moulins: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    A hauteur du cimetière de Moulins, la voie de Vorocium devait s'infléchir, et continuer en ligne droite sur Yzeure. Ce détour que faisait la voie contournait à l'est, l'emplacement où fut bâti Moulins. En effet, avant l'établissement des digues bordant l'Allier, les eaux, à l'époque des grandes crues, atteignaient le milieu de la rue d'Allier. On évita ce passage peu sûr, et on établit la voie sur un sol plus sain, et plus résistant.

    La nationale 7, à partir de son intersection avec la rue de Villars, n'a été ouverte en direction de Toulon qu'en 1754. Avant cette époque, la route royale, comme d'ailleurs la voie Romaine qui l'avait précédée, passait rue des Garceaux. C'est dans cette rue que la voie Romaine de Lyon à Cherbourg fut découverte, suite à des fouilles faites par la municipalité pour y installer des conduites d'eau, et des fontaines publiques. Elle était enfouie à un mètre de profondeur, sur toute la longueur de la rue.

    La route continuait ensuite sur les Champins, le hameau de Nomazy, et traversait sur un pont le ruisseau de Godet. Ce pont se trouvait à la limite des diocèses de Clermont et d'Autun qui fut, sans doute, aussi celle des peuples Arvernes et Eduens.

    Sur le plan de 1774, la voie Romaine figure en pointillés. Elle traversait le parc de Fromenteau, passait derrière le château de Vermillière, et rejoignait l'actuelle nationale 7, à hauteur de la locaterie du Grand-Chemin. Entre la voie et la rive droite de l'Allier, près des Châtelains et des Champins, dans un tènement que le cadastre dénomme les Craux, des vestiges de villas et ainsi que de nombreux objets de l'époque Gallo-Romaine furent découverts.

    De même, entre Vermillière et Fromenteau, des tombeaux furent mis à jour. Ces sépultures, près de la voie Romaine, constituaient probablement la nécropole des villas voisines. Ce chemin, passant à Fromenteau, connu sous le nom de rue Creuse ou ancienne route de Paris à Lyon, semble avoir été aliéné en 1836, au profit de Monsieur Chabot, alors maire de Toulon, pour la somme de 450 francs.

    Le vieux chemin entre Bourbon-L'Archambault et Moulins était praticable pendant la belle saison. Mais, pendant les périodes de pluie, dans les traversées des terres fortes de Patry et de la Plaine, il "présentait par endroits de véritables fondrières où les voitures s'enfonçaient jusqu'à l'essieu". Les paysans qui étaient chargés de l'entretien des chemins (travaux nommés corvées) mettaient des fagots pour combler les fondrières.

    Néanmoins, à certaines époques de l'année, il était emprunté par de brillants cortèges accompagnant de grands personnages qui se rendaient aux eaux de Bourbon ou en revenaient. En 1533, Eléonore de Portugal, soeur de Charles Quint et seconde épouse de François Ier, suivit cette voie en revenant de Bourbon. Elle fit une entrée solennelle à Moulins, escortée par un détachement de la garde Ecossaise. Toute la ville était allée la recevoir, et trente-neuf canons placés au débouché des ponts avaient annoncé son arrivée. L'année 1586 marqua le passage du roi Henri III qui accompagnait la reine Louise de Lorraine aux eaux de Bourbon.

    Cette voie antique se dirigeait sur le nord des casernes où elle a été retrouvée lors de la construction de l'ancien manège de cavalerie. Puis, elle franchissait l'Allier sur un pont  qui devait se trouver au point même où fut construit plus tard le pont Ginguet. La vieille chaussée continuait ensuite sur Yzeure en passant sur l'emplacement où Moulins fut bâti. Elle devait suivre le tracé qui devint plus tard "le grand chemin du pont", puis la rue du Pont-Ginguet. C'est en bordure de ce grand chemin que le bon duc Louis  fit construire, en 1400, l'hôpital Saint-Nicolas qui occupait l'emplacement de l'église du Sacré-Coeur.

    Autrefois, le cours de l'Allier longeait le pied du monticule que couronna plus tard le château des Bourbons, ce qui laisse supposer que le castrum, dont il est fait mention dans les titres du Xème siècle, avait été originairement un point d'observation gardant le passage de la voie antique. La capitale du Bourbonnais se serait donc élevée sur le bord d'une voie antique, qui se justifie par les constructions Romaines dont les collines environnantes conservent encore des traces.

    Puis, cette voie continuait en direction de la rue du Pavé-de-Bardon (baptisée plus tard rue de Bardon), qui a été coupée en deux tronçons par la voie ferrée de Paris. Dans cette rue, on retrouve le même empierrement à une profondeur qui va quelquefois jusqu'à un mètre. Cet empierrement est celui reconnu sur la même voie entre Moulins et Thiel. Si l'on s'en rapporte à des fouilles récentes exécutées à un mètre cinquante de profondeur près de l'intersection des rues de Bardon et du Cerf-Volant, les anciennes assises (si elles existent encore) se trouvent à une profondeur plus grande.

    C'est vraisemblablement dans ces parages que cette voie, laissant à droite l'ancienne motte de la place de la gare, croisait la route qui suivait la rive de l'Allier et assurait une communication avec Lyon par Vouroux, Ariolica et Roanne. A l'est de la voie ferrée, le vieux chemin passait à droite des sources de Bardon, situées vers l'emplacement de la villa Marthe. Autrefois, existait en ce lieu une Commanderie de l'Ordre de Saint-Jean-De-Jérusalem, appelée Saint-Jean-De-Bardon. Cette Commanderie avait remplacé une villa Gallo-Romaine, et peut-être aussi un temple païen élevés sur les bords du très vieux chemin d'Yzeure.

    Les eaux de Bardon, dont les propriétés médicales étaient encore vantées au XIIème siècle, semblent avoir été utilisées depuis la plus haute antiquité. Elles alimentèrent longtemps les fontaines de la ville de Moulins. Lors de fouilles, à l'intersection des rues de Bardon et Denis Papin, un beau bassin de marbre, aux parois très épaisses, fut mis à jour. Il était de facture Romaine.

    Vers 1890, derrière la maison de l'ancienne propriété Laussedat, les substructions d'une villa Gallo-Romaine furent découvertes. D'autre part, dans l'enclos, près du terrain où fut exhumée une grande salle avec des débris de marbres et de sculptures, on recueillit des fragments de bustes en terre cuite, des restes de peintures polychromes et de mosaïques, à très petits cubes, de 3.5 à 6 mm de côté, et des briques d'hypocaustes. dans ces fouilles furent également trouvés des tuiles à rebords, des clous, et des fers à chevaux.

    De même, toujours au même lieu, on découvrit que la voie était à un mètre vingt au-dessous de la surface du chemin de Bellecroix. Son statumen, qui repose sur un lit de gravier et de sable, est formé de moëllons de calcaire quartzeux de Montilly et de gros cailloux. Ceux du bord, posés en hérisson, ont vingt centimètres d'épaisseur. Cette assise est recouverte d'une couche de gravier de trente centimètres d'épaisseur sur laquelle reposent deux bandes latérales de roulement et une bande centrale.

    Les premières mesurent chacune un mètre vingt de largeur et sont formées de moëllons calcaires de vingt centimètres d'épaisseur. La bande médiane, large de un mètre soixante, est macadamisée pour le passage des chevaux. Cette disposition peut s'expliquer par la rareté des matériaux dans la région.

    la chapelle de la visitation sainte marie

    L'ordre de la Visitation Sainte Marie a été fondé par saint François de Sales (1567-1622) et Jeanne de Chantal (1572-1641). Un premier couvent ouvre à Annecy en 1610, puis à Lyon en 1615, et enfin à Moulins en 1616. Issu de la Contre-Réforme catholique, cet ordre féminin autonome et indépendant proposait une retraite aux femmes sans adopter l'austère règle des ordres réformés du XVIème siècle. Il existait une très grande cohésion entre les monastères grâce notamment à une importante correspondance, ce qui a permis à l'ordre de traverser les siècles.

    Le couvent de Moulins va acquérir une certaine renommée grâce à la présence e la duchesse de Montmorency, retirée parmi les Visitandines après le décès de son mari, et qui va consacrer une partie de sa fortune aux religieuses. Née Marie-Félicie des Ursins, elle est issue d'une des plus grandes familles Italiennes. Installé à l'origine dans quelques maisons du faubourg de Paris, tout près des remparts médiévaux qui se situaient à l'emplacement des cours actuels, le couvent créé en 1616 se trouvait non loin du collège des Jésuites, actuel tribunal, qui avait ouvert dix ans auparavant.

    Les bâtiments primitifs ont été remplacés à partir de 1648 par des constructions plus importantes dont il ne subsiste de nos jours que la chapelle, construite grâce à Marie-Félice des Ursins, duchesse de Montmorency, et terminée dans les années 1655. Le lycée Banville, ouvert en 1802, a été construit à l'emplacement des bâtiments du couvent.

    Précédée d'un emmarchement qui sert de piédestal au monument, la façade en pierre d'Apremont s'ouvre sur la rue de Paris, un des principaux axes de circulation à l'époque. On aperçoit des pilastres d'ordre colossal qui s'élèvent sur deux niveaux, un fronton curviligne au dessus de l'entrée, une rosace, le tout étant surmonté d'un fronton triangulaire avec l'emblème de l'ordre de la Visitation (voir première photo de l'article). Les murs latéraux ont été édifiés avec un appareillage de briques rouges et noires formant des motifs de losanges. La porte de bois  est un bel exemple de menuiserie du XVIIème siècle. Elle a été sculptée par le Moulinois Etienne Ie Vigier. Photo ci-dessous: porte de bois du XVIIème siècle.

    De plan rectangulaire, voûtée de croisées d'ogives, la chapelle n'est pas orientée. Elle est flanquée de chapelles latérales peu profondes et du choeur des religieuses au nord. On retrouve à l'intérieur les pilastres aux chapiteaux ioniques, ordre d'architecture habituellement associé aux femmes depuis l'Antiquité, les occuli, la coupole au dessus du choeur liturgique et la baie thermale qui éclaire le mausolée. La chapelle reprend les principes préconisés lors de la contre réforme catholique: équilibre des masses et des lignes, même vision du culte pour tous, et importance de la lumière pour la lecture du missel. Classée Monument Historique en 1928. Photo ci-dessous: vue de la nef.

    On peut également admirer un mausolée grandiose, immense, l'un des plus imposants de France. Commencé en 1648, il fut construit à Paris, et arriva à Moulins en 1653 par voie fluviale. Sculpté par deux grands maîtres, les frères Michel et François Anguier, aidés de leur élève Moulinois Thomas Regnaudin, il représente le duc et la duchesse de Montmorency.

    Classé Monumenty Historique en 1946, il propose des statues allégoriques des qualités des deux époux. Pour lui, des statues d'Hercule (la force) et de Mars (le courage militaire). Pour elle, des statues incarnant la libéralité et la foi.

    Tout commença le 30 octobre 1632, jour de l'exécution par décapitation de Henri II de Montmorency à Toulouse. Il paya de sa vie le fait de s'être soulevé contre Louis XIII et Richelieu.

    En 1634, son épouse, Marie-Felice Orsini, paie pour son mari, et est emprisonnée au château de Moulins. Après deux ans d'internement, elle renonce aux fastes de son passé, et se retire à la Visitation, haut lieu spirituel de Moulins.

    Les années passent, et les sentiments de la veuve pour son défunt mari ne changent pas. Pour remercier les Visitandines de leur hospitalité, et pour offrir une dernière demeure à Henri II de Montmorency, elle fait édifier une chapelle pour le couvent, qui doit abriter un mausolée à la gloire de son époux.

    Symbole d'un amour éternel, son marbre a résisté aux outrages des années, comme a survécu l'amour de Marie-Felice Orsini pour le duc de Montmorency. Inconsolable veuve, cette femme vertueuse mourut en odeur de sainteté en 1666 au couvent Moulinois qui l'avait choisie comme mère supérieure pour sa bonté d'âme. Recluse à vie à la Visitation, prisonnière d'indéfectibles liens conjugaux, elle décèdera à 66 ans sans jamais avoir renoué une seule fois avec le monde extérieur.

    Ci-dessus, Henri II est vêtu d'une précieuse armure ciselée. Sa main droite est appuyée sur un casque et, de son autre main, il tient son épée de maréchal. Ce personnage témoigne d'une influence de l'art Italien, plus tourmenté. Le reste de la composition est d'influence classique. La duchesse, ci-dessous, dans une attitude de prière, est vêtue d'une toge et figure la douleur.

    Ci-dessous, statue d'Hercule, symbole de la force d'Henri II, avec sa masse et la peau de lion de Némée.

    Ci-dessous, statue de Mars, symbole du courage militaire d'Henri II, et dieu de la guerre.

    De l'autre côté, les allégories de la charité et de la Foi sont associées à Marie-Félicie des Ursins.

    Deux anges porteurs du bâton de maréchal déploient un manteau d'hermine dans lequel vient s'inscrire l'ancre de marine, surmonté du blason d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur. Autour, on peut voir les colliers de l'ordre du Saint-Esprit et de Saint-Michel. L'amortissement de la partie haute consiste en la superposition de la couronne ducale, du chien exprimant la fidélité et du casque empanaché.

    Sous le fronton triangulaire orné d'une coquille, au sommet du mausolée, on peut apercevoir le blason des Montmorency. Classé Monument Historique en 1909.

    Face au mausolée, se trouve le choeur des religieuses qui permettait aux Visitandines d'assister aux offices, tout en étant séparées des fidèles afin de respecter la règle de l'ordre, séparation symbolisée par une grille de fer. Une seconde grille de barreaux de bois était jadis associée à la grille en fer, de même qu'un châssis de volets qui étaient ouverts pendant les offices, et qu'un rideau d'étamine très fin. Une grille de communion permettait aux religieuses de recevoir l'Eucharistie. Le choeur des religieuses communiquait avec les autres bâtiments du couvent, et les appartements de la duchesse de Montmorency.

