Chevagnes

    Superficie de 4978 ha - Altitude de 215 à 262 mètres - 675 habitants

    Autrefois recouverte de forêts, de landes et de marais, Chevagnes avait pour nom "Parrochia De Cabanis", soit "Paroisse des Cabanes". Le bourg se développa peu à peu autour de son église, et devient un lieu de passage obligé pour se rendre d'ouest en est.

    Très giboyeuse, la commune attira ducs et sires, qui firent de cette dernière un lieu privilégié pour leurs chasses, et y firent construire plusieurs résidences.

    L'une d'elles fut le château de Tronçay où le Roi de France François 1er fit deux séjours en 1538 et 1546. Ce pavillon de chasse était situé à l'emplacement du lieu-dit La Motte. Il ne reste aucune trace de ce logis à trois étages, si ce n'est cinq caves voûtées à la ferme de même nom.

    Victor de Tracy a mené au 19ème siècle une révolution agricole dans la région en faisant assécher les marais, amender les terres pauvres, semer des céréales, et acclimater la race charolaise. Chevagnes possède sur et autour de la place Saint-Jean de belles demeures comme l'hôtel de la Grande Brosse, la maison de la Petite Brosse, la maison Duret, la maison des Nains (photos ci-dessous de haut en bas). La maison Duret, bâtiment du 16ème siècle, fut une école privée dirigée par les religieuses de 1854 à 1904.

    A l'intérieur de la Mairie (photo ci-dessous), se trouve une cheminée dont le foyer est décoré de carreaux de céramique verts et bruns. Elle est accompagnée par une pompe à incendie de 1913, achetée à l'époque, pour que soit constitué un corps de sapeurs-pompiers. La mairie (et bureau de poste) est ancienne maison bourgeoise acquise par la commune en 1956. Le blason de la commune est composé d'un huchet, qui symbolise la chasse, et de fleurs de lis, qui évoquent les Bourbons. Les couleurs bleu, rouge et or rappellent l'Allier, et l'ancien duché du Bourbonnais.

    Nichée dans le mur de l'Hôtel de la Grande Brosse, cette statue de Saint Jean-Baptiste, datant du XVIème siècle, est représentée avec une peau de mouton pour tout vêtement. Le Saint porte un livre illustré du motif de l'agneau crucifère. Le Sacré-Coeur, oeuvre rare par sa taille, est vouée au culte du Sacré-Coeur qui se développait au début du XIXème siècle, et a été érigée en 1913. Trois arbres sont alors plantés derrière la statue, peut-être pour évoquer les trois croix du Golgotha. Un espace y est délimité par une rangée de buis en forme de coeur. Photo plus bas: route de Moulins.

    Ensuite, le monument aux morts se trouve au milieu du cimetière, et non pas sur une place publique. Bâti en 1921, il est conçu en pierre blanche de Bourgogne, et présente des feuilles de chêne et de gui, ainsi qu'une croix de Malte. Couronné par une croix entourée d'un cercle, il porte la mention "O Crux Ave Spes Unica" signifiant "je te salue Ô Croix, notre unique espérance". Ce monument a une connotation plus religieuse que Républicaine.

    .Au lieu-dit Grandvaux, près de l'Acolin, subsiste un ancien moulin à colombages du début du 17ème siècle où, pendant la révolution, le curé de la paroisse se cacha. La commune a également sa petite légende au château de la Motte où un serpent volant garderait un trésor, qu'il laisse sans surveillance une fois l'an pour aller se désaltérer, seul moment où son butin peut être dérobé.

    La ferme Saint-Jacques (photo ci-dessous), ancien relais de poste, est bâtie en briques polychromes. Son grenier abritait la récolte de l'exploitation. Sa charpente, d'origine, est toujours dans un excellent état. Plus bas, château des Millets.