le couvent des bénédictines

    Comment, et à la suite de quoi les bénédictines vinrent-elles s'établir à Liernolles, et y fonder un couvent? Personne, jusqu'à ce jour, n'a pu le dire. Du couvent, il ne subsiste que l'emplacement, situé dans le jardin de Madame Aurélie Berthomier, née Circaud, au lieu-dit "la Garenne".

    Ce couvent fut détruit par un incendie, mais à quelle époque? Il y a maintenant bien longtemps, le propriétaire de "la Garenne", Monsieur Laurent Circaud, en faisant faire des réparations de nivellements, mit à jour, parmi les débris ayant servi au culte divin, du blé brûlé en assez grande quantité.

    D'après les anciens, l'incendie fut volontaire. Tout ce que nous savons est qu'au Moyen-Age, des bandes guerrières traversèrent cette partie du Bourbonnais. Nombreux furent les châteaux et couvents pillés, dévastés, détruits ou incendiés. Ces pillards, surnommés les Poudacres, commettaient leurs exactions vers la fin du XIVème siècle, date supposée à laquelle aurait disparu le couvent.

    Quoiqu'il en soit, ce couvent a disparu depuis très longtemps.

    de octo vernis

    Sur un petit monticule de terre, se dressait la paroisse d'Huvers, avec une église et un presbytère. Ce fut un lieu où les paroissiens se réunissaient chaque dimanche pour prier et assister au Saint-Sacrifice de la messe.

    Voilà maintenant bien longtemps, cette paroisse fut supprimée, victime de la révolution, comme ses voisines de Montpeyroux et d'Hulliaux. Son territoire fut partagé entre Saint-Léon et Liernolles. Le bourg et ses ruines ont été attribués à Liernolles.

    Huvers existait au début du XIIIème siècle: "en l'année 1242, Durand Prévost donna à l'hôpital d'Huvers tous les droits qu'il avait sur la paroisse et, le 13 mai 1381, Isabeau de Valois, duchesse de Bourbon, fait don, en faveur de l'Hôpital d'Huvers qualifié par elle de Commanderie, d'une rente de huit quartes d'avoine, mesure de Chavroches, de deux sols et de deux gélines, à elle due sur la dite Commanderie, à condition que les commandeurs feraient dire tous les lundis, dans l'église paroissiale, une messe à son intention. On avait cessé d'acquitter cette fondation. Les visiteurs, en l'année 1615, rappelèrent cette obligation au commandeur."

    Aussi loin que l'on remonte (1242), Huvers fut le siège d'une Commanderie, appelée Hôpital. En 1790, un ancien chevalier de Malte était encore Commandeur d'Huvers. Il y avait donc autrefois un hôpital, une Commanderie, une église, un prêtre chargé du service paroissial, un presbytère, le tout dépendant de l'Ordre de Malte, et appartenant aux Hospitaliers.

    De l'hôpital, il ne reste aucune trace. La maison du Commandeur est un monument carré, flanqué de deux petites tours. Sur le pignon, est encastré un écusson, peut-être celui d'un des bénéficiaires nommés par Monsieur Vayssière dans son ouvrage sur l'Ordre de Malte en Bourbonnais.

    Le presbytère était situé du côté opposé, de sorte qu'en entrant à l'église, on avait à droite le presbytère, et à gauche, la maison du Commandeur. L'église, était bâtie tout près de la Commanderie. Elle a été démolie vers 1838, sur l'ordre des propriétaires qui en avaient fait l'acquisition: la famille Papillon.

    Fort ancienne, elle était de même architecture que la chapelle de Saint-Hilaire du Donjon, et que l'église de Montpeyroux. Le choeur seul était voûté, et la nef avait un plafond en boiseries. Le plafond reposait sur des piliers de bois. Parmi ces boiseries, se trouvaient des sculptures non dénuées d'intérêt et de valeur. Cet édifice était de petite dimension. Le pan de mur qui en subsista du côté de la Commanderie, et son emplacement en attestent.

    le mendiant de liernolles

    En ce jour de grâce 1927, le 08 juillet, un mendiant frappe à la porte de la cure. Le curé, à peine rentré de la messe, va ouvrir. Persuadé que le pauvre homme vient lui faire l'aumône, le curé s'apprête à lui remettre son offrande, lorsque l'homme lui tend deux billets de dix francs. L'abbé Parent nous conte ensuite leur dialogue:

    -Tenez, Monsieur le curé, voilà pour votre église. J'ai lu sur votre bulletin paroissial qu'il vous fallait beaucoup d'argent pour restaurer votre église. Voilà ma part.

    -Mais, mon pauvre homme, ces deux billets vont vous faire faute! N'allez pas vous en priver!

    -Monsieur le curé, j'ai travaillé à Saint-Léon, et ai gagné quelque argent. Je m'étais promis, si tout allait bien, de vous offrir quelque chose. Je vous donne ces vingt francs de bon coeur.

    -Mais dites moi au moins votre nom pour que j'en fasse état dans la liste de souscription qui paraîtra prochainement.

    -Monsieur le curé, mon nom n'ajouterait rien de plus, je donne pour le Bon Dieu, et c'est tout.

    Quel beau geste! Quel sacrifice! Cet homme, pauvre, n'ayant ni feu, ni lieu, à peine une pierre où reposer sa tête, prélevait sur son nécessaire! Bel acte de générosité, mais aussi belle leçon pour ceux, inondés de biens, qui ne donnent rien, ou si peu.

    Le mendiant repassa le 19 octobre. Il visita l'église rénovée, et remit dix francs au curé comme deuxième versement. Cette histoire a-t-elle inspiré Bossuet pour la composition du célèbre discours sur "L'éminente dignité des pauvres"?