Vos randonnées dans l'allier autour de laprugne

    laprugne

    Superficie de 3461 ha - Altitude de 549 à 1164 mètres - 328 habitants environ.

    La découverte de haches néolithiques sur la commune atteste une présence humaine dès la fin de la période préhistorique. Les pierres druidiques, en revanche, sont plus difficiles à interpréter. En outre, un oppidum Romain se dresse sur la voie allant de Vichy à Feurs. Dans le hameau de "Terrenoire", un souterrain annulaire d'une quinzaine de mètres de long fut découvert dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Ce type de souterrain, qui serait d'époque médiévale, est présent sur plusieurs communes de la Montagne Bourbonnaise et garde encore aujourd'hui bien des mystères. Photos ci-dessous: pierre druidique et vues depuis le lieu-dit "Châtelard".

    De même, près du Point-du-Jour, fut un vaste plateau désigné sous le nom de Tomberinos, qui signifiait en Celte "Champ des Tombes".  De nombreux fossés qu'on pouvait voir sur ce plateau, et une foule d'objets en bronze et de silex taillés, des ossements humains que le sol recélait, indiquaient qu'il fut l'emplacement d'un camp Gaulois. Peut-être y eut-il là une nécropole à l'âge de bronze? Photos ci-dessous: vues sur la commune et village du "Point du Jour".

    Au milieu du XIIème siècle, l'abbesse de Cusset, Agnès, fonde à Laprugne un prieuré placé sous le vocable de saint Jean. Les religieuses Cussetoises trouvent refuge sur les terres de Laprugne en période de troubles et font d'ailleurs fortifier la butte de Châtelard. Il ne reste de la forteresse du Châtelard que les ruines de quelques substructures, des murs d'enceinte et d'une tour ronde. Le château occupait une situation stratégique remarquable, sur un mamelon dominant le hameau de Charrier et surveillant la vallée en direction du Forez. D'autre part, une partie des terres de la paroisse forme une seigneurie indépendante, rattachée à l'abbaye de Cusset au début du XVIIème siècle. Laprugne souffre des guerres de religion. Photos ci-dessous: sommet de Châtelard et calvaire.

    Le chemin de la Ligue (photos ci-dessous), qui passe au Point-du-Jour, sert à la contrebande du sel aux XVIIème et XVIIIème siècles, l'impôt sur la gabelle étant moins élevé en Auvergne qu'en Bourbonnais. Cette voie de communication très ancienne a été utilisée depuis l'Antiquité par les marchands Grecs et Romains pour rallier les côtes méditerranéennes à celles de la Manche afin de s'approvisionner en étain provenant des Cornouailles. L'étain leur était nécessaire pour la fabrication du bronze

    Elle doit son nom à l'armée catholique de la Ligue qui pourchassait les protestants durant les guerres de religion. Les deux armées se retrouvèrent à Cognat-Lyonne où les catholiques furent exterminés par les protestants. Ce chemin fut ainsi emprunté par des faux-sauniers, traqués par des douaniers nommés gabelous, et d'autres contrebandiers dont le plus célèbre fut certainement Mandrin. Les gabelous donnèrent leur nom au roc qui fut l'un de leurs postes de surveillance et culmine à 980 mètres d'altitude. Les nombreux bois servirent de refuge aux prêtres réfractaires durant la révolution. Aujourd'hui, le chemin de la Ligue accueille plusieurs éoliennes disposées sur la crête du massif. Photos ci-dessous: Roc des Gabelous et parc éolien.

    La commune est créée en 1790. Elle est en partie démantelée en 1849 au profit de la nouvelle commune de La Chabanne. Laprugne vit alors de ses activités agricoles et artisanales, recevant jusqu'à huit foires annuelles. Depuis le milieu du XIXème siècle jusque dans les années 1950, des gisements d'étain, de cuivre, d'oxyde de fer et de galène sont exploités au lieu-dit "Charrier". Photos ci-dessous: vues du bourg.

    A "Charrier", les premières études sont faites dès 1826. En 1872, une concession de 703 hectares est octroyée, conduisant à la création de la Société des minerais de France qui recherche du cuivre et de l'argent. Cependant, le manque de préparation, une gestion maladroite, des difficultés de transport et l'insuffisance de la fonderie entraînent le déclin de l'entreprise. Les travaux sont repris en 1925 par la Société des mines de Charrier qui recherche cette fois de l'étain. L'exploitation est à nouveau interrompue en 1932. Après la seconde guerre mondiale, l'activité repart de plus belle grâce au groupe financier Mirabeau. La mine est définitivement fermée en 1953 car, après la guerre de Corée, l'étain ne se vend plus.

