buxières-les-mines

    petite histoire de la commune

    Superficie de 4695 ha - Altitude de 239 à 391 mètres - 1 059 habitants environ.

    Le territoire de Buxières est occupé dès la préhistoire, comme le prouve un atelier de bracelets en schiste daté du Néolithique ou du début de l'âge du bronze. Les fouilles montrent que d'autres ateliers ont existé. Une petite grotte insolite creusée par le Bandais, au pied d'une falaise granitique appelée "Le Four des Sauvages" (photos ci-dessous), a révélé des vestiges d'habitats préhistoriques datant de 35 à 45 000 ans, ainsi que des lames de silex, des burins, des grattoirs et aussi des couteaux. Certains y voyaient l'orifice d'un souterrain allant au château de La Condemine.

    Des villae témoignent de l'implantation romaine. A Pican (photo ci-dessous), est mise à jour une mosaïque d'une surface de 60m2. A "Dorrière", sont découvertes les restes d'une autre villa et, en forêt de Dreuille, les infrastructures de bâtiments importants.

    Toutefois, la bourgade primitive est disposée en cercle autour de son église, sur la crête dominant le Bandais au sud, et une dépression de terrain au nord, donc sur un éperon. Cette structure bien marquée est un de ces "forts", fréquents en Bourbonnais, faisant office de château pouvant être clos, l'arrière des maisons formant muraille. On ne sait pas si ce fort fut entouré d'un fossé, mais la déclivité de la pente assurait une certaine sécurité. A la fin du XIIIème siècle, un seigneur de Sarragousse donna cet emplacement pour la construction de l'église, ainsi protégée au centre du dispositif.

    Sous l'Ancien Régime, les habitants sont presque tous métayers. Cependant, le quart de la population vit aisément. En 1790, la paroisse est pauvre et des échauffourées éclatent lors de la réquisition du grain. La population est partagée entre le curé constitutionnel et le curé réfractaire, Vernoy de Saint-Georges, qui organise la charité et l'hygiène dans la commune. Lorsqu'il est arrêté, une troupe de villageois se porte à son secours, avant d'être stoppée par la garde nationale et la gendarmerie. Obligé de partir en exil, il revient néanmoins en 1801. Ci-dessous: la Grande Rue, avant et maintenant.

    L'origine du nom vient du latin "Buxus" (Buis) et du suffixe "Aria", ce qui signifie "Lieu Planté de Buis". A partir de la révolution, il fut pris l'habitude de désigner la commune Buxières-la-Grue, afin d'éviter toute confusion avec les nombreux lieux-dits ou communes dénommés Buxières. En 1880, le nom de Buxières-la-Grue disparait au profit de Buxières-les-Mines. En effet, en 1850, le fermier général de La Condemine découvre un gisement de charbon alors qu'il cherchait du schiste bitumeux. Le bassin houiller de l'Aumance s'étend alors sur les communes de Buxières, Saint-Hilaire et sur les cantons voisins. L'exploitation se fait à ciel ouvert, alors qu'au début du XXème siècle, les mines souterraines sont les plus importantes. Photos ci-dessous: ancienne houillère et vestiges de bâtiments.

    les mines de buxières

    Ces mines ont fait vivre des milliers de personnes pendant des années. Elles ont aujourd'hui disparu, mais certains de leurs stigmates sont encore visibles où la nature a repris ses droits.

    Les mineurs sont descendus jusqu'à 250 mètres de profondeur. Ils étaient des milliers à travailler pendant une époque d'or maintenant révolue. Au début, ce sont essentiellement les schistes bitumeux (roche racine du pétrole) que les hommes retirent des puits. Le charbon, ils s'en servent pour chauffer les appareils de distillation qui fournissent l'huile d'éclairage. L'arrivée du pétrole depuis les Etats-Unis, à partir de 1910, fait s'écrouler l'exploitation du schiste bitumeux.

    Après 1914, l'exploitation du charbon est devenue la principale activité des mines. C'est un charbon dur, de moyenne qualité et pratiquement pas lavable. Mais le bassin d'Aumance est un espace où les conditions d'extraction sont favorables. C'est ainsi que pendant le premier conflit mondial, la production de charbon ne cesse de croître pour atteindre, en 1918, 172 000 tonnes. Après ce boom, et malgré un sursaut dû à la crise en Angleterre, la production ira en décroissant jusqu'en 1939. Dans les années 60, il est produit vingt tonnes de charbon par heure et par ouvrier. Un record pour l'époque.

