DIOU

    Multitude d'informations et de photos n'auraient pu être retranscrites sur ce site sans l'aide aimable et précieuse de Messieurs BERNACHEZ Joseph, TILLIER Serge, et LABILLE Christian, Maire de la commune. Qu'ils en soient ici remerciés.

                        

    Superficie de 2489 ha - Altitude de 207 à 276 mètres - 1 464 habitants environ.

    DIOU (Diocum: église, aussi connue sous le nom de Diaco ou Dialceus). La légende  raconte qu'à Diou, port important sur la Loire, se trouvait, à côté d'une pierre dédiée à Mercure, un temple consacré à Jupiter, d'où le nom du pays (Dios génitif de Zeus). Saint Martin y fit élever une chapelle consacrée au vrai Dieu (ecclesia Dioco), et Diou conserva son nom ainsi christianisé. C'est une commune où de nombreuses découvertes préhistoriques, protohistoriques et Gallo-Romaines furent mises à jour. Et son histoire, son activité furent riches.........

    Le village possède le plus grand nombre de gîtes et de chambres d'hôtes dans sa catégorie proportionnellement à son nombre d'habitants. Ces derniers travaillant essentiellement  avec la clientèle du Pal. Sa halte nautique accueille chaque année entre 1 100 à 1 200 par an. La voie verte ainsi que les aménagements des bords de Loire sont très appréciés des promeneurs locaux ou étrangers. L'histoire de Diou est étroitement liée à la Loire. c'est d'ailleurs sur la commune que son lit est le moins large. Par où que vous veniez, vous êtes obligés de passer par un pont pour entrer dans la commune. Photo ci-dessous: four à chaux de forme ronde, unique dans le département.

    Le marbre a été exploité dès l'époque Gallo-Romaine où il a servi, entre autre, pour le pourtour du théâtre d'Autun, et également pour la réfection du pavé et colonnades de la cathédrale de Notre-Dame de paris. Son activité a été interrompue une première fois pour reprendre au milieu du 18ème siècle jusqu'à la Grande Guerre. Aussi, dans toutes les vieilles maisons, les cheminées sont en marbre de Diou.

    Différents corps de métiers se partageaient l'activité économique de la commune comme par exemples un atelier de constructions de bateaux au lieu-dit "Perron" au début du 18ème siècle, ou un autre atelier, mais de verrier avec habitat Gallo-Romain à l'étang du "Perroyer". Diou fut jusqu'en 1958 un important dépôt d'hydrocarbures, confirmant son passé de localité importante comme l'attestent également les nombreux vestiges de tous les âges mis à jour au fil des années. Photo ci-dessous: grange du Perroyer.

    En plus d'une quantité importante de monnaie Romaine sur tout la superficie du village, lors de la démolition en 1831d'une maison située en face du portail de l'ancienne église, datant du 11ème siècle, furent dégagées une armure de bronze complète d'un guerrier Romain et une large épée. Aux "Loges", un abondant mobilier céramique de l'âge de Bronze, des tessons d'amphores, et de la céramique Romaine.

    A l'"Odepierre", à faible profondeur, une nécropole comprenait une vingtaine de sépultures, avec des éléments de parure, bracelets et fibules en bronze, pointes de lance, épées de fer..... possibles témoignages du passé belliqueux de nos ancêtres les Gaulois. D'autres lieux furent témoin du passé précieux de Diou comme au "Ternat" avec des haches polies en grès et des pointes de flèches foliacées, au "Norvent" avec une structure d'habitat d'époque Magdalénienne, et près de la gare avec des statuettes de terre blanche dont une déesse de l'Abondance ainsi que des fragments de vases samiens et des substructions Gallo-Romaines. Photo ci-dessous: hôtel de la poste.