    L'autel du choeur est orné d'un reliquaire-monstrance de 1759. Il est écoré de motifs profanes, et constitue un exemple d'orfèvrerie Allemande mêlant les glaces de Venise gravées de décors architecturés, et de personnages aux colonnes torses de jaspe, de corail, d'ivoire, aux bases incrustées de nacre et d'écaille (six photos ci-dessous).



    La chapelle de l'ancien couvent de la Visitation possède également un plafond peint consacré à la Vierge Marie. Chef d'oeuvre complet de l'art du XVIIème siècle, l'édifice fut classé Monument Historique le 28 juin 1928 et le 04 octobre 1946.

    Le plafond se compose de dix-sept toiles enchâssées dans une structure en bois, et mêle le plafond plat à la Française, et le trompe l'oeil Italien.

    Les différents tableaux développent donc un programme consacré à la Vierge.

    Ce plafond s'inscrit parfaitement dans le courant de l'Atticisme Parisien, qui se développe essentiellement à paris dans les années 1640-1660. Il puise son inspiration dans l'Antiquité, et dans l'art de Raphaël et du Dominiquin, prônant un juste idéal de mesure et de grâce, des compositions rigoureuses, stables, un coloris clair, un art élégant. Ce plafond est un témoignage important de la peinture décorative du XVIIème siècle, qui a en grande majorité disparu.

    Un certain nombre d'épisodes de sa vie et d'évènements partagés avec le Christ sont mis en scène selon la tradition iconographique qui caractérise les cycles de la Vie de la Vierge.

    Le tondon central (photo ci-contre), entouré de grisaille peintes sur bois, représente l'Assomption de la Vierge, qui est élevée au ciel par les anges.

    Autour de cette peinture centrale, sont représentés ci-dessous quatre épisodes liés à la vie de Marie: l'Immaculée conception, la naissance de Marie, la fuite en Egypte et la dormition de Marie.

    L'Immaculée conception.

    La naissance de Marie.

    La fuite en Egypte.

    La Dormition de Marie.

    Un second groupe de scènes est représenté sous forme de tableaux rapportés, insérés dans des architectures feintes, au niveau des voussures. On peut voir dans les deux médaillons qui se font face:

    L'Annonciation faite à Marie.

    Le Christ de la Résurrection.

    Dans les deux ovales, des côtés: la Consécration de Marie au Temple. Classé Monument Historique en 1903.

    La Présentation de Jésus au Temple.

    Dans des niches peintes en trompe l'oeil, dont l'influence de Nicolas Poussin est très marquée, huit allégories inspirées de l'art de Raphaël font référence aux vertus et qualités de la Vierge, mais aussi à celles dont doivent faire preuve les Visitandines.

    L'Espérance

    La Foi

    L'Innocence

    La Prière

    La Charité

    La Religion

    La Modestie

    L'Etude

    le musée de la visitation

    Les photos présentées ci-dessous sont diffusées avec l'aimable autorisation de Monsieur FOISSELON Jean, et sont la propriété du musée.

    Datant de la fin du XVème, début du XVIème-XVIIème siècles, ce bâtiment est constitué en pan de bois, brique bicolore, calcaire et pierre. Le musée de la Visitation, monastère féminin, est installé dans un ensemble d'immeubles inséré dans le centre historique de la ville. Des galeries, restaurées au XVIIème siècle, relient les corps de logis entre eux. Un escalier en pierre du début du XVIème siècle, et un escalier en bois du XVIIème siècle desservent les étages. Classé Monument Historique.

    Une exposition permanente fait revivre l'ordre religieux de la Visitation, à travers des oeuvres brodées et des étoffes précieuses, des orfèvres civiles et liturgiques, des peintures et oeuvres d'art, et des arts monastiques. Né de la volonté de nombreux couvents de la Visitation installées dans le monde entier, le musée de la Visitation invite le visiteur à pénétrer dans un monde peu connu et fascinant, constitué par un ensemble unique de plus de 11 000 objets du XVème au XXIème siècles.

    Les visitandines réalisent des décors d'une grande finesse: tableaux en papiers roulés, livres enluminés, peinture à l'aiguille rehaussé d'or et d'argent, soieries précieuses, broderies florales, orfèvrerie ornée de joyaux.... Sur plus de quatre siècles, les arts décoratifs croisent la grande histoire de France avec des objets ayant appartenu à des personnages illustres, depuis une robe de la reine Marie-Antoinette jusqu'à l'anneau épiscopal offert à l'abbé Pierre. Photo ci-dessous transmise amicalement par Monsieur FOISSELON Jean, et propriété du musée de la Visitation.

    Le musée possède une huile sur toile de 1623, montre saint François de Sales remettant le livre des constitutions de l'ordre de la Visitation Sainte-Marie aux trois premières soeurs: mère Jeanne de Chantal, soeur Jeanne-Charlotte de Bréchard et soeur Marie-Jacqueline Favre. Cette dernière a été la première supérieure du monastère d'Annecy, premier de l'ordre. Soeur Jeanne-Charlotte de Bréchard a été la première supérieure du monastère de Moulins, fondé en 1616. Quant à sainte Jeanne de Chantal, cofondatrice de l'ordre, elle décèdera à Moulins le 13 décembre 1641. Elle était la grand-mère de Madame de Sévigné.


    L'escalier extérieur, du XVIIème siècle en bois de chêne, est couvert d'une toiture à double pans, à la Mansart, et dessert les deux étages de l'immeuble.

    Ses grosses poutres de soutien, ses rampes et ses balustres moulurés sont en chêne de la forêt de Tronçais.
    Inscrit aux Monuments Historiques en 1929.

    Photo ci-contre transmise amicalement par Monsieur FOISSELON Jean, et propriété du musée de la Visitation.

    L'immeuble a appartenu, à la fin du XVème siècle, à Guillaume Moreau, secrétaire de la duchesse Jeanne de France, épouse du duc Jean II de Bourbon.

    La cour intérieure, ci-dessus à gauche, est en grès et bois de chêne. La frise sculptée de choux frisés, qui surmonte la porte à accolade, est caractéristique de l'architecture soignée de la fin du XVème, et du début du XVIème siècle. Classé Monument Historique en 1947.

    Vous pourrez également admirer une chasuble offerte en 1624 lors de la fondation d'un monastère de la Visitation Sainte-Marie (photo ci-dessus au centre). Il est fait de velours de Gênes et broderies de fils d'or et d'argent. Les visitandines ont toujours été réputées pour la qualité de leurs travaux d'aiguille.

    Le visiteur pourra également s'émerveiller devant un reliquaire du XVIIIème siècle en bois doré (photo ci-dessus à droite) contient, outre des reliques authentiques de saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal, des miniatures peintes à l'aide d'une tête d'épingle représentant l'ensemble d'une communauté visitandine de la fin du XVIIIème siècle, de la supérieure aux converses et aux plus jeunes novices. Il est agrémenté de petites bandes de papier tournées et collées pour former des arabesques, des fleurs et des branches, dorées et peintes.

    Photos ci-dessus et ci-dessous transmises amicalement par Monsieur FOISSELON Jean, et propriété du musée de la Visitation.

    HORAIRES ET INFORMATIONS GENERALES

    Musée de la Visitation - 4, Place de l'Ancien Palais 03000 MOULINS

    Ouverture du lundi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h

    Téléphone: 04-70-44-39-03

    Site internet: www.musee-visitation.eu

    Mail: info@musee-visitation.eu

    l'église saint-pierre

    Au Moyen-Age, Moulins est dotée de nombreux couvents. Celui des carmes est fondé en 1352, et est placé hors des murs de la ville, respectant ainsi la tradition de l'ordre, qui jouait un rôle important pour l'intégration et l'accueil des pauvres. L'église primitive est dédiée à la Vierge et à saint Etienne. La chapelle Notre-Dame-De-Pitié était réservée aux religieux pour la célébration des services solennels. Non protégé par la ville, le couvent est pillé par les Anglais en 1384, et sa chapelle incendiée en 1411. L'église actuelle et l'ensemble des bâtiments furent reconstruits grâce à de nombreux bienfaiteurs et, pendant longtemps, le couvent des carmes fut un lieu prospère.

    Pendant la révolution, le clocher est démoli et, à la suite de la démolition de l'église Saint-Pierre-Des-Ménestreaux, l'église des carmes devient l'église paroissiale Saint-Pierre, qui sera classée Monument Historique en 1996. Une bulle du Pape Pie II , datée de 1462, accorde une indulgence de vingt ans à tous ceux qui visitent l'église, et font des aumônes pour sa construction. La nef, très simple, composée de cinq travées, est couverte de voûtes d'ogives avec formerets et lierne, et se prolonge par le choeur des religieux. L'abside est prolongée d'une avancée surmontée de la salle du Chapitre.

    En 1562, lors du siège de Moulins, le couvent est de nouveau pillé et saccagé, mais cette fois-ci par les Huguenots, qui transforment l'église en écurie. Les travaux, à cette date, n'étaient pas encore terminés. C'est en 1581 que la nef fut achevée et le portail d'entrée commencé. A la base du clocher, est représentée la tête sculptée de l'architecte Mitton, coiffé de la faluche des beaux-arts, qui reconstruisit le clocher en 1900.

    Cette Vierge à l'Enfant, ci-dessus, du XVIIème siècle en marbre, est de facture classique. Elle est dotée, en plus des drapés antiquisants, des éléments traditionnels notamment l'orbe que tient l'Enfant. La mise au tombeau, ci-dessous, du XIXème siècle en plâtre polychrome, a été réalisé dans un style néo-gothique. Certains des personnages pourraient trouver leur origine dans une source apocryphe du XVème siècle, les Acta Pilati.

    Au XVIIème siècle, l'église subit un certain nombre de réaménagements, avec l'ajout d'une grande chapelle rectangulaire réemployant une partie de l'ancien cloître. Devant la tribune béante occupée par l'orgue, est édifié au XVIIème siècle, un calvaire prenant place sur la double élévation de trois arcades de la tribune. Ce remaniement du XVIIème siècle permet une nouvelle distribution de l'espace et un lieu de transition entre la nef et l'entrée de l'église.

    La plupart des vitraux datent du XIXème siècle. Celui ci-dessous représente saint Georges terrassant le dragon. Il est révélateur de la redécouverte et du goût pour l'art du vitrail à cette période, où l'on retrouve l'emploi des couleurs, associés à la grisaille et les thèmes iconographiques séculaires. La légende de saint Georges est fondée sur un récit du Grec Nicéphore Grégoras, et raconte l'épisode selon lequel Georges, légionnaire Romain, traversa un jour la ville de Trébizonde en Asie Mineure, où un monstre dévorait animaux et hommes. Pour se prévenir de ce dernier, les habitants lui offraient deux moutons par jour. Mais, lorsque tous les animaux étaient mangés, des jeunes garçons et filles étaient tirés au sort. Un jour, la fille du roi fut choisie. Saint Georges arrivant à cheval, transperça le dragon de sa lance, délivrant en même temps la princesse et les habitants de Trébizonde.

    Ci-dessous, ce vitrail représente saint Louis, né en 1214, et qui devint roi en 1226, à la mort de son père Louis VIII. Particulièrement pieux, il participa à deux croisades, et mourut dans la débâcle de la seconde en 1270. Canonisé en 1297, il bénéficia avant cette date d'une légende féconde qui lui attribua bon nombre de miracles. Ce vitrail le dépeint acclamé par le peuple. Debout, il tient une épée, symbole régalien. Peut-être s'agit-il du départ à la croisade?

    L'ancien couvent des Carmes, ci-dessous, est étroitement lié à l'église saint-Pierre. Il n'en reste que peu d'éléments. Au XVIIème siècle, le couvent était encore prospère, et comptait dix-huit religieux. Les corps de logis limitent au nord et au sud l'ancien préau, occupé depuis par des jardins, sur lequel s'ouvrait le cloître. Le corps de logis nord comporte une façade de briques. Les fenêtres, disposées sur les deux niveaux, sont encadrées d'un appareillage de grès.

    l'ancienne chapelle du bon pasteur

    Le portail en plein cintre de cette chapelle est sculptée de volutes décorées de fleurs stylisées qui reposent sur des colonnettes à chapiteaux sculptés. Le tympan comporte une crucifixion avec le Christ entouré de Marie, de saint Jean et d'une sainte femme. Les panneaux de la porte comprennent, d'une part, une représentation de saint Pierre, identifiable à ses clefs et, d'autre part, de saint Jean, muni de ses attributs traditionnels, l'aigle et le livre. Les deux hommes sont pieds nus, symbole iconographique propre aux apôtres.

    la chapelle des carmélites

    L'Ordre des Carmes a pour origine le mont Carmel, situé en Israël près de Haïfa. Il s'agit d'un ordre contemplatif institué dès le XIIème siècle, et inclus des les ordres dits "mendiants". Les religieux adoptent un mode de vie très simple, et vivent quasiment coupés du monde au sein de leur monastère. Construit dans un style romano-byzantin, la chapelle comporte un portail en plein cintre, une tribune ouverte avec trois arcades reposant sur des colonnettes, et des lobes aveugles en façade.

    la cathédrale notre-dame

    La façade de la cathédrale, édifiée au XIXème siècle, est rythmée par les deux tours surmontées de flèches hautes de 81 mètres. L'élévation de la façade annonce le plan intérieur, les trois portails correspondant aux trois vaisseaux de la cathédrale. Les alternances de plein et de vide sont soulignées par l'emploi de la pierre de Volvic, et du calcaire de Chauvigny.

