bourbon l'archambault

    histoire

    Superficie de 5484 ha - Altitude de 215 à 321 mètres - 2559 habitants environ.

    L'origine du nom de la commune est issue du latin Aquae Borvonis. Dans la mythologie celtique gauloise, Borvo est un dieu guérisseur, associé à l'eau, et à la dynastie des Archambaud. L'étymologie du théonyme se décompose en berw (chaud, ardent , bouillant) et von (fontaine). Le sens est "eau bouillonnante". Il est connu par des inscriptions de l'époque gallo-romaine. Le théonyme Borvo apparaît dans un certain nombre de toponymes tels que Bourbon-l'Archambault, La Bourboule, Bourbon-Lancy en France, ainsi que Burtscheid et Worms en Allemagne. Le nombre de ces toponymes atteste la diffusion et l'importance du culte voué à cette divinité des sources thermales. En tant que guérisseur, Borvo est parfois comparé au dieu grec Apollon. Borvo est "le dieu thermal le plus important de Gaule".

    La ville est située entre quatre collines, près d'un étang alimenté par de nombreux petits ruisseaux. L'eau est partout et à faible profondeur. Les sources datent de la formation de la chaîne des Puys et traversent des terrains volcaniques. Une source chaude sourd à Bourbon-l'Archambault, ce qui semble avoir attiré des populations de tout temps, puisque sont retrouvées des pointes et des haches en silex préhistoriques. Lorsque César s'empare de la ville, elle prend le nom d'Aquae Borvonis, et dès cette époque les bienfaits des eaux thermales lui apportent un certain rayonnement. Selon l'auteur romain Vitruve, les thermes de Bourbon-l'Archambault contiennent alors la plus vaste piscine thermale connue.

    La ville est située au carrefour de plusieurs voies romaines, ce qui lui vaut de devenir une viguerie au début du VIème siècle, puis une baronnie en 770, après que Pépin le Bref fut venu soumettre la région qui avait des velléités d'indépendance. La seigneurie apparaît au Xème siècle avec Aimard, auquel succède la dynastie des Archambaud, qui s'agrandit par alliances et batailles. Au XIIème siècle, la ville devient franche. En 1276, le comte Robert de Clermont, fils de Louis IX, épouse Béatrix, héritière des Archambaud. Elle donne naissance à une lignée qui accède au trône avec Henri IV. La famille construit la forteresse près de la voie Clermont-Bourges, sur un site facilement défendable.

    On lui doit aussi la Sainte-Chapelle, terminée en 1508 et bâtie sur le plan de celle de Paris, soumise directement à la papauté et non au diocèse de Bourges. Toutefois, le centre de la seigneurie des Bourbons semble être Moulins, et non leur forteresse de Bourbon-l'Archambault. Au XVIIème siècle, Bourbon est la station thermale où l'on se doit de venir, et la châtellenie est très importante. La période révolutionnaire est très dure pour les Bourbonnais, et sous la Convention la ville est appelée Burge-les-Bains afin de "la purger des aspects de la féodalité". En 1801, elle reprend le nom de Bourbon-l'Archambault, mais perd peu à peu son attrait thermal. A la fin du XXème siècle, la commune est classée parmi les communes rurales. Toutefois, l'activité thermale parvient à se maintenir.

    vestiges de l'époque gallo-romaine

    Il reste peu de choses de l'époque gallo-romaine. Trois puits d'eau chaude, de même dimension et communiquant les uns avec les autres, ainsi que la piscine commune sont conservés dans le centre-ville. C'est en 1988 que la Place des Trois Puits est devenue la place Charles Delorme, en hommage à ce médecin d'origine Moulinoise qui eut le génie de faire de la ville, au Grand Siècle, la reine des villes d'eaux du royaume, en prescrivant des cures à la cour royale tout entière. En conflit avec Guy Patin, doyen de la faculté de médecine de Paris qui affirmait sans humour que les eaux thermales font plus de cocus qu'elles ne guérissent de malades, il imposa son fameux "bouillon rouge" qui lui valut la plus grande renommée. Puits classés Monuments Historiques en 1938.

