ancienne église d'Huvers une sculpture sur bois représentant le Père Eternel.

    L'ange, dans une aube rose, les ailes déployées, présente un long phylactère portant son nom. L'ange est un messager entre Dieu et les hommes. Il inspire Matthieu dans la rédaction de son Evangile.

    L'aigle est de couleur claire, mais délavée par le temps. Avec ses pattes, il déploie le phylactère à son nom. Il est l'oiseau qui figure l'Ascension du Christ. Il est aussi symbole de la Résurrection.

    Le lion, rose aux ailes bleutées et levées, est assis à l'arrière sur un phylactère à son nom qu'il tient avec ses pattes avant. Il représente le courage et l'autorité. De son souffle, il ranime ses petits morts-nés, et évoque l'idée christique de la Résurrection.

    Le taureau, de profil et de couleur rouge, a les ailes relevées. Comme le lion, il est assis à l'arrière, et déploie un phylactère à son nom. Le taureau, souvent dit le boeuf, est symbole de force et de fertilité. Il véhicule également l'image du sacrifice.

    l'ancienne commanderie d'huvers

    L'ancienne commanderie d'Huvers était une paroisse dont le siège était une commanderie des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L'ancienne église paroissiale et son presbytère ont disparu, et il ne subsiste des anciens bâtiments qu'un logis quadrangulaire flanqué d'une tour ronde tronquée. Un écusson, probablement celui d'un des ,bénéficiaires, est visible sur le pignon. Quant à la façade méridionale, elle présente des têtes d'aigles gravées dans la pierre.

    le château de la forêt de viry

    Il aurait peut-être été construit, en partie, par les compagnons de maître Jacques qui, au Moyen-Age, bâtissaient cathédrales et châteaux. Cela expliquerait la présence d'une coquille Saint-Jacques (XVème) au-dessus de la porte d'entrée de l'édifice, à moins qu'il ne s'agisse d'une marque de relais sur la route de Compostelle.

    Monument historique depuis 1956, construit au XVème siècle, le château de la forêt de Viry était entouré de fossés qu'enjambait un pont-levis, remplacé par un pont dormant en 1637. La porte fortifiée qu'il protégeait fut également modifiée. Le corps de logis présente un dispositif presque symétrique. De plan rectangulaire, il est flanqué de deux tours rondes sur la façade postérieure, alors que le côté opposé, sur cour, est cantonné aux angles de deux tours carrées flanquées sur l'extérieur d'une tourelle en encorbellement.

    A chacune de ces tours, est accolé un pavillon rectangulaire, l'un servant de porte, l'autre abritant une chapelle, où se trouvent un fragment de vitrail armorié datant du XVIème siècle, et un bel autel en bois sculpté. Des communs prolongent le logis au nord et à l'ouest, à l'emplacement d'un ancien mur d'enceinte.

    Sa charpente, en bois de châtaigner, dite à fermettes, est constituée de chevrons reliés deux à deux par des entraits, des liens obliques et des poinçons. Ces chevrons constituent des triangles, appelés petites fermes ou fermettes. Ce type de charpente, qui apparaît à l'époque gothique, est particulièrement utilisé pour les toitures à forte pente, dans la mesure où les chevrons ne glissent pas sur les pannes.

    Le couloir principal du château, du XVIIème siècle, en grès et pierre de Volvic, se distingue par un agencement original de pierres de couleurs différentes. Le motif présente ainsi un carré rose ou rouge en pierre du pays inséré dans un octogone en pierre de Volvic, lui-même composé de quatre petits hexagones convexes.

    la maison forte des mithiers

    De la maison forte des Mithiers, il ne reste qu'un pigeonnier du XVème siècle, de plan carré, qui fut transformé tour à tour en écurie, puis en four à pain, avant d'être délaissé. Aujourd'hui transformée en logement annexe, la tour à deux niveaux est coiffée d'un toit à quatre pans. Dans la cour, une maison à pavillon à remplacé les anciennes constructions. Il subsiste également un tertre de plan rectangulaire de 40 mètres de côté, qui servait de base à l'ancienne maison forte. Il était protégé par un fossé de 9 mètres de large.

    la gentilhommière de valtan

    La gentilhommière de Valtan date du milieu du XIXème siècle, et est aujourd'hui à l'abandon, après avoir été détruit par un incendie. C'était un petit château moderne composé d'un logis quadrangulaire, flanqué aux angles de la façade principale de deux tours circulaires. Au centre de cette façade, un avant-corps rectangulaire s'élevait au-dessus de la corniche, et formait une tour engagée dans la toiture. Les chaînages d'angles, les encadrements de portes, de fenêtres, les lucarnes étaient en pierre rouge de la région. Valtan faisait autrefois partie de la paroisse de Montpeyroux. Au XIVème siècle, il est mentionné comme communauté.

    Photos ci-dessous: domaine de Valtan, et quelques vues sur le moulin de Valtan.