    Cette disposition des matériaux crée un décor où se mêlent, à l'étage des galeries, la statue de la Vierge Marie entourée des saints du Bourbonnais et celles des deux premiers évêques de Moulins. Ce programme se retrouve au niveau des galeries des bas-côtés, qui comprennent des personnages en costumes du Bourbonnais réalisés par le sculpteur Corbel (voir paragraphe plus bas).

    La façade de la cathédrale comporte une dense ornementation où alternent les matériaux, créant ainsi tout un jeu de couleurs. la rosace, réminiscence de l'époque médiévale, est soulignée par l'alternance d'une pierre noire, l'andésite (pierre volcanique de Volvic), et d'une pierre blanche, le calcaire, provenant de Chauvigny. Le relief est accentué par des têtes qui émergent, certaines couronnées, d'autre sans signe distinctif.

    Percé d'une large verrière représentant la Cène (photo ci-dessous), et contribuant à l'éclairage de l'édifice, un chevet plat abrite un autel. Le choeur,  ainsi que toute la partie orientale de la nef est édifié entre 1468 et 1540.Cette construction présente un contraste important avec la partie occidentale de la cathédrale, construite dans le style du XIIIème siècle entre 1860 et 1870, notamment dans l'emploi des matériaux de construction.

    Percé d'une large verrière représentant la Cène (photo ci-dessous), et contribuant à l'éclairage de l'édifice, un chevet plat abrite un autel. Le choeur,  ainsi que toute la partie orientale de la nef est édifié entre 1468 et 1540.

    Cette construction présente un contraste important avec la partie occidentale de la cathédrale, construite dans le style du XIIIème siècle entre 1860 et 1870, notamment dans l'emploi des matériaux de construction.

    L'escalier à vis ci-dessous, décoré d'un réseau de pierre flamboyant, permettait aux chanoines de la collégiale des ducs de Bourbon de se retirer dans la salle du chapitre située derrière le choeur. L'escalier est sculpté, comme le reste de l'édifice, dans un grès aux tonalités tantôt ocres, tantôt rosées.

    La Vierge Noire de Moulins, en bois du XIIème siècle, s'inscrit dans le développement du culte marial en France pendant les XIIème et XIIIème siècles. La Vierge et l'Enfant sont assis sur la cathèdre qui comportait encore au XIXème siècle une inscription célébrant le mystère de l'Incarnation.

    Cette statue est uniformément noire, ce qui lui confère sa rareté, car la plupart des statues jouent sur le contraste des corps d'ébène de Marie et de Jésus, et des vêtements polychromes rehaussés d'or. Les Halles furent détruites par les flammes en 1665. Des cendres, on ressortit cette statue. La légende raconte que le feu régressa immédiatement. C'est devant elle que s'agenouilla Jeanne d'Arc lors de son passage à Moulins.

    Au Moyen-Age, la chapelle abritant le vitrail de la crucifixion (fin du XVème siècle) (photo ci-dessous) appartient à la famille Le Tailleur, représentée dans les lancettes gauches de l'oeuvre. Gilles Le Tailleur, argentier du duc Charles Ier à partie de 1448, apparaît accompagné de ses fils, et est représenté par son saint patron, Gilles, identifiable à la présence de la biche.

    Son épouse Isabelle et leurs filles sont agenouillées, accompagnées par sainte Marguerite. Les lancettes de droite présentent la scène de la crucifixion. Le corps étiré du Christ pend de la croix, les bras presque à la verticale. Il s"agit d'une représentation du Christ très répandue au XVème siècle, surtout dans la peinture et la sculpture Néerlandaises.

    Les costumes des donateurs donnent quelques indications sur la datation du vitrail: la longue houppelande de Gilles est, par exemple, du même type que celle de Jocodus Vidj, représenté en 1432 sur le retable de Gand.

    Ce vitrail du XVIème siècle ci dessous, dit de sainte Marie-Madeleine, est situé dans une chapelle qui appartient en 1477 à Simon Syrot, fils du trésorier du Bourbonnais. Il conserve quelques indications relatives à l'identité des donateurs: la devise "Ne Plus Ne Moins", et des initiales N et M s'entrelaçant avec une corde. L'étude stylistique du vitrail révèle les différents remaniements opérés au fil des siècles.

    Les panneaux du couronnement illustrent des scènes de la vie de sainte Marie-Madeleine. Ils rappellent la peinture de la vallée de la Loire. Les scènes de la sainte sont proches des oeuvres de Jean Bourdichon, peintre qui fréquente la cour des Bourbons entre 1480 et 1490. Il réalise d'ailleurs un livre d'heures enluminé pour Catherine d'Armagnac, la seconde épouse du duc Jean II de Bourbon.

    Certains panneaux ont été remplacés au XVème siècle, tandis que d'autres, représentant la sainte élevée par les anges pendant sa prière, datent du début des années 50.

    Le vitrail de sainte Catherine ci-dessous (fin du XVème siècle) appartient à l'origine à la collégiale construite à partir de 1474. Dans les lancettes, des donateurs agenouillés et présentés par leurs saints patrons encadrent sainte Catherine, tandis que le couvrement est occupé par les scènes de la vie de la sainte.

    Dès le XVIème siècle, des modifications sont apportées au vitrail. En effet, des premiers donateurs, il ne resterait que le couple et les deux enfants. Le chanoine Clément relate que le président de la chambre des comptes de Bourgogne, Thierry de Dornes, reçut au XVIème siècle la permission d'installer un autel dédié à saint Christophe sous ce vitrail. Des membres de sa famille purent s'y faire représenter autour de 1528.

    Au XIXème siècle, les personnages agenouillés ont été identifiés comme étant des membres de la maison des Bourbons. De gauche à droite, on identifia Catherine d'Armagnac, mariée au duc Jean II en 1484, puis Anne de France, son mari Pierre II et leurs enfants, Charles II de Bourbon, archevêque de Lyon, et enfin le duc Jean II.

    Ci-dessous, statue en pierre de saint Christophe, protecteur des voyageurs, du XVIème siècle, et vitrail de saint Jean-Baptiste du XVème siècle.

    Le vitrail du crucifiement ci-dessous, de la fin du XVème siècle, a un style très proche des autres verrières du mur oriental du choeur. Il représente le Christ crucifié entre la Vierge et saint Jean, autour desquels évoluent des anges porteurs des instruments de la Passion. Ce vitrail conserve les glands d'un chapeau de cardinal associés à l'épée enflammée, devise des Bourbons, et au monogramme CH qui correspond à Charles de Bourbon, cardinal-archevêque de Lyon de 1476 à 1488.

    Le vitrail des dix mille martyrs du mont Ararat (ou vitrail de l'église souffrante et triomphante), ci-dessous, représente les initiales KLM entrelacées d'une corde et des inscriptions sur phylactères se référant aux donateurs. Il retrace la légende des dix mille martyrs du mont Ararat: les soldats chrétiens refusant de vénérer les dieux païens, l'empereur Hadrien les fait torturer et crucifier sur le mont Ararat. Leurs dépouilles sont enterrées par les anges, et leurs âmes montent auprès de Dieu. Le vitrail suivant représente sainte Elisabeth de Hongrie, et date du début du XVIème siècle.

    Le vitrail de la Vierge au trône, ci-dessous, de la fin du XVème siècle, représente la Vierge trônant sous un baldaquin, et entourée d'anges adorateurs. De part et d'autre, les deux donateurs sont agenouillés, et représentés par leurs patrons. Dans la lancette de gauche, saint Pierre introduit Pierre Petidé, haut fonctionnaire du duc de Bourbon. A droite, ne subsiste que sainte Barbe, qui devait présenter initialement Barbe Cadier. Les armoiries de ces deux familles sont conservées dans le couronnement, ainsi que leur devise: "J'aurai le bout". Le vitrail suivant est celui de sainte Barbe, et date du XVIème siècle.

    Ci-dessous, le vitrail de la famille Popillon qui prend place dans les lancettes. Les membres de cette famille sont tournés vers la Vierge noire qui trône dans le retable de la chapelle. Précédant son épouse, Marie de Brinon, Charles Popillon, chancelier de la duchesse Anne à partir de 1493, est présenté par son patron saint Charles de Villare. Leur fils, Nicolas Popillon, gouverneur des finances du duc en 1498, est représenté avec ses deux fils, Nicolas II et Charles. Son épouse et ses deux filles sont sous la protection de saint Antoine. Les personnages se tiennent sous des dais.

    Le vitrail de l'arbre de Jessé, du XVIème siècle, se trouve dans la chapelle de la Conception fondée par le duc Jean II en 1474. La lancette de gauche représente  l'arbre de Jessé avec, au centre, la Vierge apocalyptique debout sur le croissant de lune, et l'Enfant Jésus entouré de rayons peints en jaune d'argent. Les thèmes qui se mêlent sont le reflet de la dévotion particulière des duchesses Jeanne et Anne de France pour l'Immaculée Conception de la Vierge.

    Le vitrail de l'église militante, du milieu du XVIème siècle, se trouve dans la chapelle saint Nicolas, fondée par Geoffroy Aubéry, maire de Moulins et père de Hugues Aubéry, grenetier du grenier à sel à Moulins. Geoffroy et ses fils sont représentés, ainsi que son épouse Claudine Chabas et ses filles, accompagnés de leur patron, saint Claude de Besançon. La plus grande partie du vitrail raconte l'histoire de Godefroi de Bouillon, ancêtre des Aubéry, et de la couronne d'épines. Dans la partie haute des meneaux, sont présentées les batailles menées en Terre sainte par Godefroi de Bouillon. Les soldats s'emparent de la couronne d'épines et la brandissent au-dessus d'une lance. En bas, Godefroi de Bouillon, agenouillé, remet la couronne d'épines au roi de France. Celle-ci est ensuite portée en procession.

    La mise au tombeau, en pierre polychrome du XVIème siècle, regroupe, autour du corps du Christ, sept personnages: la Vierge, saint Jean, Salomé, Marie Madeleine (avec le parfum), Marie (mère de Jacques), saint Joseph d'Arimathie et Nicodème. Les personnages sont représentés grandeur nature, en pierre recouverte de polychromie. L'expression de la douleur, des émotions et la fascination de la mort sont perceptibles.

    Sur un pilier de la chapelle saint Michel se trouve une bande peinte, appelée litre funéraire. Elle représente le blason des Feydeau: "d'azur aux chevrons d'or accompagnés de trois coquilles de même". La litre a été peinte lors du décès de Jean Feydeau, l'un des membres de la famille possédant cette chapelle.

    Cet ensemble funéraire ci-dessous, de 1557, est une niche funéraire se trouvant dans la chapelle saint Louis, dans laquelle le défunt est représenté par un cadavre rongé par les vers. Il comporte une inscription: "Autrefois, beau corps, aujourd'hui pourriture, ton corps lecteur aura même aventure". Ce personnage montre le réalisme de la décomposition du corps après la mort. L'importance de l'abandon de l'enveloppe terrestre est manifeste, de même que l'obsession de gagner le salut éternel après la mort. Cet ensemble peut rappeler le tombeau de René de Chalon à Bar-Le-Duc, décédé en 1544, et qui avait demandé à être figuré tel qu'il serait trois années après sa mort.

    Ci-dessous, ce panneau sculpté en bois polychrome, du XVIème siècle, est nommé la dormition de la Vierge. Il était probablement un devant d'autel. Il décrit la Vierge mourante allongée sur son châlit, entourée des apôtres, dont Pierre et son encensoir, Paul et les autres, exprimant la douleur, la compensation, la prière. Tous les personnages sont situés dans un ensemble architecturé avec pilastres, chapiteaux et coquille.

    Ci-dessous, ce tableau représente la décollation d'un saint. Cette huile sur toile date du XVIème siècle. Le traitement stylistique s'inscrit dans la tradition maniériste du nord de la France. Le saint n'est identifié par aucun attribut. Il reste anonyme, tout comme l'artiste qui l'a peint. En arrière plan, figure un château médiéval qui pourrait être celui de Bourbon-l'Archambault.

    Ci-dessous, chemin de croix en pierre de lave émaillée et orgue de 1880 comprenant 42 jeux, 2 429 tuyaux, 15 pédales d'accouplements et de combinaisons.

    Ci-dessous, le triptyque de la famille Aubéry, de 1603, est une huile sur bois dont l'auteur reste inconnu. Les trois panneaux illustrent la Nativité, la Crucifixion et la Résurrection. Le panneau de gauche décrit la naissance de Jésus dans une étable. La seule source de lumière est l'Enfant qui éclaire le visage des autres personnages. Sur le panneau central est peint le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean. Les personnages agenouillés sont les membres de la famille Aubéry, représentés par leurs saints patrons, qui se tiennent debout. Ce tableau fut offert par Hugues Aubéry et sa femme, Anne Rouher, pour leur chapelle collégiale. Hugues Aubéry était grenetier du grenier à sel de Moulins. Sur le troisième panneau est peinte la Résurrection. Les personnages sont très différents des autres panneaux. Classé Monument Historique en 1902.

    La piéta ci-dessous est une huile sur toile de 1613. C'est une représentation de la Vierge avec, sur ses genoux, le Christ qui vient d'être descendu de la Croix. Elle est entourée de saint Jean, de sainte Marie Madeleine, et des abbés de Cluny, saint Odilon et saint Maïeul. Cette peinture fut commandée à Jean Deloisy, artiste local, par Jean de Champfeu, maire de Moulins, et son épouse, Jeanne de Lyon.

