le donjon

    Superficie de 3702 ha - Altitude de 265 à 466 mètres - 1082 habitants environ.

    L'origine du nom serait issue de la présence d'un ancien château.Ce dernier était construit sur la partie haute du bourg, qui était l'emplacement d'une motte. De plan rectangulaire, son enceinte était jalonnée de plusieurs tours. L'une d'entre elles, la tour du puits, a subsisté jusqu'au XIXème siècle. Mais, la demeure était déjà délaissée au XVIème siècle, et fut rasée en 1666. Jusqu'à la révolution, Le Donjon était considérée comme "grand bourg situé en lieu fort aquatique, environné de grandes forêts, et abondant plus en boys, chaumes, buyssons et étangs, qu'en bon fond fertile".

    Le village semble s'être formé autour de la chapelle saint Hilaire, puis s'est déplacé sur un autre monticule lors de la construction d'un château, en ruine à partir du XVIIème siècle, près de l'église saint Maurice. Avant la révolution, deux paroisses existaient au Donjon: Huillaux et Melleret, anciens enclos ecclésiastiques entourés de fossés.

    Melleray, rattachée au Donjon en 1791,a été la paroisse primitive. Sa motte est encore visible aujourd'hui avec sa plate-forme circulaire de 50 mètres de diamètre, sa dénivellation d'environ six mètres, et son fossé d'une quinzaine de mètre de largeur.

    La motte des Costières est également parfaitement conservée. D'un diamètre d'une trentaine de mètres, la motte circulaire est entourée d'un fossé large de 15 mètres.

    De même, il ne reste que quelques traces de la motte de l'Epine. Son château a complètement disparu.

    Une partie seulement de la motte des Thivelets a été conservée. Ses fossés en eau sont encore apparents.

    Ci-contre, les armes de la commune se blasonnent ainsi: d'azur au donjon d'or ouvert, ajouré et maçonné de sable.

    Aux Huillaux (photo ci-dessous), une motte circulaire est encore visible. En forme de tronc de cône, elle mesure 90 mètres de diamètre à la base, pour 70 au sommet, et surplombe de 6 mètres un fossé d'environ 25 mètres de large. La terre est connue dès le Xème siècle. Au XIème siècle, un prieuré est fondé, et un château est construit. Ce dernier fut rapidement abandonné. La seigneurie fut divisée au XIIIème siècle. Les restes d'une tour du château donnèrent l'appellation de "Tour d'Huillaux".

    La motte circulaire de la Boutresse (photo ci-dessous) occupe un site stratégique à l'extrémité d'un éperon, dont la pente abrupte protégeait le château. Le plan supérieur, de 32 mètres environ de diamètre, portait ce château. Ce dernier avait une tour, de plus de 30 mètres de hauteur avec la toiture, qui a été détruite entre 1938 et 1947. Sa base, d'un diamètre de 9 mètres, subsiste encore.

    Au niveau archéologique, une monnaie d'Auguste, du mobilier, un buste d'Hercule en bronze servant pour le pesage, et des haches de bronze datant de 1500 ans av JC sont mis à jour. Des ateliers de tissage de draps, des tanneries, moulins et mailleries s'installent bien avant la révolution. Avant celle-ci, la paroisse n'englobe que le bourg et quelques locateries ou domaines. Région pauvre, la commune était appelée au XIXème siècle le "pays des ventres jaunes", en raison de son sol ingrat. Pendant la révolution, Le Donjon prit le nom de Val-Libre.

    La commune, située dans un milieu humide, connaît les épidémies auxquelles s'ajoutent les dévastations causées par le passage fréquent de troupes. Le 01er février 1650, au grand matin, il passa 2 000 cavaliers que l'on dit être "l'une des armées de Monsieur le Prince, qui avaient passé à Vichy et couché à Barrais, et diligeamment allèrent passer Loire à Becheron, et de là, sont allés vers Bellegarde, étant assistés et conduits par Monsieur de Coligny".

    Les registres paroissiaux mentionnent eux aussi de nombreux passages de troupes dont "l'avant-garde de Monsieur Gaston d'Orléans qui arriva au Donjon le 27 juin 1632, et en est repartie le mercredi suivant. Elle fit de grands dégâts et ruines, brûla les maisons et rançonna, vola et emporta tout ce qu'elle put. 15 jours après, Monsieur de La Force, avec 5 000 hommes, a suivi Monsieur Gaston jusque près de Digoin."

    Dans son registre, le curé Girard Charnay signale une maladie contagieuse à Chavroches, Cusset, Lapalisse, Thiers, Maringues, Montaignet, Montluçon, Moulins, Nevers et Le Puy. Claude d'Angerolles de Thélis, écuyer, seigneur de la Boutresse et des Plantais, ainsi que le capitaine du régiment de Saint-Fargeux moururent de la peste le 22 août 1628. Ils furent inhumés dans la chapelle des ancêtres le 19 septembre.

    Rue Georges Gallay, se trouve un hôtel particulier en pierre enduite, lave de Volvic et bois du XVIIème siècle. Ce manoir est appelé localement la maison Rochefort, nom de l'un de ses propriétaires. La maison comporte une charpente en châtaigner de très grande hauteur, ce qui laisse supposer sa conception par un charpentier de marine. La lave de Volvic sert à la construction de l'escalier central. La particularité de ce bâtiment réside dans sa petite largeur que l'architecture extérieure en trompe l'oeil dissimule. Il est composé d'un corps de logis rectangulaire à deux niveaux de cinq travées et niveau de comble, coiffé d'un toit à la Mansart percé de quelques lucarnes.

    Ci-dessous, une fontaine en brique et ciment de la fin du XIXème siècle. Au milieu du XIXème siècle, les habitants puisent l'eau directement avec un seau, la source arrivant dans un puits grossièrement empierré. Elle n'a jamais tari.

    Réalisé par un maître tanneur pour commercialiser les produits de sa tannerie et de son équarrissage, situé à proximité. Le magasin ci-dessous commercialise à partir de 1925 des animaux naturalisés. Outre la vente des traditionnels manteaux en peau de chèvres, divers vêtements de fourrure sont proposés, ainsi que des liens en cuir et des surfaix.Une rampe munie de crochets pour suspendre les peaux est visible au-dessus des volets munis de gonds permettant la fermeture de la devanture. Un mécanisme à manivelle actionne un store pour la protection de la devanture des rayons du soleil. A l'intérieur, un comptoir central et des rayonnages à tiroirs facilitent et assurent le rangement et la protection des peaux.