anecdotes et petites histoires de moulins

    moulins: une fondation légendaire

    La légende raconte qu'un sire de Bourbon, perdu après une journée de chasse, aurait trouvé refuge dans un moulin sur les bords de l'Allier. Tombé amoureux de la meunière qui l'avait hébergé, et pour justifier ses fréquentes venues, il fit bâtir, à l'emplacement du palais Ducal, un relais de chasse. Une ville se développa autour. Ce sera Moulins.

    SOUVENIRS DE L'ALLIER

    L'Allier a été, durant plusieurs siècles, le centre d'un commerce et d'une batellerie très actif. Les conditions naturelles de cette rivière étaient pourtant peu propices à un essor de la navigation. Le véritable essor remonte au Moyen-âge, où des traces de commerçants fréquentant la Loire et l'Allier datant du XVème siècle ont été retrouvées. Mais les crues de l'Allier restent légendaires. Celles du XIXème siècle ont laissé des traces dans les mémoires.

    Dans les années 1960, deux pêcheurs Moulinois font venir, depuis le Cher, une péniche d'environ trente mètres afin d'y stocker le poisson avant de le vendre. Aussi, en 1963, après cinq de voyage, la péniche fait son arrivée à Moulins. Avant cet évènement, la rivière Allier n'avait pas été navigué depuis plus de cent ans. La presse locale de l'époque se fit largement écho de cette affaire. La péniche a même un petit nom: "Christiane", orthographié avec deux "n" sur la coque.

    Durant de nombreuses années, cette péniche sera utilisée par les pêcheurs de Moulins. Spécialement aménagée, elle pouvait contenir jusqu'à trente tonnes de poissons. L'Allier, réputée capricieuse, s'accommoda de ce nouvel invité. Mais le temps a fini par faire son oeuvre, et le bâtiment fut de moins en moins utilisé. Il finit par couler, et il resta en place pendant plusieurs années avant d'être finalement enlevé et détruit.

    la maison hantée de moulins

    Cette maison se situait rue Michel-de-l'Hospital. Les dernières apparitions datent des années 1900. Cette demeure est restée longtemps sans locataire.

    Présence extraterrestre à moulins le 24 septembre 1979?

    Le lundi 24 septembre 1979, une traînée, avançant de manière tangentielle par rapport à l'horizon et mesurant environ un doigt de large, fut aperçue dans le ciel Moulinois. L'objet, de forme cylindrique, faisait presque du surplace, et était de couleur orange brillant. Au bout de quelques secondes, il accéléra et parcourut environ un quart d'horizon très rapidement, prenant une couleur blanche éclatante avant de disparaître. Son altitude était située entre 8 000 et 10 000 mètres.

    l'incendie du jacquemart

    Le 12 mai 1946, en commémoration du 01er anniversaire de la fin de la guerre, le Comité des fêtes envisage une retraite aux flambeaux dans les rues de Moulins, dont le départ est donné par des feux de Bengale tirés depuis le sommet du Jacquemart. Vers minuit, des flammes apparaissent sur la plate-forme. Les pompiers ne peuvent intervenir à cause du plomb qui recouvre les automates qui, sous l'effet de la chaleur, tombait en pluie sur la chaussée.

    Une demi-heure plus tard, l'incendie s'accentue, léchant dangereusement les habitations du vieux quartier. Heureusement, une pluie fine se met à tomber, limitant ce dernier. Soudain, un bruit sourd se fait entendre! La masse du campanile s'effondre, entraînant avec elle le gros bourdon de cinq tonnes, qui se brise en s'enfonçant lourdement dans le sol. Après avoir fait fondre leur protection de plomb, le brasier réduit en cendres ce qui restait des automates.

    le far-west à moulins

    Dans la nuit du 17 août 1905, Buffalo Bill arrive en gare de Moulins avec toute sa troupe. Il donnera deux représentations sur le site de l'hippodrome, rassemblant 12 000 spectateurs, venus s'émerveiller devant des indiens attaquant une diligence, et autres aventures du grand ouest Américain.

