lurcy-lévis

    présentation

    Superficie de 7142 ha - Altitude de 196 à 283 mètres - 1906 habitants environ.

    La commune porte en premier lieu le nom de Lurciacus silvestris, traduit par Lurcy-le-Sauvage, en raison de sa situation dans un secteur isolé et fortement boisé. Le toponyme final inclut le nom d'une des plus importantes familles seigneuriales du lieu. Le site de Lurcy semble être occupé dès l'époque gallo-romaine. La voie romaine, allant de Paris à Lyon, passe d'ailleurs par Lurcy. D'ailleurs, M. L. Bourdier, dans son Histoire de Lurcy-Lévis, signale que dans le chemin actuel, goudronné, allant de la Nationale 478 à Couleuvre, il existait, à 50 mètres après le ruisseau qui le traverse (près de la cote 247 de la carte d'Etat-Major) un net dallage qui laissait supposer le passage de la voie. L'agglomération médiévale se développe ensuite.

    Une nécropole existait en bordure de la voie romaine. En 1847-1848, lors de l'agrandissement et du nivellement de la place de l'église, et en 1889, date de la construction de l'égout collecteur, on trouva e nombreux sarcophages gallo-romains. A cela, il faut ajouter la découverte, en 1863, et en 1885, d'une statue de Vénus, couchée dans une coquille et de 536 médailles du Haut et Bas-Empire.

    Au XVIème siècle, la paroisse possède une église et un prieuré-cure. Pendant la révolution, l'église de Lurcy n'est pas vendue. La ville devient le chef-lieu d'un canton de quatre communes puis, après quelques remaniements, d'un canton de neufs communes rattaché à l'arrondissement de Moulins. Dès la fin du XVIIIème siècle, Lurcy développe ses activités autour de sa verrerie, qui devient par la suite une porcelainerie, avant d'être transférée à Couleuvre. De plus, le travail du bois et l'agriculture tiennent une place importante. Un chemin de fer économique, appelé le tacot, relie Sancoins à Lapeyrouse, en passant par Lurcy. La gare, ci-dessous, est alors ouverte en 1890.

    La plaque commémorative ci-dessous orne la maison de Claude Reconvergne et de son épouse Jehanne Joly. Ces deux personnes appartenaient à une importante famille bourgeoise de Lurcy et sont inhumés dans l'église Saint-Martin, privilège réservé aux personnalités locales. Leurs descendants occupent les postes de procureur et de lieutenant du sire de Lévis pour le bourg de Lurcy aux XVIIème et XVIIIème siècles.

    Cette haute croix de mission de basalte, ci-dessous, est placée sur un socle de pierre surélevé par trois marches. Elle est tréflée et porte un fleuron central. Son nom rappelle les missions effectuées par l'église qui s'efforce, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, de rechristianiser la population.

    Contrairement à une représentation très répandue, les lavandières ne se rendaient au lavoir, le plus souvent, pas pour laver le linge, mais pour l’y rincer. Le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d’eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies où le linge s’accumulait avant la « grande lessive », mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d’eau claire, uniquement disponible dans les cours d’eau ou dans une source captée.

    Le cénotaphe ci-dessous est élevé à la mémoire du Docteur Balthazar-Alexandre Vinatier (1832-1882), ancien maire de Lurcy-Lévis et député de l'Allier. L'inauguration a lieu en 1888. Le buste en bronze, aujourd'hui disparu, fut réalisé par l'artiste Coulon et le fondeur parisien Gruet. Ce célèbre médecin aliéniste, dont un hôpital lyonnais porte d'ailleurs le nom, est surtout connu à Lurcy pour la création de nombreuses écoles dans les hameaux de la commune.

    les pistes de course

    En plus de son vélodrome (voir paragraphe plus bas), la commune accueille également un circuit automobile d'essais privés. Piste modulable unique en Europe, elle est réputée pour l'excellente qualité de son revêtement, pour ses différentes possibilités d'exploitation et sa sécurité. A partir de la longue ligne droite de 1 500 mètres, unique en Europe et très appréciée par les constructeurs et écuries de Formule 1 pour leurs recherches aérodynamiques, s'articulent plusieurs boucles, dont la longueur varie de 1 100 à 4 200 mètres. Les partenaires du circuit y organisent essais privés et baptêmes de pilotage. Les photos présentées ci-dessus sont la propriété du circuit.

    La société vélocipédique de Lurcy-Lévis est fondée le 28 avril 1897 et le vélodrome inauguré le 22 août de la même année. Il comporte une piste en anneau de 250 mètres, d'abord en terre battue puis cimentée. Les courses sont interrompues pendant la Première Guerre Mondiale et reprennent au mois de septembre 1921. Ce site a accueilli les plus grands coureurs: Fausto Copi, Louison Bobet, Raymond Poulidor entre autres. C'est le plus ancien vélodrome de France toujours en activité.

    le village du sabot

    Au début du XXème siècle, l'usine d'André Baudin produit des machines pour fabriquer des sabots. Elle doit se reconvertir dans la fabrication de machines à roder le verre, avant de se déplacer dans la périphérie de Lurcy. Aujourd'hui, une curiosité, liée à cette histoire, ne manque pas de charme (photo ci-dessus issue d'internet).