    L'exploitation souterraine de Buxières a pris fin entre juillet et août 1993. Puis les hommes ont travaillé dans des mines à ciel ouvert, et ce jusqu'en 2001. C'est alors la dernière mine de charbon du Massif Central qui ferme ses portes. La "Place des Mineurs" (deux premières photos ci-dessous) a été érigée en l'honneur de toutes les personnes ayant travaillé dans les mines, tout comme le monument présenté plus bas, montrant tout ce que représentait le mineur.

    l'étang communal de la chassagne

    Cette mine ouverte a été transformée en 2007 en plan d'eau. L'étang communal de La Chassagne est entouré par des points d'informations parlant de l'ancienne zone minière.

    les croix

    Située sur l'ancien chemin reliant Buxières à Cosne-d'Allier, la croix ci-dessus est supportée par un bloc biseauté. La date de son érection (1548) est devenue illisible. Ci-dessous, la croix présentée se caractérise par des entrelacs de feuillages conformes à l'éclectisme de la fin du XIXème siècle. Le Christ qui y figure est décrit avec moins de douleur qu'à l'habitude, et le rendu de l'anatomie est favorisé par la matériau utilisé.

    mottes et châteaux

    L'ancien château de Biotière, qui n'est plus qu'une ferme, a été très remanié au cours des siècles. Il comprend un corps de bâtiment sur une cave voûtée, surmontée de deux étages où l'on remarque une archère. La tour de façade, qui permettait l'accès aux étages, a disparu. Au sud de la ferme de Bost, une grange est construite sur une motte (photo ci-dessous). Cette motte circulaire et très arasée est encore entourée de son fossé. Au-delà du fossé, un retranchement, mesurant encore un mètre de haut, la borde sur la presque totalité de son circuit. On observe dans le bâtiment des réemplois chanfreinés, et une vaste cheminée avec un linteau gravé d'un coeur avec la date 1731.

    Concernant l'ancien château de Bouan, la ferme actuelle (photo ci-dessous) occupe le sommet d'une colline, et on y remarque deux vastes granges à toits à quatre pans et belles ouvertures qui ont été remaniées au XIXème siècle. Sur un linteau, est gravé le nom de l'ancien possesseur, Charles de Chauvigny. A l'ouest, dans la dépression, une grosse maison rurale est considérée comme le "château de Bouan", mais il serait plus vraisemblable que le château primitif se situait sur l'esplanade de la ferme actuelle, position défensive plus conforme aux nécessités du passé.

    Le nom ancien de Dorrière (ci-dessous), Villiers, d'origine gallo-romaine, est attesté par une villa de cette époque, contiguë. L'habitat médiéval a perpétué l'antique occupation des lieux. Le site, sur la hauteur de confluence du Bandais et du ruisseau de Tremblay, jouit d'un vaste horizon. Une large esplanade, encombrée de pierrailles et de blocs équarris, parmi lesquels ont été dégagés des montants d'ouvertures sculptés, de grandes dalles de faîte de muraille, des éléments de conduits... témoignent qu'il y eut ici une importante construction: l'hôtel ou chastel de Dorrière.

    Au Bouis, ci-dessous, on voit une pierre sculptée en réemploi, représentant une sorte de couronne entourant un coeur et un croissant.

    Nombre de gentilhommières, manoirs de maîtres, répartis sur le territoire de Buxières, témoignent de l'importance économique de ce terroir dans le passé. Evoquons ces "châteaux" comme la Mouillère, la Busserie, Boulignière (ci-dessus), les Plamores, Coutinière, Pierribault, Renière (ci-dessous), Villefranche, Lavallot, Suivières.

    Coutinière, ci-dessous, fut le bien de Gilbert Roy, seigneur de Bouchène et conseiller du Roi. La terre de Suivière dépendait de la famille Luylier, richement possessionnée à Buxières. Près de Courtioux, on note un champ de La Motte.

    Villefranche doit probablement son nom à des franchises accordées au seigneur du lieu, hypothèse qui n'est confirmée par aucun document. La maison bourgeoise actuelle a remplacé une construction dont on voit encore des restes de fossés. Elle est édifiée en bordure d'un terroir circulaire entouré de chemins et d'un kilomètre de diamètre. Ci-dessous: La Busserie et sa chapelle.

    l'atelier de buxières

    Cet atelier a été découvert au cours de l'année 1908 à la suite de renseignements fournis par le docteur Chapoutot, médecin à Buxières. L'atelier est situé à moins de 1 km à l'est du château de la Condemine, dans le champ Bachât, dépendant du domaine de la Chassagne. Ce champ confine au nord à l'ancienne voie du Tacot, et au sud au chemin vicinal qui conduit au Méglin.