    sorcellerie à moulins

    Il y a foule au marché de Moulins en ce mois décembre 1480. Au milieu des nombreuses étables, le Signor Luigi cherchait à captiver la foule en démontrant les bienfaits de l'alchimie, et surtout à présenter son produit miracle, se présentant sous forme d'un baume "énergique et puissant", capables de "remplacer les membres perdus, permettant de les détacher du corps sans souffrances et de les y remettre aussi solidement qu'ils y étaient avant". Puis vint la démonstration.

    Il brandit un poignard, qu'il prit soin de montrer à l'assistance aussi curieuse qu'inquiète, et se l'enfonça profondément dans l'intérieur du bras. Le public, malgré son dégoût, ne put détacher ses yeux de ce spectacle. L'alchimiste saisit une fiole contenant un liquide jaune doré, et en fit tomber quelques gouttes sur sa blessure béante préalablement nettoyée. l'hémorragie cessa aussitôt, et la peau se referma de suite. Le bras était rétabli en son état normal! Ce miracle alimenta toutes les conversations de la ville, et jusque tard dans la nuit.

    Trois Savoyards, repérés lors de sa démonstration, vinrent lui rendre visite la nuit même, répondant ainsi son invitation. Le premier était aveugle, le second manchot, et enfin le dernier s'était vu retirer l'estomac. Il leur promis qu'ils retrouveraient toutes leurs facultés, s'ils consentaient à être volontaires pour une nouvelle démonstration publique dès demain matin. Tous trois acceptèrent, et allèrent se coucher, à la fois impatients et craintifs des évènements à venir.

    Le lendemain, devant une foule plus nombreuse que la veille, Signor Luigi présenta ses trois patients et son projet. Il présenta à l'assistance les organes qui allaient greffer aux trois malheureux. Après quelques instants de manipulation, l'aveugle se retrouva avec une paire d'yeux puis, plus tard, le manchot exhiba fièrement une main droite toute neuve. Devant une population de plus en plus subjuguée, il fit une large entaille à son dernier patient, lui assujettit un estomac, et d'un geste délicat, réunit les chairs séparées et les frotta avec le baume. Toute cicatrice disparue. Et ce fut du délire!

    Les habitants de Moulins n'eurent pas le temps de profiter des bienfaits de l'alchimiste. Ce dernier quitta rapidement la ville sous prétexte que le Roi Louis XI demandait ses services. En partant, il "oublia" de régler sa logeuse qui lui réclamait déjà depuis un bon moment des  retards de paiement. Le plus bizarre, c'est qu'il partit précipitamment le jour où l'on découvrit au fond d'une ruelle trois marchands écorchés. Il manquait une main à l'un, les yeux à l'autre, et l'estomac au troisième. Personne ne fit le rapprochement.

    L'alchimiste avait demandé à sa logeuse de prendre bien soin des organes qui devaient lui servir le lendemain, assurant à cette dernière qu'elle serait payée dès l'opération terminée. Trop bonne, elle accepta. Le soir même, elle surprit un chat dévorant l'estomac. Les yeux avaient déjà été avalés. A sa vue, le félin emporta la main. Bien embêtée, elle décida de réparer sa faute.

    Elle posa à l'entrée de son établissement quelques morceaux de viande afin d'attirer quelques animaux errants. Et c'est un chat qui se présenta le premier. Elle l'assomma et lui arracha les yeux. Une fois cet acte fait, elle fila jusqu'à l'abattoir où elle acheta un estomac de veau saigné le matin même. Toujours déterminée à réparer son erreur, elle se rendit ensuite au pied du gibet où un malfaisant avait été pendu la veille. Elle lui trancha la main droite et s'en retourna chez elle, satisfaite.