    Bien qu'il n'est pas inventé la première, Monsieur Baudin, né à Vichy en 1864, vint s'implanter à Lurcy-Lévis pour y construire une machine à fabriquer des sabots d'une manière mécanique. Celle-ci ayant pour but de produire des quantités propres à répondre à la demande du marché et d'une qualité égale aux sabots fabriqués d'une manière artisanale. L'aventure commence en 1908 où la première machine vit le jour et fût installée à Cosne d'Allier. Ce fut une quasi-révolution dans le métier de la saboterie. Les améliorations de 1913, 1916 et 1920 donnèrent à l'entreprise Baudin un rayonnement mondial sur le marché de la saboterie. En effet, les machines à sabots Baudin de Lurcy-Lévis furent exportées dans le monde entier, et l'on trouve encore aujourd'hui ces machines (pour certaines encore en activité) en Angleterre, Allemagne, Italie, Roumanie, Canada, Etats-Unis et même en Amérique du Sud. Photo ci-dessous: Monsieur Baudin est assis à l'arrière de la voiture.

    Ci-dessous: ateliers de Lurcy-Lévis. Hall de montage des machines.

    Cette machine marqua le plus grand progrès réalisé depuis trente ans pour tailler mécaniquement les sabots sans aucune fatigue. Elle peut produire 400 pièces en 10 heures de travail. Les pièces à reproduire tournent en sens inverse, ce qui permet, avec un modèle, de reproduire des pièces symétriques de droite et de gauche. Elle possède des débrayages automatiques à fin de course, et le relevage de l'outil s'opère automatiquement lorsque le travail est achevé.



    A quelques pas du grand parc municipal se trouve le village du sabot. Le lieu se constitue de quelques chalets qui retracent un passé un peu méconnu de la commune. Un chalet abrite les machines à sabot Baudin, fleuron de l'industrie Lurcyquoise du début du XXème siècle. Le second contient des outils employés à la fabrication des sabots. Des panneaux explicatifs permettent de prendre connaissance de l'historique de l'usine Baudin.

    La fresque de Robert Lecourt est également à découvrir, en plus d'une collection de plus de 350 sabots.

    le parc municipal

    les mottes

    Près de l'ancienne tuilerie des Blanchets, à la corne du bois de Sousarrin, l'on peut encore voir une motte, que l'ancien cadastre indique sous le nom de "motte de la Mousse", probablement du nom d'un de ses anciens propriétaires, seigneur du lieu. De forme circulaire, la motte est entourée de fossés, encore en eau, de 10 mètres de large environ.

    Il existe encore à Chavy un "champ des fossés" ou "du canal". Le lieu est occupé par une plateforme rectangulaire, aux angles arrondis, de 50 mètres sur 35 environ, entourée de fossés. Un second fossé est visible à quelque distance. Au nord-est, une seconde motte circulaire semble dominer une basse-cour.

    A Fromenteau, subsiste une motte féodale circulaire, entourée de fossés. Elle a été arasée, mais la carte IGN en porte encore mention. Il ne reste plus, sur le sol, qu'une légère élévation de terrain et quelques pierres d'une ancienne construction.

    Moutte de Lurcy est le nom que prenait Lurcy, selon la tradition. Une motte aurait probablement existé à l'emplacement du foirail, à proximité de l'église. D'ailleurs le cadastre mentionne encore un "Champ de la Motte".

    le plan d'eau des sézeaux

    Dans un cadre naturel, ombragé et verdoyant, en bordure de la rivière l'Anduise, le plan d'eau communal, d'une dizaine d'hectares vous accueille à proximité immédiate du centre ville. C'est un lieu incontournable en saison. Il vous offre un lieu de pêche tranquille avec ponton aménagé pour personnes à mobilité réduite. Il dispose d'une vaste zone de loisirs, sports, détente et multiples activités.

    Il est également possible de s'y promener sur les berges, avec le parcours des légendes du plan d'eau. Ce sentier mène au menhir de "La Grande Jument Blanche du Pont d'Etau" (photo ci-dessous). Louise avait une jument blanche, Polka. Son mari, Marcel, décide de vendre Polka pour pouvoir entretenir sa maîtresse. Avant qu'il ne puisse commettre ce forfait, Louise s'enfuit avec sa jument vers le Pont d'Etau, dans les marécages qui bordent l'Anduise. On ne les revit jamais. On dit qu'elles ont été aspirées, tout comme Marcel, qui s'était lancé à leur recherche. Depuis, au-dessus des marécages encore existants, au-delà de la digue qui retient l'eau des Sézeaux, s'élève parfois de la brume, en volutes, à la forme d'une dame blanche, ou d'une jument blanche.

    De l'autre côté de la rivière, curieux personnages surplombant l'étang: une girouette représentant un des marquis de Lévis (photo ci-dessous). Le marquis de Lévis (au XVIIIe siècle) avait l'habitude d'emporter un sac de boules de chocolat. Un jour, il le laisse tomber en rentrant de la chasse. Son palefrenier veut le lui rendre, mais le marquis, dédaigneux, le pousse du pied. Le chocolat tombe dans le crottin de cheval. De cette anecdote naît ensuite une rumeur : après avoir mangé les « crottes », le palefrenier aurait eu un succès foudroyant avec les dames. Les crottes de marquis sont fabriquées dans huit pâtisseries de l'Allier.

    lurcy-lévis hier et aujoud'hui