    A 50 cm de profondeur environ, se trouve une couche argileuse qui n'avait pas été remaniée, et dans laquelle furent exécutées des fouilles. Des rigoles furent creusées à partir du centre du terrain dans deux directions opposées. Un seul atelier fut découvert, dévoilé par deux petits polissoirs en grès très fins, destinés l'un à polir la partie extérieure des bracelets, l'autre la partie intérieure. 7 à 800 nodules furent recueillis, la plupart mesurant de 5 à 6 cm de diamètre. Ils avaient dû donner des bracelets de 7 à 8 cm de diamètre extérieur. Quelques nodules tenaient encore au bracelet. Il aurait suffi de quelques coups de ciseau pour les détacher complètement. Les fragments de bracelets ébauchés, et les restes de bracelets polis n'atteignaient pas la quarantaine, ce qui prouve l'habileté de ces ouvriers du premier âge qui, avec des burins et des ciseaux de silex, seuls outils à leur disposition, pouvaient entailler ce schiste des deux côtés en forme de biseaux doubles, en séparer le bracelet du noyau central et le terminer par un habile polissage.

    Il a été trouvé un seul bracelet entier qui avait été obtenu sans être biseauté. Il mesure 3.6 cm de diamètre extérieur, 1.6 à 1.8 cm de diamètre intérieur, et 0.6 à 0.8 mm d'épaisseur. Il n'a pas été poli, probablement en raison de l'irrégularité de son épaisseur, et a été offert à Mlle Duchet, propriétaire du domaine de la Chassagne. Il fut aussi recueilli un nodule de 2.3 cm de diamètre et 0.3 cm d'épaisseur, obtenu comme le précédent, et qui a dû fournir un bracelet pour enfant. En outre, un silex blond de 5 cm de long et 4 cm de largeur avec bulbe de percussion a été exhumé. C'est peut-être un fragment du burin utilisé pour la fabrication des bracelets.

    L'angle ouest du champ Bachât est humide. C'est en ce lieu que nos ancêtres avaient placé, dans les fosses, leur approvisionnement de tablettes de schiste pour être transformées en bracelets. L'humidité rend en effet ce minéral moins dur, ce qui facilitait le travail qui s'opérait en poussant en avant le ciseau ou le burin de silex, comme le prouvent les plis rubanés observés aux entailles sur les nodules et les bracelets. Un dépôt de plaques de schiste a été aussi découvert dans le champ. C'est un schiste maigre, appelé olivante, et qui fut utilisé à l'époque gallo-romaine pour la confection des belles mosaïques trouvées au Piquant. Au XIXème siècle, des propriétaires de Moulins et des bourgs voisins de Buxières employaient des plaques d'olivante pour le revêtement des balcons et des trottoirs, mais ces plaques devenaient glissantes lorsqu'elles avaient été mouillées, ce qui les fit abandonner pour ces travaux.

    A Buxières, on a ramassé jadis beaucoup de nodules, surtout au voisinage du château de la Condemine, ce qui laisse supposer qu'il a existé sur le territoire de la commune plusieurs ateliers de fabrication de bracelets. Ces petits disques biseautés passent pour avoir été des palets de jeux d'enfants à l'époque gallo-romaine, ou de préférence des projectiles lancés par des frondes qu'utilisaient les défenseurs du château de la Condemine contre l'ennemi.

    petit patrimoine

    Le poids public (photos ci-dessus et ci-dessous) sert, au XIXème siècle et au début du XXème siècle, à peser le bétail vendu lors des marchés. Il se compose d'un plateau de bois et d'un petit abri où se trouve le mécanisme sur un pied de fonte. Cet élément de la vie rurale et économique se trouve encore régulièrement dans les petites communes.

    Le monde rural s'est doté d'éléments nécessaires à la vie quotidienne. Ce puits, ci-dessous, dans le bourg, possède encore son mécanisme et un petit toit en bon état.

    L'ancienne école de filles est composée de deux corps de bâtiment. Le bâtiment principal possède un avant-corps en légère saillie, où les marques de l'inscription sont encore visibles et sont caractérisées par un entablement à ressaut. Les chaînages de brique et les baies surmontées d'un léger arc de brique sont des règles de construction Bourbonnaise.

    La "Fontaine aux Trois Arbres"', créée à l'occasion du bicentenaire de la révolution, est une création d'un artiste local, Monsieur Chupin (1931-2007), et des employés municipaux pour le gros oeuvre et la maçonnerie. Dans de nombreuses villes Françaises, le bicentenaire de la révolution occasionna la plantation d'un Arbre de la Liberté. Cette pratique, qui puisait ses origines dans une habitude très ancienne, liée au culte des saisons, et qui avait été institutionnalisée aux Etats-Unis lors de la Guerre d'Indépendance, s'était généralisée à partir de 1790. Elle fut même exportée, sans beaucoup de succès, dans les régions conquises par les armées Napoléoniennes. Au cours du XIXème siècle, beaucoup d'arbres périrent, d'autres furent entretenus, et encore d'autres replantés à la révolution Française de 1848.

