droiturier

    Superficie de 2207 ha - Altitude de 314 à 472 mètres - 344 habitants environ.

    Le nom de la commune est issu du latin Dreyturas, signifiant "droiture" ou "voie droite". La paroisse se situe sur une partie de l'ancienne voie Romaine. Sa première mention date de 1169, quand le seigneur de l'époque, partant aux croisades, remet son fief aux bénédictins de l'abbaye de Mauzac. La seigneurie ne laisse que peu de traces. Des archives du XVIème siècle mentionnent "une vieille tour carrée de taille imposante", dont il ne reste rien, ainsi, qu'un monastère qui fait face à l'église du XIIème siècle. Pendant la révolution, la commune est débaptisée et devient Val-Libre. Il y a jusqu'au XXème siècle, un important relais de diligences. La légende raconte que des brigands ont souvent pillé ces voitures, en particulier Mandrin, qui aurait sévi dans la région.

    Ce gros rocher à cupules ci-dessous porte sur son faîte plusieurs cuvettes taillées dans le roc. Un système de becs verseurs rend possible l'écoulement de l'une à l'autre. Sur le bord d'une des cuvettes, en haut, deux trous creusés permettent de poser les genoux, ce qui a induit une fausse interprétation de la fonction du rocher, comme pierre à sacrifice. Il s'agit en fait d'une pierre médicinale qui recevait les pluies. Celles-ci sont modifiées par les ondes venant d'une nappe phréatique qui coupe le rocher perpendiculairement. Cette eau était recueillie et servait à soigner certaines maladies.

    Le granit rose extrait des carrières de Droiturier est resté célèbre pour avoir pavé la cour des Invalides à Paris. Cette carrière, maintenant fermée, a permis l'extraction d'un granit de très haute qualité utilisé depuis le Moyen âge dans la construction des édifices locaux. A la fin du XIXème siècle, les devis indiquent que le granit, utile à la construction de l'église de Lapalisse et de l'entrée du parc du château, devait être extrait dans le lieu présenté ci-dessous. Murée de falaises verticales et entourée d'arbres, la carrière est devenue une retenue d'eau.

    Au milieu de paysages vallonnés, le granit affleure souvent sous forme de gros rochers comme vu plus haut. Au pied du rocher du Trayon, le promeneur aura un point de vue panoramique (photos ci-dessous). Culminant à 512 mètres, ce rocher permet de prendre contact avec la Montagne Bourbonnaise. A l'est, vous aurez une vue sur les Monts de la Madeleine culminant à 1 164 mètres, et au sud, le Montoncel ( 1287 mètres) et le massif des Bois Noirs. Vous apercevrez également en arrière plan la chaîne des Puys, et à l'ouest, les contreforts qui dominent l'Allier entre 900 et 400 mètres d'altitude. Sur ce rocher, une vierge a été érigée dans les années 30 par Monsieur Féjard, en reconnaissance d'une grâce.

    Le pont ci-dessous est situé sur l'ancienne voie Romaine Paris-Lyon. Il semblerait qu'il soit Romain pour une moitié de sa largeur et médiéval pour l'autre. En effet, l'une des faces extérieures est faite de pierres arrondies, donc plus tardives. L'encadrement de la voûte est en pierre de taille. La voie Romaine est légèrement déviée au XVIIIème siècle lors de la construction du pont dit "de la vallée". Ce pont, simple arche de pierre, sans parapets, en dos d'âne peu prononcé, mesure 4 mètres 90 de largeur. Il est fait de gros blocs de granit taillés et la clef de voûte ne supporte qu'une mince couche d'empierrement. Certains ont reconnu dans cet ouvrage des traces de ciment Romain. Il est tout de même difficile de se prononcer sur son ancienneté. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1984.

    Construit sous Louis XIV, en 1758, le pont de la Vallée (photos ci-dessous) est en granit et se souvient des méfaits commis par Mandrin lors de l'attaque de la malle-poste. 1758 est aussi l'année du détournement de l'ancienne voie Paris-Lyon qui passait par l'ancien pont Romain. Autrefois, l'ancienne voie passait par Gaudinière et Beaulieu. La présence d'une charrière pavée à Gaudinière est prouvée par un document de 1460. Des chasse-roues verticaux en pierre sont visibles de chaque côté de la chaussée contre le parapet. Un plan de 1774 indique que le "pont de trois arches, dont deux de 8 toises et la troisième de 9", a été "construit sous l'inspection de feu Trésaguet, ingénieur en chef à Moulins. Pavé en blocage sur le pont". La construction de ce pont, fait de blocs de granit taillés selon la technique de l'époque, dura deux ans. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1978.

    Sur la place du village, se dresse une croix en fer forgé de 1688 (photo ci-dessous). La colonne de pierre sculptée porte des écus, la date de sa construction, les armes de la famille Jacquelot de Contresol, les initiales du curé Martin Nicolas qui l'a bénie, et les armes de la famille de La Guiche-Saint-Gérand, à cette époque seigneurs de Lapalisse, dont Droiturier dépendait.

    Il existait autrefois à Godinière une maison forte aujourd'hui disparue. Il ne reste de ce lieu que deux exploitations et un ancien moulin. Néanmoins parmi quelques ruines, il fut découvert les restes d'une cheminée monumentale, taillée dans le granite, du début du XVIème siècle. Les pieds-droits soutenant le manteau étaient faits de piliers carrés à trois colonnettes engagées.

    Le prieuré de Droiturier, ancien château, consistait encore, à la fin du XVIème siècle, en "une grande et vieille tour carrée", de dimensions importantes, dont il subsiste encore un angle près de l'église. Cet énorme donjon a très tôt été engagé ou donné en fief aux bénédictins qui s'y sont installés. Au chevet de l'église se trouvent l'ancien four des moines, un puits et la façade arrière de l'ancien monastère, aujourd'hui la mairie (photos de haut en bas).