    La piscine ne forme qu'une infime partie des thermes antiques, qui sont dotés de deux ailes parallèles enfermant une exèdre, sorte d'amphithéâtre dont il ne reste aucune trace. Les anciens bassins thermaux, jadis alimentés par la source captée sous "les Trois-Puits", servaient de bains publics comme en témoigne une gravure datée de 1569 (ci-contre). Découverte au XIXème siècle, des fragments de piscine romaine en marbre attestent d'une vie thermale antérieure, probablement d'époque gallo-romaine. Classée Monument Historique en 1938.

    personnalités

    Achille ALLIER (Montluçon, 2 juillet 1807 - Bourbon l'Archambault, 3 avril 1836)

    Fils d'un épicier de la ville de Montluçon, ayant fait le détour par Paris pour étudier le droit, il y obtint une licence qui ne le dissuada pourtant pas de se plaindre des "moeurs dégradantes" très en vogue dans la capitale. Il revint donc en province pour s'établir à Bourbon-l'Archambault.

    En 1831, il publie Esquisses Bourbonnaises, ouvrage doté d'illustrations de sa main (scènes de la vie rurale). Photos ci-dessus et ci-dessous.

    Victor Hugo, alors proche de la famille royale d'Orléans, encouragea Achille Allier à contribuer au renouveau d'intérêt pour les provinces Françaises. Tous deux voyaient en cela un moyen et de s'opposer au morcellement départemental, et de contester le centralisme autoritaire. C'est la publication dans une typographie originale des deux tomes titrés "L'Ancien Bourbonnais" (photos ci-dessous) qui assure aujourd'hui la célébrité d'Achille Allier. Le premier tome date de 1833, sous la conduite directe de l'auteur, alors que le second tome, daté de 1837 fut façonné par un de ses amis, l'historien Moulinois Adolphe Michel, à partir des nombreuses notes établies par le défunt Achille Allier.

    Pendant sa courte existence, Achille Allier déploya une activité exemplaire comme archéologue, lettré tout autant que dessinateur illustrateur, et directeur de la revue Art en Province, qu'il fonde en 1835.

    Marie-Amélie de Bourbon, épouse de l'anglophile Louis-Philippe, apprécia plusieurs dessins du jeune provincial et, parmi ceux-ci, est souvent signalé "La Jeune Fille de la Garde", que la reine acquit en 1835.

    Achille Allier mourut en 1836 d'une congestion cérébrale.

    La tombe d'Achille Allier, classée Monument Historique en 1918, est la seule qui soit conservée de l'ancien cimetière paroissial, désaffecté en 1863. Elle est marquée par un buste de l'auteur, réalisé par Auguste Préault. Grande figure de la ville, il s'illustre en sauvant de la destruction les vestiges de la forteresse médiévale en 1832 en écrivant une diatribe célèbre: "Non. Les tours de Bourbon-l'Archambault ne doivent pas être livrées au tailleur de pierres. Si l'héritier royal des millions du Prince de Condé a tellement besoin de deux mille francs, qu'il lui faille vendre la seule propriété qui rappelle son nom, moi, bourgeois de Bourbon-l'Archambault, j'achèterai le château de nos ducs aux enchères, et je graverai en lettres profondes sur ses vieilles murailles: Château des Ducs de Bourbon, vendu à Achille Allier, bourgeois et artiste, par Monseigneur le Duc d'Aumale, légataire universel du Duc de Bourbon".  Il demeure à l'origine de la prise de conscience du patrimoine et contribue à sa diffusion grâce aux ouvrages cités précédemment.


    Jean Aubéry, descendant de deux puissantes familles du Bourbonnais, les Aubéry et les De Lingendes, est né en 1569 à Moulins. Comme son père, il a été étudiant en médecine, à Montpellier, de 1590 à 1593.
    Installé dans son château de Plessis-Bourbon (reconstitution du XVIème siècle ci-contre), il a été successivement médecin du duc de Montpensier, médecin ordinaire du roi Henri IV et intendant des eaux minérales de France.
    Il est surtout connu des érudits comme un écrivain Bourbonnais, apprécié en son temps, auteur, entre autres, de "L'Antidote d'Amour", et de "Les Bains de Bourbon-Lancy et l'Archambaud".
     Il est mort après 1624.

    André Lichnerowicz (Bourbon-l'Archambault, 21 janvier 1915 - Paris, 11 décembre 1998)

    Mathématicien Français, il s'est particulièrement intéressé aux applications de la géométrie différentielle à la physique mathématique, notamment en relativité générale.