    Le tableau ci-dessus, de 1654, appartient à un groupe de l'Annonciation. Il va de pair avec le tableau ci-dessous, lui aussi de 1654, avec la représentation de Gabriel qui lui fait pendant. Marie est agenouillée, bras croisés sur la poitrine, recueillie. Cette scène de l'Annonciation prend sa source dans l'Evangile de saint Luc, qui rapporte la venue de l'archange Gabriel auprès de la Vierge Marie pour lui annoncer qu'elle est destinée à enfanter un fils qui "sera appelé fils du Très-Haut". L'archange Gabriel tiens un lis à la main. Cet attribut succède à un bâton de messager et à un sceptre fleurdelisé, symboles adoptés au Moyen-Age, et remplacés à la fin du XVème siècle. La fleur de lis, également présente dans le blason de la ville Italienne de Florence, est très vite diffusée par les artistes Florentins de la Renaissance.

    Ci dessus, peinture à l'huile sur toile de Pierre Parrocel (1670-1739) datant de 1694, et représentant saint Joseph adorant l'Enfant Jésus. Ci-dessous, Assomption et couronnement de la Vierge Marie. Peinture du XVIIème siècle classée Monument Historique. La partie inférieure du tableau (tombeau vide entouré des douze apôtres) est fortement inspirée par un tableau de Raphaël. Cette oeuvre est remarquable par sa puissante écriture picturale.

    Judith et Holopherne, ci-dessus, est une huile sur toile du XVIIème siècle, représentant l'épisode biblique des deux protagonistes cités précédemment. Judith, héroïne juive, afin de sauver la cité de Béthulie, séduit Holopherne, le général Assyrien de Nabuchodonosor qui assiège la ville. Elle est souvent représentée tenant l'épée qui lui permettra de couper la tête d'Holopherne pendant son sommeil pour faire fuir les Assyriens. Ci-dessous, tableaux de saint Jérôme et Oracle de Débora.

    La peinture ci-dessous provient de l'ancienne chartreuse de Moulins. Elle date du XVIIème siècle, et représente la Vierge des chartreux. Elle comporte au premier plan deux religieux sur lesquels le peintre, inconnu, a voulu attirer le regard sur les tuniques de laine blanche. Ces scapulaires et ces capuces blancs sont portés par les frères chartreux, ordre fondé en 1084 par saint Bruno, et qui doit son nom au premier ermitage créé par celui-ci dans les Alpes, la Chartreuse. Les chartreux sont voués à la contemplation, cherchant une formule associant un érémitisme extrême et les exigences de la vie religieuse en communauté.


    La statue en marbre de Jeanne d'Arc, de la fin du XIXème siècle, rappelle son séjour à Moulins en 1429, au cours duquel elle demande de l'aide aux villes voisines pour nourrir et armer ses soldats, et ainsi continuer son avancée contre l'opposant.

    Ci-dessus, Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) est prêtre à Ars pendant plus de quarante ans. Très populaire pour sa piété et sa simplicité, il bénéficie après sa mort d'un culte qui se développera très rapidement.

    Plus bas, la statue de sainte Bernadette comporte des lignes élancées, épurées. elle est représentée agenouillée, en prière devant l'Immaculée Conception. Cette scène évoque les dix-huit apparitions survenues pendant l'année 1858 au rocher de Massabielle, à Lourdes.

    les personnages en costumes du bourbonnais

    le tryptique du maître de moulins

    La cathédrale Notre-Dame de Moulins possède en son sein ce qui est, pour beaucoup, un chef-d'oeuvre du patrimoine artistique mondial: le Tryptique du Maître de Moulins (photo ci-dessous), une merveille datant de la fin du XVème siècle ou  du début du XVIème siècle.  Cette peinture représentant la Vierge en gloire entourée de nombreux anges, fut commandée par le duc Pierre II de Bourbon et sa femme, Anne de Beaujeu, fille du roi Louis XI.

    Son génial créateur, malgré encore de nombreuse spéculations, fut Jean Hey, Néerlandais influencé par l'école Flamande, qui fut rattaché, à Moulins, au service de la cour des Bourbons. Chaque année, des milliers de visiteurs viennent admirer la sérénité du visage de la Vierge tenant l'Enfant Jésus, le flamboyant des couleurs, la magnificence des tissus, la délicatesse des mains, la douceur angélique des personnages.

    Les deux volets latéraux présentent les portraits des donateurs de l'oeuvre. A gauche, le duc Pierre II de Bourbon (1439-1503), présenté par saint Pierre, portant une tiare sur la tête. A droite, son épouse, la duchesse Anne de Bourbon, fille de Louis XI, et leur fille Suzanne. Au centre du panneau, apparaît la Vierge en gloire portant le Christ, et se détachant sur un fond de soleil décliné aux couleurs de l'arc-en-ciel.

    Des attributs traditionnels sont présents, tels la couronne qui surplombe sa tête, accentuant sa majesté, et le croissant de lune où reposent ses pieds. Autour d'elle, douze anges adoptent des postures d'adoration ou portent des phylactères sur lesquels figurent des textes tirés de l'Apocalypse. Classé Monument Historique en 1898.

    Le triptyque fermé (photo du haut) comporte sur l'extérieur des volets une Annonciation peinte en grisaille, une peinture en camaïeu gris qui donne l'illusion du relief. Marie est représentée sur le panneau de gauche, agenouillée et lisant. L'apparition de l'archange Gabriel sur la droite lui fait lever les mains en signe de surprise et d'effroi. Les deux personnages, entourés de trois anges, sont représentés dans une pièce close, la chambre de Marie. Gabriel teint à la main son bâton de messager. Classé Monument Historique en 1898.

    Dans la même pièce , se dresse un crucifix du XVIIème siècle en ivoire et bois d'ébène. Il est d'origine Espagnole. Dans les différentes alvéoles du socle se trouvent des peintures miniatures sur parchemin, relatives à la vie du Christ. dans le premier alvéole, sous la croix, se trouve une relique de saint Jérôme.

    Le triptyque de Béthléem, ci-dessus, est une peinture sur bois attribuée au peintre Flamand Joos Van Cleve. Sur le volet gauche, figure l'arrivée de la Vierge et de saint Joseph à Béthléem, et le refus de l'hôtesse de les laisser entrer. Le panneau central représente l'Adoration des bergers. L'Enfant Jésus repose dans une crèche qu'entourent des anges en adoration. Sur la gauche du panneau, se trouvent deux hommes en haillons, des bergers. Le panneau de droite représente la scène de la circoncision, sujet peu traité habituellement. La Vierge présente l'Enfant nu au grand prêtre. Classé Monument Historique en 1902. Photo issue d'internet.

    monseigneur de pons et monseigneur de dreux-brézé

    Monseigneur de Pons et Monseigneur de Dreux-Brézé furent étroitement liés à la cathédrale de Notre-Dame de Moulins. La statue de Monseigneur de Pons de La Grange figure sur la façade de la cathédrale, au premier niveau de la tour nord. Il est né en 1759 à Riom. Il étudie chez les oratoriens de Juilly, puis entre au séminaire de Saint-Sulpice. En 1817, il est désigné pour le siège épiscopal de Moulins, et devient le premier évêque de cette ville le 16 mai 1823. Il décèdera le 23 septembre 1849, et sera inhumé dans le caveau de la cathédrale.

    La chapelle épiscopale contient les objets dont Monseigneur de Pons se servait pour exercer son ministère. Malgré des moyens financiers limités, il était largement doté pour sa sacristie par les souverains. Par exemple, la chapelle du sacre est un don de Louis XVIII en 1823. Les différents objets sont en vermeil, et leur forme et leur iconographie sont tantôt empruntés au répertoire de la Renaissance avec un décor de rinceaux, de palmettes, d'atlantes ou de pilastres, tantôt à la forme baroque du XVIIème siècle. L'alternance des surfaces lisses et des surfaces burinées permet d'installer les scènes religieuses, et de créer le relief.

    La crosse de Monseigneur de Pons date de 1823. Elle se présente comme un long fût en métal précieux muni d'une hampe. Elle est l'insigne de dignité et de juridiction des évêques. Le crosseron est orné de feuilles de fougère, la hampe est ciselée de fleurs de lis. Son pontifical, de 1824, dit de Charles X est conçu de velours de soie, orfrois et lampas latté.  Il comprend une chasuble, deux dalmatiques et sept pluvials. Le pluvial est un grand vêtement couvrant tout le corps, et s'ouvrant par devant. Le manteau est sans ornement, en velours de soie rouge. Le chaperon et les orfrois présentent un décor végétal où se mêlent en guirlande, glycines, pampres, raisins, roses, volubilis et myosotis.

    Devant la chapelle du chapitre, se trouve une réplique de l'immense statue de saint Pierre de Rome. Haute de 190 centimètres et en bronze, elle prend place sur un siège de marbre blanc veiné de gris. Elle a été offerte à la cathédrale de Moulins par Monseigneur Pierre de Dreux-Brézé. La crosse du sacre de ce dernier date de 1849, et est très sobre et uniquement végétal à l'exception de la douille. Le crosseron se termine par une volute régulière qui s'enroule autour d'une croix Grecque. La douille est formée de quatre niches dans lesquelles viennent s'inscrire Notre-Dame, saint Louis, saint Pierre et saint Simon avec leurs attributs. Ces personnages sont les saints patrons de Pierre de Dreux-Brézé. Il subsiste également le ciboire lié à son sacre.

    Monseigneur de Dreux-Brézé renouvelle l'ensemble du vestiaire de la cathédrale. La chasuble reprend la forme usuelle du XVIème siècle. Le dos est orné d'un orfroi cruciforme, le devant porte un orfroi en forme de tau. La moire est brodée d'un semis d'ornements variés. La croix du dos est ornée de rinceaux brodés d'or et de soie polychrome bleu et rose. L'ensemble du décor est assez proche de la grammaire ornementale du second Empire, en dépit d'une forme et d'un retour à la broderie de l'époque médiévale.

    Une autre chasuble fait partie du pontifical offert par Napoléon III en 1853 à Monseigneur de Dreux-Brézé. L'ensemble est taillé dans un satin broché au décor néo-gothique de fleurs stylisées, à quatre pétales d'or brodées de rouge, et des médaillons rouges à seize côtés dans lesquels s'inscrivent des animaux fantastiques. Les orfrois sont composés de médaillons quadrilobés, dont neuf au dos forment la croix brodée de personnages sur fond de velours rouge. Cette succession de visages évoque les mosaïques du Moyen-Age qui résument l'histoire du salut.

    Au sein de l'église catholique, deux courants spirituels s'opposaient jadis. L'Ultramontanisme (du latin ultra montes, qui signifie "au-delà des Monts", c'est-à-dire de l'autre côté des Alpes, en Italie), auquel était dévoué l'évêque de Dreux-Brézé, s'oppose alors au Gallicanisme, prédominant largement en France à l'époque. Alors que le Gallicanisme s'affranchit, dans son organisation, de son rapport à Rome et au Pape, l'Ultramontanisme s'en revendique entièrement. L'évêque de Dreux-Brézé, qui est à l'époque, à 38 ans, le plus jeune évêque de France, occupera cette place de 1849 jusqu'à sa mort, en 1893. Préconisé à Rome par le Pape Pie XI, le 07 janvier 1850, il est consacré à Notre-Dame de Paris le 14 avril suivant, et prend possession de son siège épiscopal le 01er mai. Il est le premier évêque de France à établir le rite Romain dans son diocèse.

    Pierre Simon de Dreux-Brézé a fait à Moulins, ainsi qu'il le disait lui-même "tout comme à Rome". D'où l'agencement du choeur à la Romaine, qui implique un autel placé au centre et non au fond, et toujours coiffé d'une grande construction nommée Ciborium, construction en bois haute de plusieurs mètres. Cet autel permettait de dire la messe face au peuple. C'était pour l'époque, en 1878, une démarche très moderniste. Proche du Pape Pie IX, de Dreux-Brézé fit en sorte  que les chanoines de Moulins soient vêtus des mêmes vêtements liturgiques que ceux qui étaient utilisés au Vatican. Le cérémonial lui-même était différent. Il sera le premier évêque de France à porter le col Romain, et le diocèse de Moulins fut l'un des premiers en France à s'inscrire dans cette mouvance.

    l'église du sacré-coeur

    L'église du Sacré-Coeur s'élève dans l'ancien quartier des Mariniers. Elle est le symbole des quartiers bas de la ville, endroit longtemps marécageux et populaire. L'édifice actuel a remplacé l'église Saint-Nicolas devenue insalubre. La première pierre est posée le 08 avril 1844 grâce à la volonté de l'abbé Martinet. Monseigneur de Pons, premier évêque de Moulins est présent. Le projet de l'architecte Jean-Baptiste Lassus est alors adopté. Bénie en 1866, ce fut la première église paroissiale dédiée au Sacré-Coeur. elle fut achevée et consacrée par Monseigneur de Dreux-Brézé en 1881. Inscription aux Monuments Historiques le 30 septembre 1991.

    Le projet s'inspire de l'architecture gothique du XIIIème siècle, tout en privilégiant la beauté fonctionnelle à toute décoration superflue. Sa façade en est caractéristique, avec deux flèches qui encadrent la partie centrale dans la quelle s'ouvre le portail surmonté d'un étage de galerie et de rosace. Le tympan du portail central (photo ci-dessous) représente le Christ montrant son Sacré-Coeur, bénissant les fidèles, et entouré de saint Jean et de soeur Marguerite-Marie, dont les visions furent à l'origine du développement du culte du Sacré-Coeur.

    Le tympan du portail de gauche (première photo ci-dessous) illustre la Présentation de Marie au temple, tandis que celui du portail de droite (seconde photo ci-dessous) évoque les mariniers portant en procession le bateau symbole de leur corporation, donné alors à saint Nicolas, leur saint patron. Le Sacré-Coeur est en effet l'église de la paroisse Saint-Nicolas, ancien quartier des mariniers.