    Afin de commémorer le bicentenaire de la révolution, la municipalité, au lieu de replanter un arbre, commanda à l'artiste une oeuvre dont la thématique, établie d'un commun accord, fut la devise de la République: Liberté, Egalité, Fraternité, représentées par trois arbres de 10 mètres de hauteur. Ils sont plantés de travers (vulnérabilité de la démocratie), lestés chacun d'une lourde dalle de schiste (les pesanteurs individuelles et collectives: bêtise et méchanceté), dans un lit de cailloux (la vie est dure, plus pour certains) cerné par un socle de béton, et arrosés par une modeste fontaine (la "petite espérance", de génération en génération).

    Chaque arbre porte un disque didactique avec un relief stylisé et une maxime. Pour l'arbre de la Liberté, c'est "Ma liberté finit où commence la tienne", pour l'arbre de l'Egalité: "Mets-toi à ma place", "Si j'étais toi..." (la loi d'empathie), et enfin pour l'arbre de la Fraternité, "Tous pour un, un pour tous".

    Les falaises et les ravins d'eau ne cessent de rouler sur des pierres érodées par le temps, créant un environnement merveilleux et plein d'émotions. Aussi, la cascade la plus connue est le "Creux de la Mare", endroit magique entouré par la nature (photo issue d'internet).

    "La Pierre des Six Clochers" est une table d'orientation très originale provenant de la carrière des Rocs. Elle montre un panorama des clochers de Buxières, Le Vilhain, Ygrande, Saint-Aubin-le-Monial, Gipcy, Saint-Hilaire, de même que le château de la Chaussière à Vieure.

    Pour beaucoup d'entre nous, la carrière est à la fois une activité économique vécue au quotidien, et un lieu méconnu, quasi secret. La carrière de la commune possède les techniques actuelles d'exploitation des filons de roches en général, de la migmatite et du granit porphyroïde qui composent celle des Rocs ci-dessous. Son action environnementale a pour but de préserver la biodiversité, voire de l'améliorer, comme la protection du grand-duc d'Europe et du sonneur à ventre jaune, la protection du Bandais, l'arrosage des poussières et la reconstitution des sols.

    panoramas depuis la pierre des six clochers

    personnalités

    Louis GANNE (1862-1923)

    Louis Ganne est né le 05 avril 1862 dans une famille modeste, dans une maison au centre du bourg, sur la place qui porte son nom, et où trône un buste à son effigie. Il a sept ans lorsque son père trouve la mort au fond de la mine. Sa mère et lui quittent Buxières-les-Mines pour Issy-les-Moulineaux où l'on remarque ses talents musicaux. Il entre alors au conservatoire où il remporte le premier prix en 1882. Son oeuvre musicale, marquée par des influences traditionnelles du Bourbonnais, et composée de plus de deux cent morceaux de chant, de ballet et d'opérette, est appréciée dans le monde entier.

    Il fait un triomphe avec des oeuvres telles que "Les Saltimbanques", "La Marche Lorraine" ou "Hans le joueur de flûte". Il dirige alors de grands ensembles symphoniques, notamment au Casino de Monte-Carlo où, en 1910, il fonde les concerts "Ganne", donnés dans une salle qui porte encore son nom. Il fût président de la SACEM en 1907, et décoré de la Légion d'Honneur en 1914. Décédé prématurément en 1923, il demeure pour beaucoup le grand homme de Buxières-les-Mines. Plusieurs concerts sont célébrés en sa mémoire tout au long de l'année.

    Renée AUREMBOU (1908-2006)

    Renée Aurembou est native de Buxières-les-Mines. Elle a exercé le métier d'institutrice avec son mari dans plusieurs communes de l'Allier. Le couple, d'avant-garde, a fait partie des précurseurs de la méthode Freinet, pédagogie originale fondée sur l'expression libre des enfants: texte libre, dessin libre, correspondance inter-scolaire, imprimerie et journal étudiant etc...

    Son grand-père habitait Montcombroux au moment de l'essor des mines de Bert-Montcombroux. C'est dans cette commune qu'elle venait couramment passer quelques vacances chez ses grands-parents.

    C'est sans doute ici, bercée par les récits de son grand-père, qu'elle a trouvé l'inspiration et le don aussi de raconter de belles histoires. Dans les années 50, elle publie avec succès toute une série de romans pour la jeunesse dans la collection de "La Bibliothèque Rouge et Or". Elle y propose "Bravo Monsieur la Grenouille", un roman contre l'alcoolisme. Dans les années 80, elle fait appel à ses souvenirs d'enfance de la mine et du Bourbonnais, et elle publie "Il était une fois... le Bourbonnais".

    petite balade dans le bourg