limoise

    Superficie de 1256 ha - Altitude de 222 à 318 mètres - 159 habitants environ.

    Limoise est probablement d'origine antique. Au XIIème siècle, Archambault VI de Bourbon obtient l'accord de l'archevêque de Bourges, Pierre de La Châtre, pour créer une nouvelle ville franche et paroisse. L'église du village est alors détachée de la paroisse de Franchesse et confiée aux moines de Souvigny. La ville est bientôt entourée de murailles et de fossés et dotée d'un château. Mais, en 1569, Nicolas de Nicolay la décrit déjà en ruine.

    La croix ci-dessous est élevée au centre du cimetière, peu après le déplacement de celui-ci. Elle est ornée d'un chrisme, comportant l'alpha et l'oméga, qui rappelle que le Christ est le début et la fin de toute chose. Plus bas, le lavoir.

    Le curé de Limoise rapporte dans un registre paroissial, en 1730, les conclusions d'un jugement rendu à l'encontre du sieur de Montmarquet, à propos des dîmes et profits perçus par la cure de Limoise. Les annotations des curés dans certains registres paroissiaux nous informent de l'existence d'un parti "opposé aux prêtres", et de l'absence de pratique religieuse chez certains villageois. L'anticléricalisme virulent qui s'épanouit à l'occasion de la révolution avait peut-être de profondes racines dans la société du XVIIIème siècle. Photos ci-dessous: vues sur le lavoir.

    C'est ainsi qu'à Limoise, "le troisième may, jour de l'Ascension, nous allâmes en procession après Vêpres pour rebénir la croix que le sieur de Montmarquet (qui semble n'avoir pas apprécié le jugement rendu en faveur de la cure) avait nuitamment profanée". Le curé inhuma cependant le 20 novembre 1742 "devant l'autel de la Vierge, Jérôme de Montmarquet, écuyer, seigneur de La Garde, mari de madame de Rochevert, décédé la veille en son château de La Garde, âgé de 50 ans". Le château tomba sans doute peu après en ruines, car on n'y fait plus allusion. Photos ci-dessous: vues sur l'étang communal.

    On sait cependant par Eginhard, le chroniqueur de Charlemagne, qu'il détruisit Limoise au cours de sa guerre avec le duc Waïfre, et qu'il devait à cette époque exister un castrum reconstruit ultérieurement. Les routiers, qui avaient fait prisonnière Isabelle de Valois à Belleperche, assiégés par le duc Louis II en 1369, se réfugièrent à Limoise, qui devait alors leur apparaître comme une place forte suffisamment sûre pour les abriter. Photos ci-dessous: château et maison du ferronnier.

    Le terrier de 1493 mentionne à plusieurs reprises l'existence d'un château doté d'une basse-cour et de profonds fossés, longé par le chemin menant au Veurdre. A la fin du XVIème siècle, Nicolas de Nicolay ne parlait plus de Limoise que comme un bourg possédant "un beau château ruiné au-dessous duquel y a un grand estang". Il n'est pas impossible que le lieu-dit La Tour (photo ci-dessous), à proximité du bourg, soit un vestige de l'ancien château de Limoise.