    Le chevet témoigne de l'équilibre des masses. Au premier niveau, les chapelles sont épaulées de contreforts à larmier. Le deuxième niveau, légèrement en retrait, est contrebuté d'arcs-boutants à une volée. Le chevet à l'ouest s'intègre au quartier des mariniers, en pleine mutation au XIXème siècle. Son intérêt architectural réside dans les masses extérieures qui sont véritablement le reflet des édifices médiévaux.

    Aucun Evangile ne décrit la scène représentée par le type de statuaire de la Vierge de pitié ou piéta. Cette statue en bois ci-dessus du XVème siècle représente la Vierge recueillant sur ses genoux le corps de son fils, et le serrant sur sa poitrine dans un dernier geste d'amour. La chevelure tombante du Christ, qui se répand sur la Vierge, et l'importance des drapés caractérisent cette oeuvre.

    La Vierge Noire ou des mariniers, ci-dessus, en bois du XVème siècle, provient de l'ancienne église Saint-Nicolas, et évoque la dévotion de la communauté des mariniers de l'Allier pour la Vierge, appelée "la bonne mère des mariniers". Elle était invoquée lors des moments difficiles de la navigation sur les rivières. Les mariniers promettaient des témoignages de reconnaissance qui prenaient souvent la forme d'ex-voto.

    Suspendu dans la nef au-dessus du portail principal se trouve un ex-voto (photo ci-dessus) de la communauté des mariniers. Il s'agit d'un vaisseau de guerre à trois ponts, en bois peint et sculpté. Le château arrière comporte deux rangées de fenêtres peintes sur le tableau. Les couleurs dominantes sont le noir, le rouge et le blanc. L'emplacement des sabords est évoqué par trois rangées de touches de couleur blanche.La quille est peinte en noire et deux bandes peintes, l'une en rouge, l'autre en blanc, la séparent de la batterie basse. L'équipement intérieur du bateau comprend, sur le pont, une petite barque. ce vaisseau ne comporte pas de voilure, mais de nombreux agrès. A la proue, à l'extrémité du mat de beaupré, est suspendue la couronne du chef de la communauté des mariniers, appelé roi des mariniers.

    Au cours d'une procession solennelle, les mariniers promenaient la bannière de leur communauté, la statue de saint Nicolas et le petit bateau qu'ils replaçaient ensuite dans l'église. La couronne ex-voto du roi des mariniers était portée sur un coussin et précédait le roi et son dauphin, c'est-à-dire son successeur, élu le même jour que lui. Les mariniers marchaient entre la bannière et la statue de saint Nicolas. Alors que les transports sur l'Allier se terminent avec la guerre de 1870, la procession subsiste encore quelques années.

    Ci-dessus, Saint Antoine de Padoue, franciscain et docteur de l'église. Vitrail plus bas: saint Benoit, abbé et Père des Moines d'Occident. Ci-dessous, Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, carmélite et docteur de l'église.

    L'église du Sacré-Coeur présente la particularité d'être tournée, non pas vers l'orient, mais vers l'occident, sans doute pour bénéficier de la place d'Allier comme parvis monumental. Il est dit que l'abbé Martinet avait voulu, en tournant la façade vers les bourgeois du centre-ville, les remercier pour leurs donations. Mais c'est avant tout à la volonté et à la ténacité de cet abbé que l'on doit cette église, lui qui trouva d'ailleurs sépulture (photo ci-dessous) ici, dans la chapelle des âmes du purgatoire.

    Ci-dessous, de haut en bas: vitrail de saint Lazare, vitrail de sainte Marthe, vitrail de sainte Madeleine, et baptistère.

    Présentation de Jésus au Temple,  huile sur toile de l'école Française, XVIIème siècle (photo ci-dessous). Cet épisode n'est évoqué que dans un seul Evangile, celui de Luc. Lé récit correspond à la venue de Marie et de Joseph à Jérusalem pour présenter leur nouveau-né au temple, et y effectuer un sacrifice. Un Juste, le vieillard Siméon, est poussé par l'Esprit saint à s'y rendre également, et reçoit l'Enfant dans ses bras. Dans cette oeuvre, de composition triangulaire, Joseph et Marie à gauche présentent Jésus. Siméon et Anne sont présentés à droite, l'iconographie de cet épisode biblique ayant progressivement insisté sur leur rencontre. Dieu le Père domine et bénit la scène.

    Ci-dessous, de haut en bas: sainte Marguerite-Marie, religieuse de l'Ordre de la Visitation, et vitraux de sainte Catherine, Sacré-Coeur de Jésus et saint Augustin.

    Le Sacré-Coeur de Jésus, entouré de vitraux, notamment de saint Christophe, Patriarche et saint Joseph.

    Ci-dessous, Sainte Anne, mère de la Vierge Marie, statue polychrome du XVIIème siècle. Vitraux du Patriarche Jessé, de sainte Anne et du Prophète Isaïe.

    Ci-dessous, Notre Dame de Fatima et vitrail de saint François-Xavier, missionnaire en Asie.

    Ci-dessous, Chaire en bois de 1880 comprenant les sculptures des quatre évangélistes (Mathieu, Luc, Marc, Jean) à sa base et, en son centre le Christ bénissant.

    Ci-dessous, de haut en bas: Evêque, statue en bois du XVIIème siècle, vitrail du XIXème siècle, baptistère en chêne sculpté.

    la maison-musée mantin

    Les photos présentant l'intérieur du bâtiment ont été transmises amicalement par Madame BAUDIN Cindy et sont la propriété du musée.

    Au coeur du quartier historique de Moulins, la maison-musée Mantin offre une plongée dans un autre monde, dans un univers de mystères qui abriterait un secret d'alcôve d'un autre temps. La demeure dessine par ellipse la personnalité de son bâtisseur, le très discret et secret multi-millionnaire Louis Mantin, collectionneur invétéré, et bourgeois cultivé, éclairé et humaniste. Avocat au barreau de Paris, puis haut fonctionnaire dans l'administration préfectorale avant de passer à la gestion de son colossal patrimoine, il consacra sa fortune et son temps aux arts, aux lettres, et aux voyages. (Crédit photos ci-contre et ci-dessous: J. Mondière).

    Discrétion voulue, clinique, calculée, pour s'immuniser de la bonne société Bourbonnaise, virulente envers les couples adultérins. Il restera fidèle à Louise  Allaise jusqu'à la fin, préférant vivre sa passion pour elle, à l'abri derrière les murs de sa maison, et fuyant mondanités, cercles fermés et vie publique.

    L'une des seules photos connues de Louis Mantin.

    Le salon rose. Crédit photo: J. Mondière.

    La richesse des collections et des ornementations de la maison, construite entre 1893 et 1896, lui confère un caractère unique. Si le lieu reflète l'esprit de la fin du XIXème siècle, il reste avant tout le miroir d'un homme passionné. Témoigner de la vie d'un bourgeois de son temps, tel était le voeu de Louis Mantin.

    Sans enfant et sans héritier, il légua sa villa aux pouvoirs publics, à la condition que sa demeure soit disponible à la visite cinq ans après sa mort, qui interviendra en 1905, à l'âge de 54 ans (Crédit photos ci-contre et ci-dessous: J. Mondière).

    C'est ainsi que la maison-musée a ouvert une première fois au public entre 1910 et les années 40. Après plusieurs décennies de sommeil, elle a été rénovée et rouverte aux visiteurs en 2010. A l'intérieur, c'est une succession vertigineuse de pièces et de couloirs, ornés de peintures, de livres, d'animaux empaillés, de bizarreries, de bibelots miniatures ou géants, de meubles, de sculptures. Une éclectique collection allant du sublime au banal, du néogothique au néo renaissance, en passant par les XVIIème et XVIIIème siècles. Figé pour l'éternité dans le romantisme du XIXème siècle, cette demeure expédie le visiteur dans un onirique dédale. Inscription aux Monuments Historiques en 1986. Crédit photo ci-dessous: J. Mondière.

    INFORMATIONS GENERALES

    Place du colonel Laussedat 03000 MOULINS

    www.mab.allier.fr

    Tél.: 04-70-20-48-47 - Mail: mab@allier.fr

    De septembre à juin: ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h et les dimanches et jours fériés de 14h à 18h.

    En juillet et août: ouvert du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et les dimanches et jours fériés de 14h à 18h30.

    Fermé le 01er janvier, 01er mai et 25 décembre.

    le musée anne de beaujeu

    Une partie des photos a été transmise amicalement par Madame BAUDIN Cindy et sont la propriété du musée.

    Cet édifice constitue l'un des premiers exemples d'architecture et de décor Renaissance construit en France. A son retour des campagnes d'Italie, le roi Charles VIII a ramené en France des artistes Italiens, qui ont certainement influencé l'architecture et le décor du bâtiment, datant des années 1498 à 1500.

    Il se compose d'un portique à l'Italienne dans lequel s'ouvre une tour percée de trois arcades. Ces dernières présentent une dense modénature au niveau des voussures et des écoinçons, déclinant tout le registre ornemental de la Renaissance. Aux oves et denticules se mêle un registre symbolique voué à la grandeur des Bourbon.

    Crédit photo ci-dessus: C. Parisey - Crédit photo ci-dessous: Chloé Sautron et Solenne Raynaud

    Le cerf ailé est un élément de leurs armes. Il apparaît sur de nombreux monuments dont ils furent propriétaires. Les cerfs ailés, dans les armoiries de Moulins, supportent l'écu et sont l'emblème de la maison de Bourbon. Ils sont soutenus par des chardons et un listel chargé de la devise: "D'Espérance mes ailes restent symbole". Aucun élément ne permet d'attribuer le décor de la façade à un artiste particulier. Photos ci-dessous: cerf ailé et chardon.

    La ceinture espérance est créée par le duc Louis II de Bourbon. Elle est d'azur aux broderies d'or bordées de perles, portant la devise "Allen", qui signifie "Tous", la devise des Bourbons étant "Tous ensemble au service de Dieu". Elle était la reconnaissance emblématique de la fidélité des seigneurs à leur duc. Elle est présente sur des édifices de la ville, ainsi que sur le cadre doré du triptyque de Maître de Moulins.

    Dans les écoinçons, des médaillons portent les initiales et les emblèmes des commanditaires, le duc Pierre II de Bourbon, aîné des Beaujeu, et la duchesse de Bourbon, son épouse (photo ci-dessus). Sur la clef de voûte sculptée au XVIème siècle, figure le monogramme de Pierre et Anne de Bourbon (photo ci-dessous).

    Dans la salle ci-dessus (crédit photo: Luc-Olivier Pierre), le visiteur pourra observer différents tableaux, dont "la déroute de Quiberon", de vers 1889 de Pierre Outin, relatant la mort du comte d'Harvilly et de ses soldats. Est exposé également "l'incendie dans les campagnes de Tours de 1881", de Jean-Paul Laurens. En hommage à Bonaparte, se dresse une statuette équestre, exécutée près d'un siècle après l'entrée au Caire de Napoléon en juillet 1798. De chaque côté de cette oeuvre, trônent "l'aigle expirant de Waterloo" et "le roi mort et le hibou".


    Lorsqu'au IIIème siècle les Barbares franchissent le Rhin et envahissent la Gaule, partout, sur le territoire menacé, les habitants enfouissent leurs réserves monétaires.

    En 268-269, un trésor monétaire fut dissimulé dans une cache murale intégrée dans l'épaisseur d'un mur d'une villa, et est exposé aujourd'hui au musée.

    Elle aussi présente au musée, une figurine féminine de 1160-1170, qui pourrait provenir du tombeau de saint Mayeul, et qui se rattache à un courant de sculpture romane Bourguignonne.

    Le tombeau de saint Mayeul se trouve dans l'église de Souvigny, à une dizaine de minutes de Moulins.

    Crédit photo ci-contre: Chloé Sautron et Solenne Raynaud.


    Les environs de Moulins ont fourni en grande quantité, surtout du 01er et IIème siècles, des petites figurines connues sous le nom de "terres cuites blanches de l'Allier", et qui ont été diffusées dans la totalité du monde Romain.

    Ces terres ont été utilisées aussi bien pour représenter des divinités, comme la déesse-mère du IIème siècle présente au musée, que pour fabriquer des petits vases, des jouets ou même des lustres.

    Crédit photo ci-contre: Chloé Sautron et Solenne Raynaud.

    Crédit photo ci-dessous:  Luc-Olivier Pierre.

    INFORMATIONS GENERALES

    Place du colonel Laussedat 03000 MOULINS

    Tél.: 04-70-20-48-47 - Mail: mab@allier.fr

    De septembre à juin: ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h et les dimanches et jours fériés de 14h à 18h.

    En juillet et août: ouvert du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et les dimanches et jours fériés de 14h à 18h30.

    Fermé le 01er janvier, 01er mai et 25 décembre.

    Crédit photo ci-dessus: Chloé Sautron et Solenne Raynaud.Crédit photo ci-dessous:  Luc-Olivier Pierre.

    l'ancienne caserne villars ou musée du costume de scène et de la scénographie


    Au XVIIIème siècle, une caserne de cavalerie d'une capacité de 272 hommes et 206 chevaux est construite. Son emplacement, qui doit être à la fois proche de la ville sans provoquer la gêne de la population, est choisi dans le quartier situé au-delà du pont Régemortes.

    La raison est l'importance de son parcellaire disponible, et surtout parce que ses terrains sont à l'abri des crues de l'Allier depuis la construction du pont et de ses levées.

    Le projet prévoit  la construction d'un vaste bâtiment en fond de cour encadré de deux ailes plus basses en retour d'équerre, et de deux pavillons d'entrée encadrant un portail monumental.

    Photos ci-dessus et ci-contre: crédit CNCS/Pascal François.