    Ses parents étaient tous deux professeurs. Sa mère fut une des premières femmes agrégée de mathématiques. Son père était agrégé de lettres classiques.


    Son grand-père paternel avait quitté sa Pologne natale en 1860 après avoir participé à une insurrection.

    Ses parents lui donnent une éducation humaniste qui révèle très tôt ses dons exceptionnels pour les mathématiques.

    Il laisse une image d'un homme profondément bon et attentif, tirant par petites bouffées sur son inséparable pipe, et distillant de petites phrases pétillantes, pleines de malice et de jeunesse.

    le grand établissement thermal

    L'établissement thermal de Bourbon est certainement le bâtiment le plus impressionnant de la ville, outre la forteresse. Sa construction est due à l'influence de curistes qui ne peuvent pas tous être admis dans les anciens bains. La façade monumentale décorée de faïences polychromes, avec ses corniches et son fronton triangulaire, a donné au bâtiment le surnom de "Palais des Thermes". Depuis, l'établissement est régulièrement modernisé, et lors d'aménagements, une grotte naturelle est découverte et transformée en vaporarium. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1987.

    Il ouvre ses grilles le 15 mai 1885 à 04h45. Oeuvre de l'architecte Charles Le Coeur, les Thermes ont bénéficié d'une architecture d'intérieur inspirée par un séjour en Orient du céramiste Léon Parvillée. Les faïences murales ont une symbolique forte, dominée par le doux regard de la déesse des eaux et les images aquatiques en forme d'estampes japonaises. Le plafond possède des caissons de châtaigner très ouvragés. Les eaux thermales sont réputées pour toutes les formes de rhumatisme et pour les affections gynécologiques. Photos ci-dessous issues d'internet.

    les rues à découvrir

    Petite ruelle tortueuse, la Rue des Orfèvres (photo ci-dessus), conduit à l'ancienne place des Trois-Puits, aujourd'hui Place Charles Delorme en longeant l'ancien pavillon thermal de l'hôpital local. Une légende locale gravite autour de la rue des Trois Maures ci-dessous. Venus rendre grâce à Robert, le dernier fils de Saint-Louis, l'émir Soliman et ses deux frères, devinrent subitement aveugles. Mais l'ermite Jonas, après avoir affirmé que les Trois Maures retrouveront la vue quand ils auront cessé d'être aveugles, parvint à les convertir à la religion chrétienne. le baptême prononcé, les Trois Maures recouvrèrent effectivement la vue par miracle, et s'établirent définitivement auprès des capucins.

    La rue des écoles, ci-dessous, a desservi, de 1861 à 1957, l'école des garçons (dernière photo) de Bourbon que l'on a dénommée "Sergent Beaubois" après la Première Guerre Mondiale. Juste en dessous, la rue de l'Etang, taillée dans le rocher, du grès dit "de Bourbon" lité sur le socle de gneiss de l'époque permienne, mène à l'étang de Bourbon, retenue de 35 hectares qui donne naissance à la rivière "La Burge", affluent de l'Allier.

    La rue du Moulin, ci-dessous, était jadis dénommée "rue des fossés Saint-Germain", à une époque où la rivière n'était pas couverte. C'est par ici que devait être érigée l'église Saint-Germain, église paroissiale déclassée le 12 octobre 1732 par le cardinal de la Rochefoucauld, archevêque de Bourges. La place Saint-Germain, au fond sur ce cliché, aujourd'hui de Verdun, fut le théâtre d'une exécution capitale en 1793. Un certain Riboutet, qui avait assassiné un de ses parents dans une auberge du quartier de Villefranche, y fut guillotiné.

    La Montée de la Prison est un escalier serpentant au-dessus de la Burge. Il est dénommé ainsi dans le plan d'alignements des rues de Bourbon de 1848. c'est l'un des deux accès au sud de la forteresse à partir de la ville, le second étant privé. Son nom s'explique par le fait que la Tour Qui Qu'en Grogne aurait pu servir, à partir de 1794, de prison communale.

    L'avenue Etienne Desbordes porte le nom du maire de Bourbon de 1878 à 1882. Elle a été ouverte en 1885 pour desservir, à partir de la route de Franchesse, la gare nouvellement construite. On profite, depuis cette avenue, d'un très beau point de vue sur la forteresse.