    Son port était très actif, et les bateaux allaient jusqu'à Nantes. Ceci se passait certainement à l'époque Gallo-Romaine où un temple dédié à Mercure, Dieu du commerce, se situait à l'emplacement de l'ancienne église. Un Mercure de bronze fut d'ailleurs découvert en 1826. Au 18ème et 19ème siècle, le port se trouvait près du Rocher où un panneau d'amarrage atteste son existence (photo ci-dessous). Il était alors protégé par une petite île emportée par les inondations en 1846.

    Il fut également localisé aux Gandins et aux Loges. Cela signifierait, selon Isabelle Lardot (Diou-Sur-Loire), que la rivière avait un tracé différent et que ces lieux dits se trouvaient sur un bras de la Loire abandonné depuis et occupé par le Roudon qui, depuis a allongé son cours pour rejoindre le fleuve. C'était un point d'escale très apprécié des personnalités de l'époque: le roi René d'Anjou en 1447, Louis XI en 1476, Louis XII en 1498, Henri III et Catherine de Médicis en 1584, Charles Emmanuel de Savoie en 1599, François de Sale en 1618, mais aussi Louis XIII, Mazarin, Madame de Sévigné..........

    Il y eut deux bacs. Un en face de Putay, et l'autre dans le bourg, peut-être au niveau du perré. Ils servaient à transporter hommes, animaux et marchandises. Et ce, non sans risques, comme le naufrage de la foire de Pierrefitte le 11 mars 1889 où six personnes périrent noyées suite à l'affolement des animaux embarqués.

    Ce fut un des nombreux faits dramatiques que connut la commune. Elle ne fut pas épargnée par les catastrophes climatiques comme l'hiver 1709 où "les blés furent gelés en janvier, ce qui causa une si grande famine et mortalité qu'il a esté impossible d'escrir tous les mortuaires - Burgat, curé de Diou de 1704 à 1749".

    Les notes prises par les différents curés recensent les crues de 1586, 1755 et 1765, les fortes gelées de l'hiver 1767, "les grêles et tonnerre, ouragans et débordements de rivières" en 1756, l'incendie qui détruisit le domaine des Berjaux toujours en 1756, la peste en 1586........

    Dans un passé plus récent, en 1940, les Allemands prennent possession des dépôts d'essence dès leur entrée dans la commune. Quelques résistants décident de vider les citernes du dépôt Dorsemaine dans le canal pour priver l'envahisseur de carburants. C'était sans compter sur la fatalité. Sur son bateau à moteur, un marinier navigue justement sur le canal, et c'est le drame! Suite à l'explosion, la femme et la fille du marinier seront brûlées vives.

    L' ancienne auberge des mariniers (photos ci-dessus) rue de port, où les clients étaient des voyageurs prêts à embarquer, des marchands et des marins descendant la Loire avec leurs bateaux. L'emblème des mariniers date du XVIIIème siècle. Le symbole des mariniers, représenté par deux ancres croisées aux cordages entrelacés, gravées dans une pierre scellée dans un mur. Des linteaux de cheminées portent également cet emblème dans plusieurs maisons de Diou.

    En bas de la rue du port, près des bords de Loire, se trouve Saint-Nicolas, statue en pierre datant du XVIIIème siècle (photo ci-dessus). Saint-Nicolas était le patron des mariniers et, dans sa "cage" de verre aménagée par la commune, il semble bénir le fleuve. Il se trouvait à l'origine dans la niche d'une maison construite au XVIIIème siècle, quand le port de Diou était en pleine activité.

    Route de Dompierre s'élève une construction du 20ème siècle, faite de briques et de pierres dans le style des villas thermales, avec de grandes baies au rez-de-chaussée, un balcon au 01er étage et un toit à hautes lucarnes. Son nom, Vernière, serait issu de l'existence d'un bois de vernes à proximité. Dans la maison Hartmann, ci-dessous, aujourd'hui "l'Enclos", a vécu Mélanie, du 21 juin 1900 au 08 août 1903, une des Saintes de notre Dame de la Salette. Sa chambre donnait sur la terrasse, côté jardin.