    Sa création s'inscrit dans le cadre de la réforme de l'armée entreprise par le duc de Choiseul sous Louis XV, visant notamment à mettre fin aux désordres causés par l'hébergement des soldats en ville. Il est décidé de nommer la caserne du nom du maréchal de Villars, né à Moulins en 1653, et vainqueur de Denain.

    La première pierre est posée le 07 octobre 1770. Ce vaste ensemble militaire est une illustration des principes de l'architecture de la fin du XVIIIème siècle, et un champ d'investigation pour les innovations techniques de cette époque. En effet, l'ancêtre du béton armé est utilisé. Photos ci-dessous: crédit Jean-Marc Teissonnier/Ville de Moulins.

    Costume de scène de Rudolf Noureev

    Crédit photo CNCS/Pascal François

    Costume de scène de Rudolf Noureev

    Crédit photo CNCS/Pascal François

    Renaud, blouson en cuir et bandana portés pour la tournée « Boucan d’enfer », 2003.  © CNCS / Florent Giffard

    Alain Bashung, costume de Jean Colonna porté lors de la « tournée des grands espaces », 2003  © CNCS / Florent Giffard

    Les trois escaliers en grès de Coulandon (photo ci-dessous: crédit CNCS/CPulvery) armés de fer offrent, avec leurs garde-corps monumentaux et leurs piliers hardis, le témoignage d'une grande maîtrise de la stéréotomie, ou science de la taille de pierres. Ces escaliers sont conçus pour permettre une mobilisation rapide des soldats qui peuvent ainsi rejoindre rapidement les écuries du rez-de-chaussée. On évite les planchers pour obtenir l'incombustibilité des bâtiments. Pour se faire, on utilise un procédé original, unique en architecture militaire: la "voûte sarrazine". Photo ci-dessus: crédit Jean-Marc Teissonnier/Ville de Moulins.

    Costume de Barbara, Hippodrome de Pantin, 1981. © CNCS / Florent Giffard

    Costume porté par Claude François.  © CNCS / Florent Giffard

    Les chambrées étendues sur deux niveaux sont de vastes salles carrées, couvertes de voûtes plates composées de briques appareillées sous-tendues par des tirants de fer plat ancrés dans les façades. En 1984, le bâtiment principal est classé Monument Historique par décret ministériel, ce qui lui permet d'éviter la démolition. En 2006, le lieu est transformé en un Centre National du Costume de Scène et de la Scénographie, première institution de ce type au monde. Il conserve 8 500 costumes, dépôts provenant de l'Opéra National de Paris, la Comédie Française, et la Bibliothèque Nationale de France, ainsi que des toiles de décor peintes. Photo ci-dessus: crédit Jean-Marc Teissonnier/Ville de Moulins.

    CENTRE NATIONAL DU COSTUME DE SCENE

    Quartier Villars, Route de Montilly 03000 MOULINS

    www.cncs.fr

    Tél.: 04-70-20-76-20/Fax: 04-70-34-23-04

    Ouvert tous les jours du lundi au dimanche inclus (voir horaires et tarifs sur le site du CNCS).

    Photos ci-contre et ci-dessus: crédit CNCS/Pascal François

    Photo ci-dessous: crédit Jean-Marc Teissonnier/Ville de Moulins

    l'hôtel de mora ou musée de l'illustration jeunesse

    Une partie des photos a été transmise amicalement par Madame BAUDIN Cindy et sont la propriété du musée.

    L'hôtel de Mora, de 1750, fut construit pour servir de résidence à la famille Cordier de Veauce. A partir de 1866, il est la propriété du marquis Moreno de Mora. Bâti entre cour et jardin, il est caractérisé par une architecture pleine de rigueur, symétrie et ordonnance classique. Sa façade avec pavillon axial comporte un fronton avec cartouche portant le monogramme des Moreno de Mora. Inscrit aux Monuments Historiques en 1985.

    La tour d'escalier ci-contre fait partie d'un logis ayant appartenu à Guillaume Lespinot, chanoine et aumônier de la duchesse de Bourbon puis, à la fin du XVème siècle, à André Brinon, lieutenant général des finances du duc Jean II de Bourbon. Cette construction, située dans la cour orientale de l'hôtel, est décorée de pinacles et de choux frisés. Il n'existe pas de liaison entre l'hôtel et ses dépendances construites en retour d'équerre sur la rue.

    Son portail à deux vantaux comprend deux médaillons sculptés au chiffre des deux propriétaires, le tout s'inscrivant dans un portique avec corniche.Les écuries du XVIIIème siècle, dont des têtes de licornes marquent l'entrée, comportent de larges ouvertures en plein cintre, ainsi que des combles superposés.

    Aujourd'hui, le bâtiment abrite le musée de l'Illustration Jeunesse qui conserve plus de 3 400 planches originales de styles et de courants variés. Il possède également une collection de plus de 11 500 albums illustrés et ouvrages d'analyse de l'illustration jeunesse, dont certains sont consultables en libre accès dans la salle de lecture. Crédit photo ci-dessus et ci-dessous: Luc-Olivier Pierre.

    Crédit photo: J. Mondière.

    Crédit photo: P. Letendart.

    Crédit photo: P. Letendart.

    Crédit photo ci-dessus: P. Letendart.

    INFORMATIONS GENERALES

    26, Rue Voltaire 03000 MOULINS

    www.mij.allier.fr

    Tél.: 04-70-35-72-58 - Mail: mij@allier.fr

    De septembre à juin: ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h et les dimanches et jours fériés de 14h à 18h.

    En juillet et août: ouvert du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30 et les dimanches et jours fériés de 14h à 18h30.


    Fermé le 01er janvier, 01er mai et 25 décembre.
    Crédit photo ci-contre: P. Lentendart.

    la mal-coiffée

    Pour toutes les photos de cet article: château des ducs de Bourbon (Conseil Départemental de l'Allier).

    La Mal-Coiffée est l'ancien donjon du château des ducs de Bourbon. Cette tour, majestueuse, culmine avec force au-dessus du centre-ville de Moulins. Ce nom lui vient de sa toiture, ajout moderne à cette massive tour de pierre du XIVème siècle. En effet, elle était dépourvue de créneaux, et son toit avait été creusé pour servir de citerne. Lorsque le duc Louis II l'aperçoit pour la première, il s'exclama: "c'est une belle tour, mais elle est mal coiffée". Elle était la tour maîtresse du "chastel de Moulins" ou "palais ducal", couvrant une période architecturale de la fin du XIVème jusqu'au début du XVIème siècle.

    La chambre du duc Louis II où il pouvait recevoir, selon l'importance du visiteur.

    Poutre maitresse d'un seul tenant, taillé dans un chêne de la forêt de Tronçais, et datée de l'hiver 1399-1400.

    Elle comprend sept étages au-dessus du sol, et rois en-dessous. Chaque étage possède deux salles ornées d'une cheminée. Cet édifice est, avec le pavillon Anne de Beaujeu, l'unique vestige du château, résidence principale pendant plus de deux cent ans des ducs de Bourbon. Elle témoigne d'une histoire passionnante où se croisent différentes époques, de la grande saga des Bourbons et l'Histoire de France, jusqu'aux heures sombres de la seconde guerre mondiale. Classée Monument Historique en 1875.

    A partir du XVIIème siècle, la Mal-Coiffée servit de prison. En 1632, la duchesse de Montmorency y est incarcérée. En 1840, la prison occupe le rez-de-chaussée, ses étages bas et quelques bâtiments attenants. Le 18 juin 1940, les troupes de l'occupation arrivent à Moulins. La ligne de démarcation passe à Moulins. La Mal-Coiffée se trouve en zone occupée. Très tôt, les Allemands procèdent à des internements, et y installent un poste pour surveiller l'activité du personnel pénitentiaire Français.

    En 1942, la Mal-Coiffée devient le centre de regroupement des personnes arrêtées dans toute lé région. En 1943, les Allemands assurent eux-mêmes le contrôle et la surveillance de la prison. La Mal-Coiffée devient alors une prison militaire Allemande, et elle sera réservée aux responsables de "crimes et délits graves" commis contre les Allemands.  Le régime carcéral, déjà sévère, se durcit. Ce fut une prison à caractère antisémite, politique et militaire. Elle devint le fief de la Gestapo, de la Feldgendarmerie et de l'armée.

    L'exposition des photos, réalisées par René Jonard le 06 septembre 1944, témoigne de l'horreur qu'ont vécu les prisonniers durant cette période.

    Le parloir utilisé après la seconde guerre mondiale jusqu'à la fermeture de la prison. Ci-dessous, le mitard. La pièce est tellement petite qu'il est impossible pour un homme de s'allonger.

    Il y eut une multiplication des interrogatoires, des tortures, des régimes d'exception. Pour parvenir dans les sous-sols, le prisonnier, entravé, empruntait un escalier tournant aux marches étroites qu'il lui arrivait de descendre "très rapidement". Tous les rescapés de cette noire période s'accordent à dire que le seul gardien Allemand qui avait une once d'humanité se prénommait Steffen. On amenait les prisonniers dans des autocars portant une plaque spéciale POL. La déportation vers les camps d'extermination est le sort réservé à bon nombre de prisonniers. 10 000 d'entre eux seraient passés par les geôles de la Mal-Coiffée. Encore de nos jours, on peut apercevoir les traces des drames qui s'y sont déroulés, avec les nombreux graffitis gravés par les détenus sur les murs (photos ci-dessous).

    Quelques-uns des 66 prisonniers de la Mal-Coiffée partirent dans le dernier convoi pour les camps, le 25 août 1944. Ils furent emmener à la gare de Moulins et transféré à Belfort en vue de leur déportation. Les hommes furent envoyés à Buchenwald, et les femmes à Ravensbrück. Très peu en revinrent. Après la libération, le site gardera son statut de prison jusqu'en 1984.La dernière exécution eut lieu dans la cour du château en 1948.

    Les femmes qui ont fait partie du dernier convoi.

    Les portraits des hommes partis pour les camps le 25 août 1944.

    Les portes de l'enfer où le détenu était obligé de se baisser fortement, humiliation supplémentaire et signe de soumission devant ses geôliers.

    Jacques Bloch, encore enfant aux moments des faits, fut l'un des rares survivants du dernier convoi.

    Une première phase de fouilles a eu lieu dans la cour des hommes, cour de promenade de la prison (photos ci-dessous), où celle-ci devait s'effectuer en tournant en rond et dans le plus grand silence. Ces travaux ont permis de mettre au jour la pâtisserie et l'office du château. Une seconde campagne a permis de distinguer les différentes époques qui ont marqué le site, des banquets fastueux de la dynastie des Bourbon aux repas des prisonniers.

    Tout le bâtiment n'est pas ouvert aux visites. En effet, certains lieux seraient un peu répétitifs avec ce qui est proposé, mais aussi pour des raisons de sécurité. Certains secteurs sont très vétustes et nécessitent de lourds travaux. Néanmoins, certains endroits fermés recèlent quelques trésors d'architecture (voûtes en pierre taillée, statuettes...) qui, peut-être un jour, seront proposés aux yeux des visiteurs.

    L'oratoire du duc Louis II.

    Vitrail de l'oratoire et, ci-dessous, plafond exceptionnellement conservé.

    les graffitis de la mal-coiffée hors seconde guerre mondiale

    Pour toutes les photos de cet article: château des ducs de Bourbon (Conseil Départemental de l'Allier).

    vues de moulins depuis la courtine de la mal-coiffée

    Pour toutes les photos de cet article: château des ducs de Bourbon (Conseil Départemental de l'Allier).

    les tours

    le jacquemart


    La tour-horloge Le Jacquemart, veille sur la ville depuis 1455, date de la fin de sa construction. La capitale des Bourbons tient avec cette tour altière un édifice digne de la puissance du duché, et est le plus grand orgueil de Charles Ier de Bourbon qui, quatre plus tôt, a approuvé sa construction. Moulins comptait déjà depuis l'an 1400 deux tours d'horloge, celle des Halles et celle de la Geneste. Ce beffroi fut édifié grâce à l'impôt des habitants de la ville et des communes alentours.
    le mouvement de l'horloge est relié par une chaîne à un sonneur dont le marteau s'abat sur une cloche aux armes du duc, de la duchesse et de la ville. Les tours ont valeur de symbole: celui des libertés communales définies dans les chartes de franchise. L'édifice possède son gouverneur, chargé de veiller au bon fonctionnement du mécanisme. Classée Monument Historique en 1929.

    Dans la nuit du 20 au 21 novembre 1655, le feu prend dans les anciennes halles, près de la collégiale, et se propage à la tour. Une partie de l'édifice est détruit.

    Les autorités décident de le réparer et de le doter de trois cloches et de quatre automates, personnages en bois recouvert de plomb.

    Jacquemart et sa femme Jacquette frappent la plus grosse des cloches de 4.250 kg. les deux petites cloches de 125 et 150 kg sont réservées aux enfants, Jacquelin et sa soeur Jacqueline. Les parents égrènent les heures, et les enfants se chargent d'indiquer les quarts d'heure.

    En 1946, le beffroi est de nouveau partiellement détruit par un incendie provoqué par des feux de Bengale tirés du sommet de sa tour pour célébrer l'armistice. Il est reconstruit dans la foulée, identique à celui du XVIIème siècle. Il est prévu que les restaurateurs doivent graver sur la pierre des vermicules, des formes bien particulières imbriquées les unes dans les autres. C'est alors que leur vient l'idée d'y mêler leurs noms, pas forcément visible au premier coup d'oeil.

