la chabanne

    Superficie de 2000 ha - Altitude de 514 à 1040 mètres - 192 habitants environ.

    A l'origine, La Chabanne n'est qu'un hameau dépendant de la baronnie de Brunard, elle-même annexe de la paroisse de Saint-Nicolas. En 1315, cette baronnie appartient à Guillaume d'Augerolles de Saint-Polgue. Elle passe aux Saint-Pulgent en 1597, aux Du Croc au XVIIème siècle, à Emmanuel Gaspard Du Bourg en 1714, et enfin à Joseph de Monteynard, marquis de Montfrein. La Chabanne sert de refuge aux prêtres réfractaires sous la révolution, puis à l'abbé de Finance, descendant de verriers de Saint-Nicolas, sous le Consulat. En 1836, une église est édifiée pour les villages de l'actuelle commune. La paroisse est érigée en 1844 par la nomination d'un curé. Le 05 décembre 1849 est créée la commune de La Chabanne, Saint-Nicolas, Saint-Clément et Laprugne lui abandonnant une partie de leurs territoires.

    Au XIXème siècle, le village vit du travail de la terre et du bois, comptant de nombreux sabotiers et charbonniers. Quelques mines sont également exploitées, dont celle de Ramillard, lieu qui fut au XVIIIème siècle un centre de collecte d'impôt du sel où la gabelle était élevée. De 1885 à 1890, l'ingénieur Gérin l'exploita en premier, puis ce fut un prince Egyptien qui exploita directement les mines de plomb et de fer, entre 1910 et 1914. Mais seule la dernière exploitation de 1913 à 1914 est attestée. Environ 25 ouvriers extrayaient alors du plomb argentifère (galène) qui, après transformation, donne le plomb. La mobilisation générale pour la grande guerre entraîna prématurément la fermeture du site. La mine s'étageait alors sur 5 niveaux accessibles par 3 puits verticaux, dont celui situé au bord du chemin, d'une profondeur de 36 mètres.

    La quinaude était une meule de branches de hêtre recouverte de feuilles mortes et de mottes de terre. Après une semaine de feu étouffé et contenu, ce bois se transformait en charbon de bois. Les fumerolles qui s'échappaient des petits trous d'aération, ménagés à son sommet, la faisaient ressembler à un volcan. Le charbonnier veillait attentivement sur sa quinaude. Jamais le feu ne devait prendre le dessus. Les deux derniers jours, il ne la quittait plus, dormant dans une cabane de branchages et de genêts à proximité, appelée la "leuge". Autrefois, les emplacements des quinaudes étaient forts nombreux. De nos jours, ces grands ronds noirs marquant le coeur des sous-bois ont presque tous disparu. Ci-dessous, vues depuis le lieu-dit "Chambonnière".

    A partir d'une certaine altitude, on trouve de petites mares que l'on nomme des "serves", mot issu du patois local. Ces mares sont construites dans une pente. La partie en aval a été maçonnée et étanchéifiée afin de créer une retenue d'eau artificielle. Ces mares pouvaient alors servir à abreuver le bétail, mais aussi parfois à la lessive, la cuisine, la vaisselle ou encore la toilette. Beaucoup d'entre elles n'ont plus d'usage aujourd'hui. Elles se sont transformées, peu à peu, en un écosystème où se développent une faune et une flore adaptées. Des hauteurs de "La Grande Serve", la vue sur la Montagne Bourbonnaise est impressionnante (photos ci-dessous). La vallée de la Besbre, ainsi que les Bois Noirs dessinent le paysage par temps clair.

    L'eau est très présente, et l'homme a tenté de maîtriser au mieux cette ressource en fabriquant des fontaines ou bâchasses, des serves ou encore des fonts de lait. Ces fonts de lait sont des niches construites dans un mur de pierres sèches avec une ouverture au niveau du sol. Ces niches, que l'on pouvait fermer avec un volet, contenaient une quantité d'eau fraîche suffisante pour conserver certains aliments supportant mal la chaleur comme, par exemple, le lait.

    Le canton du Mayet compte plusieurs pierres dites druidiques.

    Les "bachasses" sont de forme tabulaire, tandis que le roc du pic présente une forme plus aigüe.

    Une cuvette creusée dans la pierre et ouverte en entonnoir est destinée, semble-t-il, à recueillir le sang de jeunes enfants sacrifiés.

    La tradition orale raconte également qu'on aperçoit, sur "la pierre des fées", la trace de leurs pas ainsi que le siège où trônait la grande Fade.

    Photo ci-contre issue du "Patrimoine des Communes de l'Allier", page 665.

    Ci-dessous, les puits, bien conservés ou restaurés, sont très présents dans le bourg.

    La grotte des Chambays est ainsi nommée parce qu'elle est entourée de hêtres, et que le terme "chambay" désigne, dans le patois local, un araire taillé dans un arbre tordu. Elle semble être élevée à la suite d'un voeu formulé soit pour obtenir la guérison de populations atteintes de la peste, soit pour favoriser le retour des hommes du hameau partis à la guerre. Photo ci-contre issue d'internet.

    Photos ci-dessous: ancien presbytère aujourd'hui la mairie, croix de mission de 1877.

    La construction qui a succédé aux bâtiments primitifs de Brunard a conservé quelques traces anciennes: des murs à colombages du XVème siècle et une fontaine monumentale, avec piliers engagés et arc en plein cintre, dans le style du XIIème siècle, ainsi qu'une ancienne motte au "Rez-Muré". Cette dernière a probablement été le premier siège de la seigneurie qu'il faudrait alors dater des XIème et XIIème siècles. Ci-dessous: croix place de l'église et croix avec Vierge que vous apercevrez régulièrement durant le circuit de randonnée.

    Le terme "bachasse" désigne, en patois, local, un abreuvoir de pierre généralement placé devant une source. Les bêtes y sont donc amenées. En outre, les bidons de lait y sont déposés afin d'isoler la crème. Les "bachasses" sont très répandues dans tout la canton. Celle présentée ci-dessous est de grande taille et présente un décor sculpté. Un écu jamais gravé se trouve au centre, et chaque côté possède un cartouche également vierge. Plus bas, autres exemples de "bachasse".

    Cet affluent de la Besbre, appelé le Sapey, est une petite rivière au débit abondant. Il s'écoule depuis "le Gué de la Chaux", à la frontière entre Saint-Nicolas-des-Biefs et Laprugne, sur une dizaine de kilomètres, avant de rejoindre la Besbre, à la hauteur du "Moulin Voir". C'est un ruisseau très prisé des pêcheurs. Ses eaux, largement oxygénées et fraîches, en font un refuge pour les truites sauvages. Il a comme affluent principal le Galant.

    La commune, utilisant l'eau de ses rivières, compte de nombreux moulins. Le moulin Guillot, situé sur le Sapey, permet de produire, jusqu'en 1945, de l'huile, de la farine panifiable, des aliments pour animaux, et aussi de l'électricité. Il appartenait au village Guillot. Tous les habitants pouvaient l'utiliser pour leurs besoins personnels. Laissé à l'abandon pendant 50 ans, la roue à aubes est refaite, puis remontée à la fin du XXème siècle. L'ensemble des mécanismes est toujours en état de fonctionnement. A proximité, une vieille meule sert de socle à une croix.

    Dans la maison ci-dessous ont vécu les membres de la famille DEPALLE, dont le père Jean-Claude, et le fils Robert, sont morts dans les bagnes Nazis.