barrais-bussolles: patrimoine

    La tour Pourçain

    Au fond d'un ravin escarpé, et sur un étroit promontoire qui barre le chemin, se dresse ce qui subsiste de la Tour Pourçain. Elle est installée sur la plateforme d'une motte castrale, de plan ovalaire, entourée de larges fossés. Aubert de la Faige décrit le site: "un étroit sentier d'accès, une plateforme toute entière occupée par la vieille tour, et de tous côtés des pentes à pic, tel est l'emplacement de cette construction féodale". Recouverte d'une toiture récente, elle était devenue bâtiment d'une exploitation rurale. Il ne semble pas qu'un château ait pu exister sur cet espace étroit, mais plutôt un poste fortifié qui permettait de surveiller la vallée et de prélever les droits seigneuriaux.

    La tour Pourçain, jadis crénelée, a perdu sa partie supérieure fortifiée. Elle se trouve sur l'ancienne voie Romaine de Lapalisse à Digoin, à l'époque très fréquentée, qui rejoignait l'Auvergne et la Bourgogne. Cette tour, édifiée par les sires de Bar, est la propriété des Conny en 1733. Elle n'a subi que peu de transformations. Des ouvertures plus larges sont réalisées aux XVème et XVIème siècles.

    Au rez-de-chaussée, une salle comprend un four à pain et un escalier de pierre montant au premier étage, sur lequel on distingue l'accès aux créneaux. Une porte donnerait accès à un souterrain non exploré. Au début du XXème siècle, elle est transformée en chapelle, dédiée à Notre-Dame. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques le 22 septembre 1937 (photos en noir et blanc issues d'internet).

    La chapelle de Bussolles

    La commune de Barrais-Bussolles résulte de la fusion en 1833 de deux unités distinctes jusqu'alors: Barrais et Bussolles. La paroisse de Bussolles avait donc sa propre église paroissiale, des XIème-XIIème siècles, en partie démolie en 1892, du fait de sa fragilité. Le choeur de style flamboyant est conservé, et fait partie maintenant de la chapelle de Bussolles. L'église d'origine est dédiée aux martyrs de Milan, saint Gervais et saint Protais. Le choeur et l'autel sont consacrés par Jacques d'Ambroise, abbé de Cluny et évêque de Clermont, le 11 octobre 1507. Sous l'Ancien Régime, l'évêché de Moulins n'existant pas, ce secteur dépendait de Clermont. Photos ci-dessous issues d'internet.

    L'église Saint-Julien


    L'église de la commune est dédiée à saint Julien par saint Martin qui évangélisa la région.

    C'est aussi lui qui dédia la chapelle de Bussolles à saint Gervais et saint Portais. Datant, pour sa partie la plus ancienne, de l'an mille, elle est donnée au XIème siècle à l'abbaye Saint-Rigaud.

    Les révolutionnaires y commettent des dégradations, et le mobilier n'y est remis qu'au XIXème siècle.

    Une restauration complète est envisagée en 1899, mais la menace de la séparation de l'église et de l'état y met fin.

    Merci à Monsieur SCHERBAM Michel pour la prise des photos.

    Elle est bâtie en forme de croix Grecque, à traverses à peu près égales, formées en long par la nef et le choeur, en large par la chapelle de la Vierge construite en 1840 et celle de saint Joseph construite en 1920. A part la première travée en entrant et la voûte en tiers point, il ne reste plus rien de l'église romane primitive. La nef et le clocher-mur sont en granit extrait d'une carrière voisine. L'encadrement de la porte a été refait également en granit dans le style flamboyant à la même époque que le choeur (1540). Mais, pour ce dernier, on retrouve le grès de houillère, plus facile à travailler. Photo ci-dessous, saint Julien.

    La façade était jadis dominée par un clocher-mur dans les arcades duquel étaient suspendues deux petites cloches. Brisées au cours d'une mission en 1867, ces cloches furent fondues en une seule à Mirecourt dans les Vosges. Pour loger cette nouvelle cloche, on construisit l'actuel clocher, vers 1875, en ardoise, qui dénature la façade. En 1930, on installa une très solide charpente. On raconte qu'il fallut sept gros chars de chêne et de châtaigner pour sa réalisation. Ces travaux permirent d'ajouter deux nouvelles compagnes à cette unique cloche. Ces dernières furent fondues à Villedieu-les-Poêles dans la Manche.

    Epargné pendant les troubles de la révolution, le bénitier, probablement très ancien, ci-dessus est constitué d'une cuve octogonale reposant sur un fût du même type. Ci-dessous, le choeur est de style gothique flamboyant. La clef de voûte porte les armes de la famille de Damas, rouge à la croix ancrée dorée, car Christophe de Damas était à cette époque prieur de Barrais.




    D'autres éléments sont à remarquer à l'intérieur de l'église: un beau Christ en bois du XVème siècle et de belles chapelles latérales.

    Saint-Christophe, sculpté dans une poutre de chêne du XVIème siècle, est le patron des voyageurs et notamment des automobilistes. Il fut très honoré à Barrais où chaque année, le dernier dimanche de juillet, on venait faire bénir son véhicule dans le parc du château face à l'église.

    Le château de Bussolles

    Aubert de la Faige, alors propriétaire du château de Bussolles, écrivait en 1896: "le petit château de Bussolles en la justice de Vichy, dont Nicolay parle à cinq reprises différentes, est actuellement en voie de restauration. Une assez jolie tour carrée, qui flanquait autrefois l'entrée, atteste seule l'ancien cachet seigneurial de ce castel déchu, et c'est à peine si une fâcheuse restauration de 1810 a laissé subsister à Bussolles quelques détails qui semblent de la fin du XIVème siècle".

    L'ancien château de Bussolles était une forteresse de plan quadrangulaire, cantonnée de quatre tours carrées massives et d'une tour ronde, en appareil défensif de la porte d'entrée. Le château actuel a conservé quelques éléments qui semblent dater du XIVème siècle, mais a été profondément remanié. Le corps de logis, de plan barlong, à deux niveaux, a conservé une belle tour carrée qui flanque la façade en avant-corps. L'autre angle est flanqué d'une tour ronde un peu basse, couverte d'un toit conique. Dès le XVIème siècle, des ouvertures, souvent anarchiques, ont éclairé la façade et les tours. Photo ci-dessous issue du livre "Pays de Lapalisse - Jaligny - Le Donjon", page 58.