    Et si vous croisez un jour les trois Savoyards, ils ne manqueront pas de se plaindre. Le premier a la vue flou, mais y voit mieux la nuit qu'en plein jour. Le second est devenu cleptomane, et le troisième végétarien.

    le sorcier de moulins

    Jean Michel, menuisier de Moulins, avait déjà été inquiété en 1604 pour s'être adonné à l'invocation des malins esprits. Par un arrêt de la cour de Parlement, il fut condamné à faire amende honorable, la corde au cou, et banni pour cinq ans du royaume de France. Il profita de ses années d'exil pour parfaire sa criminelle instruction. Il revint en France, et s'installa à Moulins.

    Il poursuivit sa pratique illégale de la médecine, exploitait la naïveté de ceux qui s'adressaient à lui, et n'hésitait pas à commettre des sacrilèges en assassinat un prêtre pour lui dérober son étole, son aube et son manipule. Les plaintes à l'encontre du malfaisant s'accumulèrent au point que le procureur du roi décida en 1615 d'instruire un procès.

    L'instruction du procès se déroula en huit jours, du 19 au 27 juin 1623. Au préalable, Michel avait été enfermé le 14 juin à la conciergerie de Moulins. Le procès était placé sous la direction du vicomte Gilbert de Gaulmyn, expert en sorcellerie, érudit passionné des langues anciennes, conseiller du roi, lieutenant général criminel en la sénéchaussée, et siège présidial de Bourbonnais.

    Pressé de questions, Michel avoua finalement qu'il participait à des sabbats, qu'il avait conclu un pacte avec les démons, et qu'il pratiquait la sorcellerie. Il précisa qu'au moment de ses actes, il n'était plus lui-même, et dépendait de la volonté du démon Boel. Gaulmyn mena le procès avec autorité, ce qui attira sur lui l'attention du cardinal de Richelieu. Cela lui ouvrit l'accès à des charges importantes.

    Toute la magie du sorcier reposait sur la communication, au moyen de certaines cérémonies propitiatoires avec des esprits bons ou mauvais habitant les planètes. Il fut établi également la vanité de la sorcellerie du menuisier, et la malignité de ses intentions. Pour le magistrat, Michel était un halluciné coupable d'avoir évoqué les démons, et de les avoir imposer à un public crédule.

    S'il avait vécu cent ans plus tôt, Michel aurait connu la torture et aurait, sans doute, avoué ses rapports avec les démons jusque dans les tourments, tant son imagination avait été surprise, et son astuce aiguisée par la lecture des livres des Arbatel et des Agrippa.Il était aussi convaincu de vols, d'avortements, de maux de toutes sortes, sans parler du trouble qu'il provoquait dans le public par la crainte qu'il inspirait.

    Michel fut pendu et brûlé place d'Allier à Moulins, à la fin de l'année 1623. On ne connait pas la date exacte, car les registres mortuaires ne furent établis à Moulins qu'après 1623. Cette exécution fut l'une des dernières condamnations à mort pour sorcellerie, et que ce procès eut un retentissement énorme à Paris.

    jeanne d'arc et moulins

    En suivant l'antique route de Lyon par Villeneuve, Trévol et Avermes, Jeanne d'Arc arriva à Moulins vers le 05 novembre 1429. Elle entra en ville par la porte de Paris. Le 07 novembre, elle envoie des courriers pour demander aux villes voisines de la poudre, des flèches et des arbalètes.

    Elle allait demeurer dans la maison située à l'angle des rues d'Allier et de la Flèche. En 1429, c'était l'hôtel où logeaient des notables.

    Elle devait se loger  chez un particulier. Jamais, elle ne se logea dans les châteaux royaux, parfois dans leurs dépendances.

    De même, elle ne couchait jamais seule. Elle dormait soit avec une femme de la famille, soit avec la maîtresse des lieux, afin que l'on ne puisse l'accuser de moeurs douteuses.