    La ruelle de la Malicorne est l'une des deux ruelles très pentues, avec celle des Sept-Fons, qui relient le quartier du Pied de Fourche à la ville. Photo plus bas, petite ruelle passant sur le côté de l'hôtel Montespan.

    Une gravure de "L'ancien Bourbonnais", du début du XIXème siècle, symbolise la misère du bas de la ville sous la puissante Tour Qui Qu'en Grogne. On y voit également couler la Burge, pas encore canalisée, entre la Montée de la Prison et le Pont Cachet. C'est de la Place Qui Qu'en Grogne que le visiteur peut apprécier la restauration des armoiries des Bourbons réalisée en 2000 par un sculpteur local. Ces blason avaient été détruits le 13 octobre 1793 par un détachement conduit par Fouché. Ils symbolisent l'union, dès le XIIIème siècle, des familles de Bourbon et de Bourgogne (Mahaut, Agnès), puis du duc Charles Ier et d'Agnès de Bourgogne.

    La rue du Déversoir est la dernière rue de la ville à conserver son pavage ancien. Jusqu'en 1978, l'eau de l'étang recouvrait épisodiquement cette rue, au gré des orages et des crues, dont les plus violentes remontent à 1926, 1943, 1958 et 1977. Depuis cette date, un système de barrage écrêteur est aménagé au moulin et une digue évite l'inondation de la rue.

    Pavée à l'origine, la rue de la République, jadis nommée "grande rue" avant d'entrer dans la mémoire collective sous le vocable "rue rose" du fait d'un revêtement de cette couleur, est bordée d'anciens hôtels, mais aussi de maisons d'apothicaires aisément reconnaissable aux boules qui ornent le fronton des immeubles.

    les fontaines

    Avec Saint-Pardoux et La Trollière à Theneuille, le bassin hydrominéral de BOurbon comporte la source de Jonas. Elle fut découverte, par hasard, vers la fin du XVIème siècle. Elle est ainsi décrite en 1646: "Il y a la fontaine Jonas, ainsi nommée parce que ce fut un Suisse nommé Jonas qui trouva cette eau ruisselant à travers les terres, y fouilla et fit le trou tel qu'il est... Cette eau est couverte d'une crème rougeâtre ferrugineuse, ce qui montre qu'il y a du vitriol et du fer par où elle passa... Elle a aussi le goût acide et vitriolé et plutôt ferré, mais non tant que celle de Pougues.... Les médecins n'en font aucun cas. Aucuns la mettent au vin pour boire et elle le rend fort bon. Toutefois, les médecins disent qu'elle est lasche et trouble la digestion en l'avanceant et pour cela n'en approuvent pas l'usage dans le vin, non plus autrement." C'est une source d'eau ferrugineuse administrée aux patients, en complément de la cure, jusqu'au milieu du XXème siècle. Au XVIIème siècle, le maréchal de Noailles lui ajoute des murs afin de lui attribuer son nom, mais celui de Jonas demeure.

    La Fontaine des Thermes, composée d'un pilier orné de quatre gargouilles ainsi que d'un abreuvoir en pierre, fait face au logis du Roy. Elle se situe à l'emplacement d'un couvent de capucins, étable en 1622, et dont tous les bâtiments ont disparu à la révolution. La fontaine était alimentée par l'eau de la source de Font-Néris. Les capucins avaient alors droit à un tiers de l'eau, un droit qui multiplia les procès. Les thermes Gallo-Romains s'étendent également sous cette place qui illustre l'attrait millénaire de la source chaude de Bourbon-l'Artchambault.

    Le boulevard Jean Bignon a été ouvert en 1875 pour servir de promenade vers la fontaine de Font-Néris, qui a alimenté Bourbon en eau courante jusqu'en 1935.

    portes remarquables

    Ouvrant sur l'une des principales artères de Bourbon, le pavillon de Noailles, ancien l'hôtel Calemard, est une maison d'apothicaire dont la porte est surmontée d'un fronton à boules. la porte elle-même, par sa niche décorée, prouve l'importance et la fortune des apothicaires aux XVIIème et XVIIIème siècles. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1929.

