cindré sous la menace

    Le 18 mars 1944, la Gestapo, aidée de la Milice, encercla à partir de minuit la commune de Cindré. Une mitrailleuse fut installée devant la boulangerie et les policiers se mirent à fouiller les maisons dès 06h du matin. La maquis était présent à Cindré, et des parachutages eurent lieu. Les jeunes, au nombre de 80, étaient disséminés dans les fermes environnantes, et la plupart était des réfractaires au STO. Leur PC était au château (photo ci-dessous), en plein bourg, et le chef avait pour nom Jojo Gobert. Mais maintenant, les Allemands étaient là, certainement sur dénonciation.

    Sur le coup de sept heures, Paul Cantat, boulanger (photo ci-dessous, bâtiment avec les volets verts), vit descendre d'un camion ennemi le réfractaire STO qu'il employait, un nommé Jonsson. Inquiet, il se précipita dans un trou préparé dans son jardin. Son épouse recouvrit le dessus de fumier, lui assurant une cachette sûre. D'ailleurs, il ne fut pas découvert. Mais, les troupes occupantes arrêtèrent, en plus de P. Jonsson, Albert Chapon, et Jean Jacquet. Ils les installèrent le long du mur délimitant la propriété des Rabotins (photo plus bas), et faisant face à un côté de l'église. Plaqués au mur, les bras en l'air, il leur était interdit de bouger. Des hommes et des femmes les rejoignirent.

    Au cours de la rafle, ils découvrirent des toiles de parachutes chez Berthuet, maréchal-ferrant, route de Treteau (photo ci-dessous), qui fut arrêté avec sa belle-fille, Raymonde, enceinte, et ses deux fils, Lucien et Roger. Le premier travaillait à Varennes-sur-Têche, et fut appréhendé sur son lieu de travail. Le second se cacha dans un saloir, mais finit par être trouvé. Une fois tout le monde rassemblé, un tri fut fait: les plus âgés furent renvoyés chez eux, et les dix-sept personnes gardées furent transportées à la Mal-Coiffée à Moulins. Un camion était installé à l'entrée de la mairie. Jojo Jallet et Georges Métairie furent les premiers à y monter.

    Dans le même temps, une autre équipe arrêta, à leur domicile, Léon Cluzel de Trézelles, Monsieur Dubois de Jaligny, et le docteur Berthéol du Donjon. Avant de les embarquer, ils les firent monter sur les plus hautes marches de la chapelle, au centre du bourg. Francis, domestique des Auger, Raudoing et Bayon sortirent de la Mal-Coiffée quatre mois plus tard. Les autres furent expédiés à Compiègne, puis à Buchenwald. Six n'en revinrent pas: Roger et Lucien Berthuet, Amédée Ducleroir, Peronnet, Ussel et P. Jonsson.

    L'ancien maire de Cindré, Pierre Gabard, agriculteur engagé dans la résistance, ne se trouvait pas à son domicile au moment des faits. Il était caché dans une ferme, aux Barreaux, chez Monsieur Jacary. Là, ils déguisèrent si bien le maire en petite vieille filant la laine que les Allemands n'y virent que du feu.

    Quelques jours plus tard, les Allemands revinrent à la recherche de Ségaud, braconnier et résistant. Comme ils n'avaient ni photo, ni description de lui, ils arrêtèrent un homme sur le bord de la route et lui demandèrent s'il connaissait un nommé Ségaud. L'homme les envoya dans la direction opposée. Ségaud lui-même venait de leur répondre! A quoi tiennent les choses parfois!

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