    C'était une grande et belle fille, âgée de 17 ou 18 ans. Elle était bien compassée de membres et forte. La figure était ovale avec des sourcils bruns, fortement dessinés.

    Le visage était riant, le nez droit, la bouche petite, les cheveux coupés à la mode des hommes de guerre et plutôt bruns.

    Elle avait une noble tenue à cheval, et une façon gracieuse et naturelle de porter l'armure.

    Elle quitta Moulins le 20 novembre, et suivit les vieux sentiers de la rive gauche. Elle dut sortir de la ville par la porte d'Allier, et franchir la rivière sur le pont Bufecier, un ancêtre du pont Ginguet. La troupe traversa ensuite la Madeleine, puis s'engagea sur le chemin du pont Eschinard.

    A la Croix-de-Fer, Jeanne d'Arc laissa, à sa gauche, la route de Souvigny, longea les murs du fief de la Plaine, continua à suivre l'antique voie menant à Bourbon-l'Archambault, jusqu'au pied de la Montée-Péron, et de la Bétine.

    A cet endroit, elle bifurqua pour prendre le chemin particulier de Neuvy à Montilly qui descendait aux Odilles, puis remontait à Grand-Croix, permettant d'atteindre Montilly en passant à l'ouest du petit château de Confeix.

    Ensuite, successivement, elle traversa les bourgs de Montilly, Bagneux, d'Aubigny, Saint-Léopardin et Le Veurdre. Ensuite, son périple devient incertain. Seule certitude, elle arriva sous les remparts de La Charité.

    moulins, en l'an 1889

    22 janvier 1889, 21h. Deux hommes, à la démarche hésitante due à l'excès de boisson, ne semblent pas craindre le froid qui saisit les membres et glace les rues. Ils ne cherchent même pas à éviter les flaques d'eau. L'un est aveugle, l'autre porte une casquette trop grande et une tenue d'ouvrier elle aussi trop grande pour son petit gabarit et ses chétives épaules.

    Soudain, ce dernier semble dessouler comme par enchantement. Il stoppe net, et fixe durement un visage féminin qui ne lui est pas inconnu. C'est son ex-femme qu'il a là, en face de lui. Mais, elle n'est pas seule. S'approchant de lui, elle n'a pas le temps de prononcer un seul mot que les gifles tombent. Tentant vainement de lui expliquer la situation, et arguant le fait qu'ils ne sont plus ensemble, qu'elle avait bien le droit de voir qui elle voulait!

    C'est à ce moment que Hugues Pointdujour commis l'irréparable! Il sortit son canif et le planta dans la gorge de son ancienne épouse. Elle s'écroula net, sans un cri. Son compagnon ne fit pas le moindre geste pour la défendre. Moulins venait de perdre pour un temps sa tranquillité.

    Le jour du procès, quelques dix semaines après les faits, 2 000 personnes s'agglutinèrent  autour du palis de justice. On dresse le portrait du meurtrier, peu reluisant: ivrogne brutal aux moeurs dépravées, paresseux, belliqueux, débauché. On décrit également le martyr de sa femme.... le crime.

    Sa défense est la même depuis son incarcération à la Mal-Coiffée: il eut une crise de jalousie en voyant sa femme au bras d'un autre homme. Les témoins défilent, plus ou moins sérieux.

    Le réquisitoire du Procureur est impitoyable, implacable, n'hésitant pas à montrer du doigt Pointdujour. La défense, elle, balaye toutes les accusations, les réduisant à néant, et faisant de son client un père attentif et un veuf malheureux. Fatalité, malheureux accident. Mais son client n'est pas l'être décrit par l'accusation, loin de là!

    Et l'on tombe dans le larmoyant. Pointdujour a eu une enfance difficile. C'était un être travailleur, mais sa femme, dépensière, l'aurait ruiné et fait perdre le goût au travail! L'avocat arrive à faire oublier qui est exactement Pointdujour, en dénonçant les faits, et même en les niant!