    Les automates sont recouverts de cuivre, et le mécanisme est électrifié. Dès la fin du XIVème siècle, les automates se propagent en France. Le bruit du marteau sur la cloche rythme les activités de la ville et ces figures de fer, de plomb et de bois sont appelées "Jacquemart". Sur l'origine du mot, les avis divergent. On parle d'un inventeur Flamand du nom de Jacques Marc. On évoque aussi la Jaque, la tunique dont sont revêtus les automates.

    la tour bardelin et la tour cailhot

    La Tour Bardelin (XIVème-XVème siècles), ci-dessus, fait partie de la première mention d'un château, remontant au milieu du XIème siècle, et désignant peut-être une forteresse implantée par Archambaud II sur une éminence proche du pont et protégée par un étang, des marécages, et un cours d'eau.  La première enceinte est encore visible sur le parcellaire urbain. Elle était constituée d'un rempart crénelé jalonné de tours, qui couvrait la défense au nord, à l'est et au sud, ainsi que le côté occidental de la ville surplombant un bras de l'Allier. Les fossés, élargis en 1431, sont abandonnés au XVIème siècle lors de la construction d'une seconde enceinte, plus large, puis sont comblés en 1767. Les tours des portes fortifiées sont réparées en 1457, et le site est adapté aux nouveaux projectiles, apparus au cours de la guerre de Cent Ans. La Tour Cailhot (XIVème-XVème siècles), ci-dessous, est un vestige de l'ancien système de fortification du Moyen-Age. La terrasse évoque l'ancien point de communication entre deux tours.

    la tour de la poudrière

    La tour de la poudrière est due au développement de la ville aux XVIIème et XVIIIème siècles,  où il fut envisagé la construction d'une seconde enceinte destinée à englober et défendre les nouveaux quartiers occupés par les nombreuses communautés religieuses. L'ensemble dessinait un pentagone dont le côté ouest était délimité par l'Allier, le sud par un rempart de type médiéval flanqué de deux tours rondes. La partie est comportait des dispositifs bastionnés faits de remparts et de fossés de terre peu élevés et implantés en zigzag. Cette tour est l'un des seuls témoins de cette seconde enceinte.

    demeures historiques

    l'hôtel d'orvilliers

    L'hôtel d'Orvilliers a subi de nombreuses transformations. Il subsiste en façade, et dans la cour intérieure des éléments de construction du XVème siècle. C'est dans cette maison que serait né l'amiral d'Orvilliers. La cour intérieure conserve une tour d'escalier en vis avec des fenêtres du XVème siècle. La porte est surmontée d'une accolade décorée de feuilles de choux frisés, et d'un personnage sculpté, traité en cul-de-lampe, et tenant un écu où se trouvait probablement le blason des Carmone, anciens propriétaires de la maison. Un autre personnage, le moine lisant, évoque le thème du livre ouvert. Trois gargouilles s'avancent sur la rue. L'une représente un homme difforme au cou énorme, qui expose son derrière.

    bâtiment en pans de bois

    Le bâtiment ci-dessus, inscrit aux Monuments Historiques en 1926, est construit en pans de bois, à l'exception du rez-de-chaussée et de l'escalier, qui sont en grès. Cette maison appartenait au XVème siècle à Thierry de Clèves, valet de chambre et chirurgien du duc Jean II. La distribution des corps de bâtiment s'organise autour d'une cour intérieure ouverte sur la rue. La façade arrière est supportée par des piliers en bois qui délimitent une galerie couverte, autrefois prolongée tout autour de la cour commune sous  forme de cloître, cette galerie permettant d'abriter les étals des marchands. Sur cet emplacement, étaient installées les halles de la ville jusqu'à l'incendie survenu au XVIIème siècle, dont cette maison est l'unique rescapée. L'appareillage en pierre de grès présente un décor sculpté aux motifs de choux frisés. La porte intérieure est surmontée d'une accolade, et entourée de pinacles.

    l'hôtel demoret

    A l'emplacement de l'actuel hôtel DEMORET, au XIVème siècle, se trouvaient une maison et une chapelle. La particularité de cet édifice est  que le plan choisi est celui d'un château, avec une chapelle et une cour intérieure accessible par deux arcades permettant le passage des charrettes.  Vers 1440, la propriété est reconstruite en conservant la chapelle dont le pignon est encore visible. D'autres remaniements seront apportés au XVIIème siècle. La façade comporte un appareillage de pierre soigné, dans lequel s'ouvrent de hautes fenêtres.

    Situé aux abords de l'ancienne enceinte médiévale, ce bâtiment est l'un des plus anciens exemples de l'habitat privé au temps des ducs de Bourbon. Il a été édifié en 1440 par Guillaume Cadier, président des Comptes du Bourbonnais l'époque du duc Charles Ier. Au XVIIème siècle, Jean Coiffier, procureur au bureau des finances, seigneur de Demoret à Trévol, devient propriétaire de cet hôtel. Il orne la façade, au-dessus de la porte cochère, d'une pierre sculptée à ses armes. Ce sont ces armes qui donnèrent à l'hôtel le nom de Demoret.

    La porte cochère permet d'accéder à un passage qui débouche sur les cours, anciens fossés des remparts de la ville. Comme vu plus haut, des armes demeurent inscrites au-dessus de la porte cochère (photo ci-dessous). L'ensemble de la construction est constitué d'un appareillage de pierre très soignée. Ce bâtiment constitue un bel exemple de demeure urbaine médiévale. Inscrit aux Monuments Historiques en 1929.

    l'hôtel de la ferronays

    L'hôtel de la Ferronays aurait appartenu en 1460 à Louis de Beaufort, et était nommé "l'hôtel où pend l'enseigne de l'ours". La façade sur rue comporte une élévation sur deux niveaux. Une porte cochère, à deux vantaux sculptés mêlant le décor végétal et deux bustes dans des médaillons, prend place au milieu de la façade. Le premier étage comprend, devant les fenêtres et au niveau du balcon, un décor de ferronnerie des XVIIIème et XIXème siècles, soutenu par des atlantes au corps engainé. Inscrit aux Monuments Historiques en 1977.

    maison à pans de bois

    Le paysage urbain de Moulins comprend plusieurs maisons à pans de bois de la fin du XVème siècle. La verticalité de celle présentée ci-dessus est accentuée par le pignon protégé par la structure en bois. Cette maison a appartenu à Lorin de Barres, officier ducal, secrétaire de la dépense de l'un des derniers ducs de Bourbon. Inscrit aux Monuments Historiques en 1927. Le décor sculpté ci-dessous est présent dans les différents niveaux d'élévation de cette demeure, tant au niveau de la structure en bois que de la pierre de taille du rez-de-chaussée. L'élément le plus notable est une frise où alternent métopes et triglyphes. Les métopes sont ornées de motifs évoquant le sacrifice d'animaux antiques; les bucranes, crânes de bovins alternent avec des patènes, récipients destinés à recevoir le sang des animaux sacrifiés.

    l'hôtel d'ansac

    L'hôtel d'Ansac succède à une demeure ayant appartenu au XVème siècle à Pierre Popillon, seigneur d'Ansac, qui fut emprisonner à la Bastille suite à la "trahison des Bourbons". En 1760, Louis XV acquiert le bâtiment pour en faire l'intendance de la généralité de Moulins. Après la révolution, c'est la résidence des préfets puis celle des deux premiers évêques de Moulins. En 1906, lors de la séparation de l'église et de l'état, l'édifice devient la propriété de la ville. Cet ancien hôtel particulier témoigne encore de son importance par sa masse, et la taille de son parcellaire dans la ville.

    l'ancienne halle au blé

    L'ancienne halle au blé, du XVIIème siècle, fait face à la collégiale. Elle est le lieu où se tient la marché aux céréales. les réserves sont alors au rez-de-chaussé, les transactions se déroulant sous les arcades. Elle comporte un rez-de-chaussée du XVIIème siècle ouvert en façade par une série d'arcades en plein cintre, au décor de briques rouges et noires, et de médaillons de pierre blanche dans les écoinçons. Au XVIIIème siècle, elle est surélevée d'un étage percé de quatre baies agrandies au XIXème siècle, mais qui onr conservé leur ferronnerie du XVIIIème siècle. Un appareillage de briques noires et roses se prolonge sur toute la façade. Classée Monument Historique en 1939.

    l'hôtel de ville

    L'hôtel de ville (1822-1829) est caractéristique de l'architecture néo-classique, et s'inscrit dans un parcellaire irrégulier. La façade ouest donne sur la place de l'ancien marché aux vaches, devant le Jacquemart, et constitue l'entrée principale. Il s'agit d'une façade tripartite, comportant deux niveaux séparés par un entablement dorique. Six colonnes  d'ordre Toscan règnent au rez-de-chassée entre cinq grandes ouvertures en plein cintre. Six colonnes d'ordre ionique sont placées en avant des six grandes portes-fenêtres du premier étage qui éclairent la grande salle. Cette colonnade supporte un entablement composé d'une architrave à trois faces, d'une frise sur laquelle sont inscrits les mots "hôtel de ville", et d'une corniche moulurée. Les piédestaux au-dessus des colonnes devaient probablement accueillir des statues qui, au final, n'ont pas été construites. Un cartouche présentant les armes de la ville est placé au centre. Inscrit aux Monuments Historiques en 1987.

    Le grand salon, ou salle d'apparat  a connu de multiples réfections et restaurations. Après l'incendie de 1878, sont conservés les rosaces du plafond, les corniches à modillons et denticules, ainsi que les décors de panneaux au-dessus des portes dont le relief est souligné par des dorures. La bibliothèque est de type traditionnel du XVIIIème siècle. La salle est entièrement boisée, très grande et éclairée par cinq fenêtres. Elle s'élève sur deux niveaux. On peut apercevoir des pilastres doriques et une galerie à balustrade qui fait le tour de la salle. Le plafond est constitué de caissons de bois. L'ensemble des bâtiments s'organise autour d'une cour carrée bordée d'arcades au rez-de-chaussée sur trois côtés. Le bâtiment ne comporte pas d'escalier monumental, mais deux escaliers principaux. L'un à mur d'échiffre ouvre sur la grande salle, et l'autre, à quatre volées mène à la bibliothèque. Classée Monument Historique en 1987.

    l'ancien collège des jésuites

    L'ancien collège des Jésuites date du XVIIème siècle, et est classé Monument Historique, tout comme le plafond de l'ancienne bibliothèque (1680-1684) du peintre Giovanni Gherardini classé en 1943. Le 26 juin 1604, il est autorisé à établir un collège des Jésuites à Moulins. L'édifice s'articule autour d'un bâtiment central en retrait auquel s'ajoutent deux ailes en retour d'équerre. Les matériaux employés sont la brique, qui alterne avec la pierre de taille, qui souligne les ouvertures et délimite les étages. En 1761, un arrêt du Parlement ordonne la fermeture des établissements Jésuites. Le collège de Moulins, qui enseignait les lettres humaines en six classes, ferme ses portes le 30 mars 1762. L'église, prévue dans l'aile droite reste inachevée. L'administration de l'Empire attribue les locaux au tribunal de la ville, nouvellement érigée en chef-lieu du département. C'est encore le cas de nos jours.

    l'hôtel de garidel

    L'hôtel de Garidel possède une façade de style Régence qui est très riche par ses éléments décoratifs et la variété de ses matériaux. La polychromie procède de l'emploi de briques roses et noires, contrastant avec les pierres de taille. Cette alternance crée tout un ensemble de ressauts et de décrochements dans la façade. Les ferronneries des garde-corps règnent sur les deux niveaux, et leur décor est constitué de volutes en flot, de courbes et de contre-courbes, de fleurons à grains et à flammes. Le décor s'organise autour des panneaux de brique animés de figures de sauvages qui tiennent dans leur bouche les maillons d'une chaîne, au bout de laquelle pendent les oculi. Les agrafes et les coquilles contribuent à ce répertoire ornemental.

    l'hôtel de balorre

    L'hôtel de Balorre possède une façade sur cour en grès de Coulandon qui est inchangée depuis sa construction en 1761. La cour intérieure, aux dimensions réduites, très enserrée entre de hauts murs, est caractérisée par un décor de briques noires et rouges. A l'intérieur, le décor du XVIIIème siècle est resté en l'état, avec notamment une bibliothèque Louis XV en noyer clair. Inscrit Aux Monuments Historiques en 1988.

    l'hôtel dubuisson de douzon

    La cour intérieure, et une partie de l'immeuble ont conservé leur décor de la fin du XVIème siècle. La façade principale en grès de Coulandon est imposante par l'alignement de ses douze portes-fenêtres de l'étage avec balcons, qui devaient être dorés au XVIIIème siècle. Le décor des ferronneries des balcons est Louis XV, avec les chiffres "DD". La cour intérieure dévoile une ordonnance plus ancienne. De la bouche d'un faune barbu portant des acores odorants, sortait un robinet alimentant en eau fraîche une grande auge destinée à conserver le poisson. L'intérieur compte également deux escaliers principaux, une série de pièces de réception donnant à l'étage, et des pièces lambrissées et décorées de boiseries à panneaux au rez-de-chaussée.

    l'hôtel de rougé et l'ancien hôtel de rochefort

    L'hôtel de Rougé, ci-dessus, comporte une façade longue de 25 mètres, et s'ouvre sur un parc de plusieurs hectares au coeur de la ville. Il est construit avec un appareillage de grès qui accentue la monumentalité de l'ensemble. Le premier étage est percé de neuf fenêtres très hautes, précédées de balcons en ferronnerie et fonte. Le balcon central est agrémenté d'un décor plus chargé. Un panneau encadré de pilastres cannelés présente un cartouche agrafé dans le bas d'une palmette au chiffre des propriétaires de l'hôtel, la famille Rougé, descendants des Bourbons. Inscrit Aux Monuments Historiques en 1968. Ci-dessous, ancien hôtel de Rochefort, Inscription Supplémentaire Aux Monuments Historiques.