    Les heurtoirs sculptés en forme de lion de l'hôtel Calemard sont des témoins de l'âge d'or de la ville. Le succès des cures thermales, qui éclate réellement au XVIIIème siècle, rejaillit sur tous les habitants. Toutefois, ce sont les commerçants qui en profitent le plus, puisqu'ils approvisionnent aussi les localités environnantes. Cet apport de richesses va leur permettre de construire de luxueux hôtels en ville. Inscrits à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1929.

    La ville possède trois maisons d'apothicaires du XVIIème siècle qui se caractérisent par un encadrement de porte ouvragé avec un fronton triangulaire à trois boules. Les apothicaires fondent alors de véritables dynasties, et deux familles se partagent les charges jusqu'au XVIIIème siècle. La maison présentée ci-dessous, la plus à droite, est au XVIIème siècle la propriété de Claude Resmond, l'un des apothicaires les plus importants de Bourbon.

    Les ducs de Bourbon n'occupent pas en permanence la forteresse et, pendant leur absence, des châtelains sont chargés de la surveillance du site. Leur demeure est située au centre-ville. Il n'en reste plus que cette porte ci-dessous dont l'encadrement se caractérise par une alternance de claveaux plats et de claveaux en relief à bossage, ainsi que par une corniche en forte saillie.

    A la fin du XIXème siècle, le Docteur Regnault, médecin Bourbonnais, investi dans la construction du nouvel établissement thermal, se fait bâtir une maison en centre-ville, au-dessus d'une ancienne piscine Romaine. L'immeuble, qui fût le bâtiment de l'Intendance des Eaux est clos d'une superbe porte en bois sculpté de style XIIème siècle. Elle est ornée de motifs floraux et de fruits. Un larmier courant sur les piédroits s'étend sur les vantaux et sépare la porte de son tympan ajouré et orné des initiales C. et M. Elle est surmontée d'écoinçons sculptés, ainsi que d'une corniche en légère saillie. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1929.

    patrimoine religieux

    Protégeant la route allant de Bourbon à Ygrande, cette Vierge à l'Enfant ci-dessus était invoquée par les femmes enceintes afin que leur grossesse se passât bien. Elle se situe Rue des Trois Maures, nom donné au chemin que trois étranges pèlerins au teint basané et au costume bizarre suivirent pour se rendre près du vieil ermite Jonas, pour y trouver guérison du corps et salut de l'âme.

    Le prieuré de Vernouillet fut vendue le 26 mars 1791. L'ancienne chapelle, ci-dessous, a été transformée en habitation particulière qui, dans un petit réduit, conserva la vieille statue de la Vierge. Cette chapelle était composée du sanctuaire couvert par des voûtes d'arêtes dont les nervures retombaient sur des consoles du commencement du XIVème siècle. Les parements de cette partie de l'église étaient en grès et offraient un moyen appareil très régulier: de la nef, qui mesurait treize mètres de longueur, et qui a été reconstruite plus tard et complètement bouleversée par les dispositions nouvelles de l'habitation. Un campanile surmontait le pignon du choeur. Sous le carrelage, furent trouvés des cercueils de pierre en forme d'auge, avec leurs couvercles à pans.

    Saint Grelichon se situe dans une ruelle, et est représenté en buste et vêtu d'habits sacerdotaux. Il est abrité dans une niche d'une façade de maison. Il est un des personnages les plus populaires et les plus énigmatiques de la ville. Il avait le pouvoir de guérir les femmes stériles selon la légende. Une certitude, c'est qu'il ne fut jamais évêque et ne fut jamais canonisé. Pire, l'église a combattu son culte. Dans l'ancien temps, les noms portés révélait la personnalité et l'on assignait aux guérisseurs un pouvoir en rapport avec leur nom. Aussi, Grelichon viendrait de "grelicher", chatouiller, ou bien de "grelots", testicules. Etait-il un guérisseur, un moine sage et érudit faisant partie des capucins installés à Bourbon depuis 1622?

    Le rituel du culte de Saint Grelichon est bien connu: les patientes allaient prier dans la chapelle, guidées par un père capucin, avant d'aller gratter la cheville de bois fixée sur le bas-ventre de la statue. Après une nuit passée en prières (accompagnées toujours du capucin), elles buvaient la poudre miraculeuse macérée dans du vin blanc en implorant le bon saint de leur donner bel enfant et gros nichons. Bien que le diocèse de Bourges ait interdit l'exercice du culte de Saint Grelichon vers 1820, les femmes n'en continuèrent pas moins de s'en remettre à la statue pour combler leur désir de maternité. Au milieu du XIXème siècle, le curé, exaspéré, fit remplacer la statue de bois par une en pierre peinte. La statue réapparut dans un grenier et fut remise dans la niche de la maison.

