loddes: patrimoine

    l'église saint pierre

    L'église a des caractères du style carolingien: aucune voûte et charpente apparente. On retrouve là aussi les moines de Cluny qui fondirent un prieuré à Loddes auquel ils joignirent une église à Saint-Pierre comme leur grande abbatiale de Cluny, en son temps la plus grande église du monde. Lors de sa venue à Clermont pour la première croisade, le pape Urbain II, de passage à Saint-Flour, mentionne dans une bulle du 19 novembre 1095, l'"Ecclesiam Saint Petri de Loda", possession du prieuré de Marcigny. Donc, à cette date, l'église Saint-Pierre (aujourd'hui Monument Historique) devient la propriété des religieuses de Marcigny.

    L'édifice se compose d'une nef unique prolongée par la croisée du transept qui s'ouvre directement sur une abside en hémicycle. A la fin du XIXème, une tour de clocher fut accolée sur le flanc nord du transept, tandis qu'une sacristie fut ajoutée sur le flanc sud. De chaque côté, les travées de la nef ont conservé de fines baies en plein cintre. L'abside romane est éclairée par des baies romanes plus larges, séparée par des contreforts à glacis. La tour du clocher, de plan carré, est ajourée au dernier niveau, et sur chaque face, par deux baies en plein cintre.

    Trois petites fenêtres éclairent la nef à quatre travées, une plus grande provient peut-être d'un percement à la Renaissance. Le chœur en cul-de-four constitue la partie la plus ancienne de l'église. En 1878, des piliers accolés ont été rajoutés pour soutenir une nouvelle voûte cachant ainsi la charpente apparente. De même, les fenêtres de l'abside ont été agrandies, et une tour de clocher a été bâtie sur le flanc sud de la nef. Des travaux dégagent en 1937 les pierres des arcs et les entourages des ouvertures. Des peintures murales décoraient autrefois l'édifice.

    Le portail occidental, se présentant comme une simple porte à deux vantaux, est orné par un tympan décoré par une marqueterie typique de l'art roman auvergnat, lequel est entouré d'une arcade en pierre.

    La nef unique, assez large, est éclairée par des baies romanes très fortement ébrasées. A la fin du XIXème siècle, des piliers ont été ajoutés aux murs latéraux pour soutenir une voûte d'arêtes, ornée de bandeaux aux motifs polychromes. La nef communique avec la croisée du transept par une grande arcade en plein cintre soigneusement appareillée. Les bras du transept, légèrement saillants, ont perdu leur symétrie avec la construction de la tour du clocher au XIXème siècle.

    Le transept s'ouvre directement sur l'abside en hémicycle qui est éclairé par trois baies romanes en plein cintre.Elle est voûtée par un cul-de-four en plein cintre, orné d'un décor réalisé en bichromie: rouge et jaune.

    Le Christ en gloire, de la fin du XIVème siècle, serait l’une des plus anciennes peintures de France. Elle est découverte lors d’une réparation de fissures dans le chœur dans les années 30. Deux scènes s’expriment : «un « Couronnement de la Vierge » partage l’espace avec un « Christ de Gloire », ce qui est extrêmement rare. Le fond est parsemé de petites roses rouges à cinq pétales, rappelant la virginité de la Vierge. Sur un fond blanc, le Christ est assis sur son grand trône, d’où tombe un tissu à rayures jaunes et rouges. Auréolé, Il est vêtu d’une robe jaune sous une toge rouge, et couronne sa mère en la bénissant de la main droite. Sa main gauche est disproportionnée. La Vierge est assise sur un trône, et s’incline pour recevoir la couronne d’or tréflée que lui tend son fils. Elle est habillée d’une robe jaune. Deux anges thuriféraires, de chaque côté, les encensent. L’encens, élément purificateur qui éloigne les démons, est utilisé pour les cérémonies solennelles. Inscrit aux Monuments Historiques le 11 octobre 2004.

    Les quatre Evangélistes sont symbolisés aux quatre coins, suivant la courbure de l’arcade, par l’homme ailé pour saint Matthieu, l’aigle pour saint Jean, le bœuf pour saint Luc, et le lion pour saint Marc. Ces derniers sont tous nimbés et tiennent des phylactères pour matérialiser les Evangiles écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit. Le bœuf, aux pieds du Christ, porte des cornes blanches en forme de croissant de lune et des ailes rouges. Chez le lion, on remarque sa longue queue relevée en S et ses ailes jaunes, tout comme celles de l’aigle. Les ailes de l’ange sont ocre. Seule la tête de l’aigle reste visible.

    L'église conserve une série de statues en plâtre polychrome de style saint Sulpice représentant quelques-uns des saints les plus vénérés par la piété populaire: saint Joseph, le curé d'Ars, saint Roch, saint Antoine de Padoue......

    Se trouvent également à l'intérieur de l'église trois statues en bois polychrome du début du XIXème siècle, représentant la Vierge Marie, saint Pierre, et saint Bonaventure.

    L'église possède aussi quelques vitraux où l'on peut reconnaître saint Paul, le Sacré-Coeur, la Vierge de piété, et saint Pierre, patron de la paroisse. Ci-dessus, le couronnement d'épines.

    la maison du faitrez

    La maison du XIXème siècle du Faitrez est un long bâtiment rectangulaire sur un étage et comble, éclairé par des lucarnes, et onze travées avec un grenier, s'articulant sur deux ailes. La bâtiment comprend quatre entrées.

    personnalité(s)

    Monsieur Louis Lelorgne d'Ideville (1780-1852) entre à 15 ans dans les bureaux de la division militaire. Après un passage comme secrétaire du gouverneur de la Guyane Française, il revient en France comme interprète aux bureaux des consuls. Parlant le Russe, il participe à la préparation de l'entrevue de Tilsit, aux campagnes de 1805, 1806, 1807, et favorise la rupture entre la Russie et l'Angleterre.

    Dès le début de la campagne de Russie, Napoléon le nomme secrétaire interprète. Il lui fournit de précieux renseignements sur la Russie.

    A la seconde prise du pouvoir par les Bourbons, il fait partie des 38 proscrits exilés. Après la révolution de juillet, il réintègre le Conseil d'Etat. Jusqu'en 1848, il fait partie du conseil général du département de l'Allier, et est député de Lapalisse en 1837.