    Cette mine emploie plus de 200 personnes dans les années 1870-1880 et encore 150 ouvriers après 1946. Pendant ces années fastes, la courbe démographique de la commune remonte. L'extraction aura fourni, en tout, 1 000 à 2 000 tonnes de concentré de cuivre à 20 ou 30%, 900 à 1 000 tonnes de concentré de cassitérite, 1 000 tonnes de cuivre et 760 tonnes d'étain. A l'époque, l'inspecteur général des mines, Haton de La Goupillière, affirme qu'il s'agit "d'une des plus riches mines métalliques de France". Elle est d'ailleurs la seule mine d'étain du pays.

    Des gisements importants d'uranium s'étendent sur plusieurs de différents départements. Les mines sont ouvertes par le Commissariat à l'énergie atomique en 1956. Pour loger les 700 employés, des cités HLM sont construites. A Laprugne, celle du Cordat (photos ci-dessous) compte, avec trois immeubles de quatre étages, 138 logements. Lorsque l'exploitation des mines d'uranium est stoppée, en 1980, le nombre d'habitants diminue considérablement. La plupart de ces HLM appartiennent, depuis, à un village de vacances.

    La Bonne Fontaine est "une source connue depuis toujours, et qui jouit d'une vieille réputation d'eau merveilleuse". C'est en ces termes qu'en 1931, dans son rapport relatif à la demande d'autorisation d'exploitation de cette eau, que Louis Armand attestait de l'ancienneté de la Bonne Fontaine Charrier. Son embouteillage débuta en 1928, après que des médecins de l'Institut Curie eurent reconnu ses vertus médicales, dues en partie à sa minéralité, une des plus faibles de France. Cette eau froide non gazeuse et très faiblement radioactive contient 25 milligrammes de sels minéraux par litre. Elle est voisine de la pureté chimique absolue de l'eau distillée et donc particulièrement recommandé pour les régimes sans sel et le coupage de l'eau des biberons.


    D'ailleurs, dans les années 1960, c'était l'eau minérale des maternités. Le slogan publicitaire "Bébé aime Charrier" est lancé par la société Perrier au moment où Brigitte Bardot épouse Jacques Charrier. A cette époque, quelques 13 millions de bouteilles quittaient annuellement le site. La source est exploitée jusqu'en 1998 par la Société commerciale d'eaux minérales du bassin de Vichy. Elle n'est plus exploitée de nos jours.
    Les photos ci-contre et ci-dessous sont issues d'internet.

    En 1848, la Vierge apparaît à deux enfants de La Salette (Isère). Par la suite, de nombreuses chapelles dédiée à Notre-Dame de La Salette sont édifiées. Celle présentée ci-dessous (Photos issue d'internet) est très sobre. On y accède par un petit porche sur piles de bois.

    Suite au désir de l'abbé Bletterie, les époux Charrier vendirent le 18 avril 1844, à la Congrégation de la Présentation de Marie, un terrain destiné à construire "Le Couvent" (photos ci-dessous), dans le but d'y créer une école religieuse pour les filles. L'inauguration eut lieu le 30 septembre 1845, en présence de plusieurs soeurs et de quinze prêtres. Cet établissement ferma le 01er septembre 1906, suite à la parution des lois sur la séparation de l'église et de l'état. Par la suite, ce bâtiment, mal entretenu et qui menaçait ruine, servit de logements aux habitants de Laprugne et aux mineurs d'uranium, jusqu'à ce que la Congrégation de la Présentation de Marie le vende en 1974.

    Juchée sur un socle néo-classique en pierre de Volvic et protégée par un baldaquin, cette Vierge ci-dessous ouvre ses bras dans un geste de bienvenue qui s'adresse aux fidèles. Cette sculpture participe au mouvement de rechristianisation qui se développe durant la seconde moitié du XIXème siècle. Plus bas, vues sur le site des "Pierres du Jour", près de la Loge des Gardes.

    Les instruments de la Passion peints au naturel décorent la croix ci-dessous. Verticalement sont  représentés l'agneau qui symbolise le sacrifice, les dés qui servent à jouer la tunique du Christ, la tunique, la colonne de la flagellation, le coq qui évoque le reniement de saint Pierre, la bourse contenant l'argent de la tunique, l'échelle, la lanterne de Malchus, la lance, l'éponge de vinaigre tendue à Jésus lorsqu'il a soif, le sabre, le linge avec lequel sainte Véronique essuie le visage du Christ, le coeur enflammé du Sacré-Coeur, la couronne d'épines, le calice et enfin l'inscription I N R I. En outre, l'aiguière dont se sert Pilate, la main qui soufflette le Christ, les clous, la tenaille et le marteau sont sur les bras de la croix.

    Au centre de la croix ci-dessous, finement ouvragée, se trouve une Vierge entourée de feuilles de vigne et de grappes de raisin qui évoquent l'eucharistie. Le socle en pierre porte la date du 02 juin 1920 et les initiales FT autour d'un épi.