    La croix de l'ancien cimetière, qui se tient jusqu'en 1872 devant l'église, repose sur un socle dans lequel est enchâssé un bas-relief antique dont le motif est assez peu compréhensible. Cette sculpture, réutilisée au XVIIIème siècle, provient de l'ancien temple romain dédié à Apollon, à l'emplacement duquel est bâtie l'église Saint-Georges.

    patrimoine bâti

    L'hôtel de ville, ci-dessus et ci-dessous, est une construction ancienne. Ce fut, avant la révolution, le "Palais de la Chatelline" où se tenaient les assemblées des échevins à l'étage et les halles, au rez-de-chaussée. En 1808, le bâtiment fut vendu au docteur Jardillier, alors maire de Bourbon, qui le céda à la ville. De nos jours, le bâtiment n'abrite que les bureaux de la mairie. Les mariages, comme les séances du conseil municipal, se déroulent au château Bignon.

    Il s'agit d'un rare témoignage de moulin fortifié du Moyen âge qui soit encore en activité. Le "ban du moulin", ci-dessous, était un territoire délimité dont les paysans devaient faire moudre leurs grains, sous peine des rigueurs du seigneur. Le moulin fait partie intégrante de la forteresse, crénelé et défendu par un chemin de ronde. L'arche du déversoir est dénommée "le grand four".

    Construit en 1857 sur les plans de l'architecte Esmonnot, il présente, avec son escalier à double révolution, un aspect fort agréable. Il comportait un établissement de bains, et recevait chaque année d'anciens militaires pensionnés. Il comprenait, de plus, un logement pour les soeurs de Saint-Vincent-de-Paul qui en assuraient le service, ainsi qu'une petite chapelle latérale.

    C'est en 1644 que fut fondé l'hôpital thermal appelé à cette époque "Hospice de la Charité". A la suite d'une représentation faite au roi et à la reine Anne d'Autriche, régente, sur le mauvais état des installations thermales destinées aux anciens soldats et aux pauvres, Sa Majesté, de l'avis de la reine, sa Mère, a souhaité que le bain soit rétabli et séparé pour les hommes et les femmes, et qu'ils servent aux dits pauvres soldats, qui ont passé une partie de leur vie au service de Sa Majesté, pour leur commodité et leur guérison, faisant défense aux habitants et communautés dudit Bourbon de divertir, à d'autres usages, les bains, ni d'en faire aucune aliénation contre le droit des pauvres.

    Cet établissement bénéficia de libéralités de malades illustres venus se soigner à Bourbon: Mme Coquille, d'Uzès, de Louvois, de Chaulnes, de Fourcy, Mlle d'Armentières, sans oublier Madame de Montespan qui y fonda douze lits. Gaston d'Orléans, frère du roi Louis XIII, y construisit le "bain de la Charité". Aujourd'hui, les bâtiments abritent l'hôpital local et la maison de retraite associée. Le pavillon thermal, de l'autre côté de la rue, étant affecté au service de rééducation fonctionnelle.

    Le marché couvert a été construit en 1925 sur l'emplacement de la rivière la Burge, qui avait été couverte entre 1896 et 1909. Les marchés avaient lieu, autrefois, place des Thermes (volailles), place de la Mairie (fruits et légumes), place de Verdun (marchés aux veaux), les autres bêtes étant commercialisées au champ de foires, au lieu-dit Villefranche.

    Le casino succède à un autre, appelé Salon, détruit lors de l'édification du nouvel établissement thermal. L'architecte réalise ce petit casino afin de satisfaire une clientèle aisée qui peut le fréquenter dès 1889. L'édifice abrite alors une salle de théâtre, une salle de jeu, une salle de danse et des loges. Une salle de cinéma est aménagée vers 1935 à l'extérieur, et en 1948 sont réalisés une galerie couverte, un bar et une salle de projection. En 2007, surplombant la ville, un nouveau casino de conception médiévale sort de terre pour honorer l'histoire du Bourbonnais. Ce bâtiment se transforme en centre socioculturel (musée, bibliothèque, médiathèque, cinéma-théâtre).

