agonges

    Superficie de 2410 ha - Altitude de 204 à 266 mètres - 312 habitants environ.

    L'origine du nom de la commune viendrait probablement de Aconticum, dérivé de l'anthroponyme latin Aconteus. Située en Bocage Bourbonnais, Agonges est bordée à l'est par la forêt domaniale des prieurés Bagnolet. Le bourg est à 260 mètres d'altitude. La paroisse, signalée dès le XIIème siècle, relève du diocèse de Bourges et de la châtellenie de Bourbon-l'Archambault.

    Appartenant à l'église Notre-Dame-de-Sales à Bourges, elle est revendiquée, ainsi que la petite ville du Breuil, par l'abbesse de Saint-Menoux, qui l'obtient en 1145. Sous la révolution, la paroisse du Breuil est rattachée à Agonges et, en 1792, l'ancien territoire de la commune est réparti entre Agonges, Saint-Menoux et Bourbon. Mentionné au XVIème siècle par Nicolay et en 1686 par d'Argouges, Agonges compte alors une centaine de feux.

    Pays d'élevage et d'herbage, ce territoire souffre beaucoup des aléas climatiques, orages destructeurs et hivers rigoureux notamment. C'est la commune du canton qui possède le plus de châteaux et de demeures de l'époque médiévale jusqu'au XIXème siècle. Par exemple, le château de Beaumont (ci-dessous) est acquis en 1843 par Bruno de Garidel, dont le fils, Joachim, est l'un des créateurs de la race Charolaise actuelle et le fondateur du concours agricole de Moulins.

    L'atout du village, c'est aussi son cadre car, en plein coeur du bocage, les paysages sont magnifiques. Le bourg a des airs de Salon de Provence en été, avec des arbres ombrageant la place centrale avec la mairie joliment décorée. Le village organise de nombreuses manifestations dont l'historie du château de l'Augères (ci-dessus) qui vous sera contée à l'occasion d'un Son et Lumière avec plus de 100 artistes en costumes du Moyen-âge à nos jours, des chevaux, chiens, combats, poursuites, tout cela sous le regard du fantôme bien présent mis en scène par de multiples jeux de lumières, feux de Bengale et autres lanternes.

    Il n'y a pas que les châteaux qui soient incroyables dans ce village. Certains entrepreneurs se sont également distingués. Olivier Doizon a lancé La Savonnerie Bourbonnaise où il fabrique une gamme de savons et de produits cosmétiques entièrement bios, sur place. Alain Gautier exerce, quant à lui, l'art du vitrail depuis plus de trente ans après s'être formé dans différents ateliers à Angers, et Nancy où il a appris un maximum de techniques de peinture sur verre.

    Sur la place de l'église, la croix ci-dessous porte deux dates: 1686 est la date de sa réalisation, et 1917, seconde date mentionnée, est l'année où elle est transférée dans l'église. De facture locale, elle présente une iconographie classique. Sa base est un culot sculpté d'un ange portant un phylactère. Son style, plus savant, permet de penser qu'il s'agit d'un montage ultérieur. Elle porte les armoiries de Jean Vigier, sieur du château de Praingy, conseiller du roi au présidial de Moulins.

    Un aveu de 1300 nous apprend que Dreux de Luçay y possédait sa maison, des prés, des terres, des garennes, la moitié du moulin de Gabereau et la moitié du droit de l'"aygue et de la pesche". On ignore par la suite de ce qu'il advint de Luçay jusque vers le milieu du XVIIème siècle. Un cadet de la famille Josse qui avait acquis La Pommerai, Jacques, sieur de Luçay, vint déclarer la mort de sa soeur Anne, veuve de Mr Giraudeau, survenue le 03 mai 1659 "dans la cuisine de La Pommeré". La maison forte  de Luçay revint dans l'héritage des seigneurs de La Pommerai, puisqu'en 1779, le seigneur d'alors, Jean Joseph de le Borgne, s'intitulait également seigneur de Luçay. Mais il est impossible de savoir dans quel état se trouvait le château dont Jean Dauphin était fermier en 1787.

    Il ne reste plus de traces visibles de La Motte Varenne, si ce n'est l'appellation toponymique. Mais il se pourrait que cette motte ait été le siège de la première seigneurie de Praingy où, aujourd'hui, existent deux constructions encore appelées château (photo ci-dessous issue d'une capture d'écran).