langy: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    La voie de Lyon laissait à droite les anciens châteaux-forts de Togues, de Larras et de Langy, dont il ne reste plus trace. Le premier de ces châteaux rappelle l'un de ses possesseurs, fidèle compagnon de l'infortuné connétable, Charles de Togues, commandant des bandes sauvages qui pillèrent Rome après sa prise, le 06 mai 1527.

    A 800 mètres, au sud-est de la voie, près du lieu dit la Garde, un terroir de 9 hectares, "Les Pallis", présente tous les caractères d'un camp retranché. Langy (Langiaco (parrochia de), Xème siècle) dérive du nom d'un propriétaire Gallo-Romain dont la villa était placée aux abords de la voie Romaine. Ce bourg posséda également un prieuré, cité en 1284, et fut siège d'une prévôté.

    l'église saint-sulpice

    Merci à l'Abbé Hugues du CHEYRON pour la prise des photos de l'intérieur de l'église.

    Dépendant de l'ancien diocèse de Clermont, la paroisse de Langy est donnée à l'abbaye de Cluny en 971-972, situation confirmée à plusieurs reprises par les papes au cours du XIème siècle. L'église Saint-Sulpice est un petit édifice roman qui comporte une nef de trois travées munies de bas-côtés, séparées par de lourds piliers, sans colonnes engagées, qui reçoivent la retombée des voûtes sur des impostes au chanfrein simplement orné de billettes. Le transept est non saillant et, sur ce dernier, s'ouvrent à l'est, des travées droites précédant une abside et deux absidioles en hémicycle. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1926.

    Photos ci-dessous: ancien corbillard et pierre d'origine Gallo-Romaine trouvée sur la commune.

    La nef à doubleaux, vraisemblablement de la fin du XIème siècle, présente la particularité d'être éclairée directement au-dessus des grandes arcades. Une coupole est lancée sur le carré du transept, portée par quatre trompes montées à la manière Auvergnate. Des têtes sculptées sont placées à l'intérieur des trompes qui soutiennent la coupole à la croisée du transept. C'est peut-être au milieu du XIIème siècle, à une époque de transition, que la partie du choeur et du sanctuaire a été relevée, et que les arcs en tiers-point portant le clocher de forme octogonale ont été construits. Tout le mobilier a disparu. Le chevet de l'église dédié à Saint Sulpice, évêque de Bourges mort en 647, permet de distinguer les trois absides rayonnantes. A l'extérieur, la porte de la façade est surmontée d'un oculus.

    Tête sculptée placée à l'intérieur des trompes.

    Autre tête sculptée.

    Sur le linteau de la porte de la sacristie (photos ci-dessous), sont gravés un Christ en croix, deux têtes humaines, un poisson et un serpent. Peut-être peut-on y voir Adam et Eve venant les premiers jouir de la rédemption des Chrétiens par le Sauveur? Le serpent figure de toute façon le tentateur et rappelle le péché originel. Cette oeuvre semble contemporaine de l'église. Toutefois, elle a pu être exécutée postérieurement par un tâcheron qui y a ainsi laissé sa marque.

    Le mur de l'abside a été surhaussé, mais les modillons ou corbeaux à copeaux soutenant la corniche primitive perdurent. Le clocher octogonal est composé d'un premier étage aveugle très élevé, et d'un second, remanié postérieurement, et percé sur chaque face de deux baies en plein cintre. Ci-dessous, l'autel actuel rénové avec, au fond, l'ancien autel. Plus bas, modillons subsistants et quelques tableaux rénovés.

    Jacqueline de Morainville, épouse du sieur Du Pont, seigneur de Prandines, morte de la peste, est inhumée en 1586 dans l'église. Elle mourut "entre les bras de son mari qui ne l'abandonna point en cette dangereuse maladie". Citons, de sa longue épitaphe, ces deux alexandrins: "Son corps repose ici lame pure et belle, sied au sein Dabraham en la gloire immortelle". La tradition Chrétienne rapporte que c'est au patriarche Abraham qu'est dévolue la tâche d'accueillir les âmes des défunts arrivant au ciel.

    pigeonniers porches

    La terre des Angles semble être une formation noble récente. C'est seulement au XVIIème siècle qu'apparaît un premier seigneur en la personne de Jean Aligier, qui trouve la mort dans un guet-apens en 1657 sur le grand chemin de Lapalisse, abattu d'une balle dans la tête. La propriété ne se distingue plus aujourd'hui que par la présence de deux pigeonniers porches quadrangulaires, coiffés de toits à quatre pans en tuiles plates, et surmontés d'un lanternon. Ils comportent un étage et la margelle est en pierres en collerettes.

    L'un d'eux est orné d'une pierre sculptée montrant un coq, deux feuilles (de chêne?) et un monogramme au centre d'un rinceau géométrique. Les écussons et les monogrammes sculptés appartiennent à la famille Aligier. Cette pierre est accompagnée d'une seconde, en forme d'écu, sur laquelle est sculptée un pigeon. Avait-il pour fonction de marquer un réemploi approprié au lieu?

    le manoir de lafont

    Situé au bord du ruisseau Le Redan, le modeste manoir du XVIème siècle de Lafont, non fortifié, est composé de deux pavillons presque carrés accolés l'un à l'autre, et formant un angle rentrant dans lequel sont installés deux escaliers droits convergeant vers la porte d'entrée.

    le lavoir