    Au début du XXème siècle, l'activité thermale perd son rôle prépondérant, mais la ville devient un lieu de villégiature. On voit alors la construction de villas qui donnent à la commune un lien de parenté avec Vichy. Celles-ci se caractérisent par de grandes baies et des décorations architecturales simples et se démarquent des bâtiments de l'habitat traditionnel Bourbonnais par un certain éclectisme. Photo plus bas, ancienne école des filles.

    Réalisé par un architecte Montluçonnais, le monument aux morts honore la mémoire des soldats de la Première Guerre Mondiale, morts à Verdun, dans les batailles de la Marne et de la Somme.

    Dans la rue de la Sainte-Chapelle, une construction, du même type que la maison des moines, est bâtie avec des pierres provenant de l'ancienne forteresse. Photo plus bas, ancienne école des garçons.

    les différents parcs

    les allées montespan

    Elles ont été plantées vers 1641 par le Maréchal de la Meilleraye, neveu du cardinal de Richelieu, pour servir de promenade aux curistes célèbres du XVIIème siècle. Sur la fin de sa vie, il en fit don à Madame de Montespan qui légua ce parc aux capucins avec promesse de permettre à quiconque de s'y promener toujours.

    le parc jean bignon

    Il a été adjugé en 1937 à la commune, deux ans après la mort de Jean Bignon, qui fut maire de Bourbon pendant trente ans. Les installations sportives et de loisirs ont été créées dans ce vaste espace de verdure, richement arboré.

    le parc thermal

    C'est en 1883 que la ville a acquis les terrains qui forment le "nouveau parc thermal". D'ici, chacun peut disposer de l'un des plus beaux points de vue sur la ville et la forteresse.

    quelques belles demeures

    bourbon l'archambault pendant la guerre

    Emile Quillier et son épouse Augustine étaient domiciliés Place des Trois Puits, à Bourbon-l'Archambault. Ils faisaient partie, dès 1940, d'une filière d'évasion pour les soldats démobilisés de l'armée Française, et assuraient leur hébergement et leur passage vers l'Espagne, puis l'Angleterre, pour reprendre le combat. Pour communiquer avec Londres, ils disposaient de deux postes émetteurs-récepteurs. Le dimanche 18 juin 1944, vers 20 heures, des jeunes gens armés arrivent dans deux voitures en arborant des drapeaux FFI. Soupçonnant une supercherie, Emile Quillier, fait partir discrètement deux résistants qu'il héberge: un Anglais et un Polonais. Bien lui a pris, car ce sont des miliciens, avec à leur tête le sinistre Aujames qui, renseignés sur les activités de la famille, investissent leur domicile, la villa Marie-Josèphe (photo ci-dessous, bâtiment qui fait l'angle à droite).

    Ils découvrent les postes et de l'argent destiné au maquis. Les Quillier et leurs trois enfants sont arrêtés, ainsi que Jean Durand et Louis Peroz qui, à l'arrivée des miliciens, pensant être en rapport avec des maquisards, avaient déclaré vouloir se mettre à leur disposition. Ils sont conduits à l'hôpital des Sources, tandis que des soldats Allemands, avertis par les miliciens, arrivent en camion. Deux clients juifs de l'hôtel, Pierre Wildenstein et Alejzy Ehrlich, présents à ce moment-là, sont également arrêtés.

    Tous sont interrogés et menacés d'exécution, jusque tard dans la nuit, tandis que la villa Marie-Josèphe est pillée, puis incendiée. Augustine Quillier et ses trois enfants sont finalement relâchés, mais les hommes sont conduits à la Malcoiffée, à Moulins, où ils sont martyrisés. Pierre Wildenstein et Alejzy Ehrlich seront transférés à Drancy, le 15 juillet, puis à Auschwitz. Quant à Emile Quillier, Louis Peroz et Jean Durand, ils seront transférés le 20 août à Buchenwald, via Belfort. Jean Durand décèdera en Allemagne, au camp de  Langenstein-Ziesberge. Emile Quillier et Louis Peroz seront libérés le 04 avril 1945, et rapatriés le 17 mai. Photos ci-dessous, autres stèles sur la commune.

    quelques vues panoramiques

    depuis le parc thermal

    depuis la forteresse

    bourbon-l'archambault en noir et blanc