    l'hôtel chabot et porte classée

    L'hôtel Chabot comprend un corps de logis précédé d'une cour d'entrée flanquée de deux pavillons. Ces derniers sont ouverts, sur rue, par une fenêtre et deux lucarnes, et sur cour par plusieurs portes cochères. Les combles brisés sont couverts d'ardoises. Entre les pavillons est disposé le portail à deux vantaux de bois. Inscrit Aux Monuments Historiques en 1963. Ci-dessous, porte classée Monument Historique.

    ancien château d'eau

    Seule la décoration du fronton symbolisant les eaux trahit l'ancienne fonction de cet édifice, qui était le premier château d'eau de Moulins. Il a été bâti en 1759, et a l'apparence d'une maison d'habitation avec portes et fenêtres. Il était alimenté par les eaux du Bardon et de Grillet, recueillies dans une grande cuve avant d'être distribuées par un réseau de canalisations aux fontaines. Le décor sculpté du fronton dévoile les armes de la couronne de France, et celles de Monsieur De Bérulle, intendant à Moulins. L'héraldique se mêle aux motifs allégoriques symbolisant l'eau, et rappelant la fonction du bâtiment.

    ancien couvent des visitandines

    Après bien des efforts, Moulins obtient du Premier consul Bonaparte la création d'un lycée dans l'ancien couvent des Visitandines, pour une centaine d'élèves. Il est inauguré le 16 juin 1803, et est le premier lycée de France. En 1895, il reçoit le nom de Théodore de Banville en hommage au poète originaire de la ville. La monumentalité du portail d'honneur témoigne de la fierté des Moulinois envers leur lycée. Il est encadré de deux colonnes soutenant un entablement décoré des médaillons à l'effigie de Descartes et Cicéron. Il est également couronné d'une horloge dont l'heure est indiquée par la gueule ouverte d'un serpent écrasé par le coq Gaulois. Un cartouche porte une inscription latine: "Scientia Hominis Ornamentum et Solatium".

    l'hôtel de chavagnac

    L'hôtel de Chavagnac est presque entièrement reconstruit sous le second Empire à l'emplacement d'un hôtel plus ancien. Il se compose d'un logis qui occupe toute la parcelle de terrain. Ce dernier donne sur une cour d'honneur séparée de la rue par deux petites ailes de communs flanquant le portail d'entrée. Au fond du jardin, s'élève une fabrique, sorte de petit temple dans le goût du XVIIIème siècle. Un passage souterrain, accessible par deux rampes, relie la cour au jardin et permet le transport des engrais sans passage par les appartements. Cet hôtel comporte un décor intérieur globalement mélangé, au luxe chargé caractéristique de cette époque. Inscrit aux Monuments Historiques en 1987.

    Une grande porte cochère à deux vantaux s'inscrit dans une travée ionique. Deux pilastres à bossage vermiculé alternant avec des cannelures ornées de trèfles supportent un entablement. La frise est gravée de rinceaux de vignes et surmontée d'une corniche à deux corps de moulures saillantes. Au centre, deux volutes affrontées ornent l'ensemble. Une arcade s'inscrit dans cet entablement, formée d'un arc en plein cintre. Un masque de lion grimaçant orne la clef. Les panneaux de chaque vantail de la porte sont garnis de ferronnerie à volutes, et sont doublés intérieurement de volets. Inscrit aux Monuments Historiques en 1987.

    la maison serardy

    La maison Serardy est fondée vers 1835, et produisait de la limonade et des sirops. En 1898, Bernard Serardy, ancien compagnon du Tour de France, succède à son père et connaît un grand succès avec un chocolat baptisé "le palet d'or". Son créateur est le premier à utiliser l'or en paillettes comme décor de chocolat, à base de crème fraîche et de café. Le magasin a conservé le décor de la fin du XIXème siècle. L'école des beaux-arts de Moulins réalise dans un style Louis XVI, un plafond orné d'une toile peinte en trompe l'oeil. Les murs sont recouverts de boiseries sculptées et dorées à l'or fin.

    l'ancien hôpital saint gilles

    L'ancien hôpital Saint-Gilles est fondé par Pierre II et Anne de France, et destiné à recevoir vingt malades, hommes et femmes, vivant en ville. En 1562, les Huguenots causent d'importants dégâts à l'édifice avant de partir, sans avoir pu conquérir la ville. Au XVIIème siècle, le maréchal de Saint-Geran, gouverneur du Bourbonnais, et les échevins de la ville demandent aux religieux de Saint-Jean-de-Dieu de prendre Saint-Gilles en charge. Ces frères hospitaliers relèvent alors l'hôpital afin d'accueillir plus de malades.

    le théâtre

    Photo ci-dessus, le cours du théâtre, et ci-dessous, le théâtre actuel de 1847.

    le cercle bourbonnais

    Ce bâtiment abrite dès 1874 le Cercle Bourbonnais, cercle littéraire où se retrouvent l'aristocratie, les militaires et les magistrats. Il se compose d'un pavillon central et d'une aile en retour d'équerre. L'ensemble s'ouvre sur une terrasse qui domine le cours Anatole France. Son architecture reprend les principes néo-Louis XIII: brique et pierre blanche, verticalité, toit en pavillon. Construit par l'architecte René Moreau, également "auteur" de la maison Mantin, et du bâtiment de la Caisse d'épargne.

    maison de 1888

    Cette maison de 1888 s'inscrit dans un parcellaire étroit et se développe en hauteur. La verticalité est reprise dans la disposition et la forme des baies. L'alternance des plans et des vides est le prétexte au décor de la travée centrale, qui présente un panneau de briques apparentes, surmonté d'un cartouche qui porte en creux la date de 1888, et dont les enroulements soutiennent une guirlande. Chaque baie est surmontée d'un décor de céramiques, ou à masques pour les agrafes. La façade est surmontée d'un entablement où alternent fleurs et modillons.

    le grand café

    Le grand café a ouvert ses portes en 1899. Toute l'originalité de ce lieu réside dans sa décoration. A d'immenses glaces se mêlent décor de stuc, guirlandes de feuillages et architecture en trompe l'oeil. Le plafond est orné d'une fresque de Sauroy qui représente la légende de Gambrinus, divinité à laquelle on attribue l'invention de la bière. La salle, de plan rectangulaire, est divisée en deux par une poutre métallique centrale recouverte de stuc. Le fond de la salle est dominée par un balcon, réservé à l'orchestre, et décoré d'une balustrade en fer forgé. Inscrit aux Monuments Historiques en 1978.

    Photo ci-dessus, fresque de Sauroy, représentant la légende de Gambrinus, divinité à laquelle on attribue l'invention de la bière. Ci-dessous, poutre centrale métallique recouverte de stuc.

    Photo ci-dessus, balcon réservé à l'orchestre. Ci-dessous, plafond de la salle du fond. Photo plus bas, vue de la salle depuis le balcon réservé à l'orchestre.

    le café américain

    Le café Américain a été construit en 1905 sur une maison du XIXème siècle. La façade, composée de cinq parties inégales, a conservé son aspect d'origine. Les matériaux employés sont le bois et le verre dépoli ou non, disposés en alternance. Les lignes courbes, les fleurs sculptées en relief dans le bois et l'inscription "Café Américain" sont tout à fait caractéristiques du style 1900. Le mobilier est celui d'origine, et le bar est composé de deux parties symétriques en bois mouluré

    la caisse d'épargne

    La Caisse d'épargne s'inscrit dans le mouvement architectural des édifices bancaires du XIXème siècle. Si les décors sont souvent éclectiques, les édifices sont de taille importante, qui doit inspirer confiance aux épargnants. Celui-ci est de style néo-Louis XIII. la modénature de la façade est accentuée par le jeu des matériaux (brique et calcaire), qui créent une notion de couleurs et renforcent les ressauts et les décrochements de la façade.

    les nouvelles galeries

    L'immeuble des Nouvelles Galeries, de 1914, se distingue par la riche ornementation de sa façade, mêlant un décor floral et végétal sculpté aux guirlandes de fleurs d'une mosaïque qui se décline en teintes douces.

    gentilhommière de nomazy

    Au Moyen-Age, il est fait allusion à de nombreuses reprises à un village d'Aumazy (Nomazy). On ignore tout de ce qu'il advint entre le XVème et le XVIIème siècle. Sur le site ci-dessous, il se trouve actuellement une gentilhommière avec une tour à lanternon en briques bicolores, et un pigeonnier rond. On entre dans le parc par un portail armorié.

    personnalités

    COCO CHANEL

    En 1901, Gabrielle Chanel s'installe avec sa mère à Moulins, rue des Fausses Braies, et est inscrite à l'école des pauvres de Notre Dame.

    Très vite, elle trouve un travail à la maison Grampeyre, à l'angle de la rue d'Allier et de la rue de l'horloge. Elle loge au-dessus du magasin dans une mansarde.

    Cet emploi lui permet de fréquenter les salons de thé, et de chanter dans les cafés-concerts. A la Rotonde, elle interprète "Qui a vu Coco dans l'trocadéro", qui lui vaut un beau succès, et un public qui l'acclame en scandant "Coco!", d'où son surnom.

    Brièvement amoureuse d'un riche officier, elle goûte au luxe et à la vie de château. Elle ouvre une boutique à Vichy afin de se faire la main, puis part pour Paris, mettant un terme à sa vie Bourbonnaise.

    Photo issue d'internet.

    ANTOINE DAUVERGNE

    Né à Moulins le 03 octobre 1713, Antoine Dauvergne est un compositeur injustement oublié de nos jours.

    Formé par son père, il entra en qualité de premier violon au concert de Clermont-Ferrand, où ses qualités furent immédiatement remarquées. Il se rend à Paris en 1739, et entre à l'Académie royale de musique quelques années plus tard.

    En 1755, Louis XV lui octroie la double charge de compositeur et de maître de musique de la Chambre du Roi. Il gravira les échelons un à un jusqu'à être fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Il se consacra essentiellement à l'art lyrique, jusqu'à ce que la révolution l'obligea à fuir Paris. Il mourut à Lyon en 1797. Photo issue d'internet.

    THEODORE de BANVILLEA

    Né à Moulins le 14 mars 1823, poète, dramaturge et critique dramatique Français, il fut l'ami de Victor Hugo, Charles Beaudelaire, et Théophile Gautier.

    Célèbre pour les Odes funambulesques et les exilés, il est surnommé le poète du bonheur. Il était considéré de son vivant comme l'un des plus éminents poètes de son époque. Il a notamment découvert le talent naissant d'Arthur Rimbaud.



    Il unit dans son oeuvre le romantisme et le parnasse, dont il fut l'un des

    précurseurs. Il professait un amour exclusif de la beauté, et la limpidité

    universelle de l'acte poétique, s'opposant à la fois à la poésie réaliste,

    et à la dégénérescence du romantisme, contre lesquels il affirmait sa

    foi en la pureté de la création artistique. Portrait issu d'internet.

    Ci-contre, statue de Théodore de Banville.


    patrimoine funéraire

    Ci-dessus, tombe de Louis MANTIN. Ci-dessous, chapelle de famille des CHABOT d'ALLIER.

    Ci-dessus, sépulture de Louis ROCHE, sous-officier du 3ème régiment des grenadiers de la garde impériale. Ci-dessous, le peintre et sculpteur Emmanuel FOURNIER des CORATS. Dans la même tombe, repose également le statuaire Pierre FOURNIER des CORATS. Leur sépulture est ornée d'un buste et d'un médaillon.

    Ci-dessus, Didier DERLICH, astrologue et homme de télévision et de radio. Ci-dessous, JB COCHET , mécanicien principal de la marine.

    Ci-dessus, Aimé LAUSSEDAT, militaire du Génie qui fut le créateur de la métrophotographie, application de la photographie au levé des plans. Il fut, de plus, professeur d'astronomie à l'Ecole Polytechnique de 1856 à 1871, et membre de l'Académie des sciences. Ci-dessous, Louis LAUSSEDAT, député de la Constituante. Il siégea à gauche et s'opposa à Napoléon III, ce qui lui valut l'exil en Belgique après le coup, d'état. Il redevint député de 1876 à sa mort. Sa tombe est ornée d'un buste en bronze.

    Ci-dessus, Jean Bélisaire MOREAU, architecte qui travailla dans le centre de la France. Sa sépulture est ornée d'un buste en bronze. Ci-dessous, Son fils, René MOREAU, lui aussi architecte, fut l'auteur de plusieurs édifices importants, dont la Caisse d'Epargne de Moulins.

    Ci-dessus, Capitaine Jean TURLIN, en uniforme des armées du second Empire. Ci-dessous, Pierre BERAUD des RONDARDS, député de 1824 à 1830. Plus bas, Alexandre PUECHMAILLE, député socialiste de 1924 à 1925.

    Ci-dessus, Félix DATAS, député d'extrême-gauche qui combattit la politique coloniale de Ferry à l'assemblée. Ci-dessous, Jean-Jacques Hippolyte BONABEAU, président de chambre honoraire à la cour de Bourges, et juge de paix du canton est de Moulins.

    Ci-dessus, Antoine TRIMOULIER, vice-président du Conseil de Préfecture de l'Allier. Ci-dessous, Antoine Amédée Félix MATHE, républicain élu député en 1848. Il siégea avec l'extrême-gauche, et fut contraint à l'exil après le coup d'état de Napoléon III. Repose avec lui son neveu, Pierre Félix MATHE, qui fut également député de gauche de 1883 à 1898.

    Ci-dessus, Pierre Antoine MEILHEURAT, député et royaliste sous la Restauration. Il s'engagea auprès de Louis Philippe dès 1830. Ci-dessous, Henri PERONNEAU, député socialiste de 1898 à sa mort Sa chapelle est ornée d'un médaillon en bronze le représentant de profil.