    Le jury s'est retiré. En 20 minutes, il a délibéré. Il répond négativement sur la question d'homicide volontaire, mais affirmativement sur la question subsidiaire. Pointdujour est condamné à cinq ans de prison.

    moulins et la peste

    1631. La peste faisait des ravages. En désespoir de cause, les habitants, apprirent que, par des prières à sainte Rosalie, le mal pouvait  cesser. Il en eut la certitude après que Thiers et une grande partie de l'Italie eurent fait cette démarche, et que la maladie contagieuse avait cessé. Les responsables de la ville décidèrent donc de faire une neuvaine de prières, accompagnée de processions pour honorer la sainte. Une fois l'opération terminée, il fut également décidé que l'église des Jésuites serait rebaptisée sainte Rosalie, et qu'un tableau serait commandé à un peintre pour être mis sur le grand autel de la chapelle des Jésuites.

    Les prières furent exaucées puisque le voeu et la procession faite, la peste cessa. Mais, l'argent promis pour la réalisation et l'envoi du tableau ne fut jamais envoyé. Résultat: la peste recommença. Le peuple n'accepta pas le comportement de ses responsables qui, sous la pression populaire, finirent par envoyer la somme   convenue. Et la peste cessa de nouveau.

    moulins et la révolution de 1793

    La révolution de 1793 fut terrible au point que les historiens mirent en avant le fait que le département de l'Allier fut un de ceux où le terrorisme révolutionnaire fit le plus de victimes: 168 guillotinées ou tuées dont treize femmes et soixante-seize prêtres. Il faut dire que c'est à Moulins que siégeait un comité révolutionnaire créé par Fouché. Ce comité faisait arrêter des personnes, le plus souvent sur dénonciation, puis après un jugement sommaire, les expédiait au tribunal criminel de l'Allier.

    Mais, parlons un peu de Fouché. Il s'installa à Moulins à la fin de septembre 1793, où sa haine et ses persécutions contre les prêtres catholiques et les aristocrates furent légendaires, parcourant les rues de la cité, abattant au passage tous les signes extérieurs du culte et de la religion. On dit que, même dans les cimetières, il avait remplacé les croix par des statues du Sommeil, et qu'il avait fait graver sur les portes cette inscription: "la mort est un sommeil éternel". Il envoya également à la Convention multitudes de caisses, pleines d'ostensoirs en or, de flambeaux d'argent brisés et fondus, de crucifix massifs et de joyaux ôtés de leurs châsses.

    Il installa une véritable dictature révolutionnaire à coups de décrets, d'ordres, de déclarations ou de lettres. Mais, il était loin d'être un fanatique désintéressé et entièrement dévoué  à la cause révolutionnaire. Il aimait l'argent et comptait bien se servir de sa situation pour s'enrichir. D'ailleurs, on répétait souvent à Moulins qu'"il ramassait l'or dans des ruisseaux de sang". Réquisitions, spoliations, humiliations, pillage furent le quotidien des habitants.

    On emprisonnait des hommes pour des motifs futiles: "homme très riche", ou bien "infecté de la plus virulente aristocratie", ou encore "porte sur la figure le masque de l'aristocratie"...... La plupart du temps, tous ces pseudos coupables étaient exécutés. Pour rien....... et parfois de la manière la plus abjecte comme l'exécution de Monsieur Aubéry Paul, notaire à Luneau.

    Le 07 mars 1794, la guillotine avait été installée place des Lices. Au premier coup, le couteau blessa seulement Monsieur Aubéry. sous l'effet de la douleur, ce dernier hurla. A la seconde tentative, le triangle ne coupa qu'un peu du cou du condamné qui hurla de plus belle. Devant autant de maladresses, de souffrances, ponctuées de cris, de plaintes, de clameurs, la foule était muette d'horreur et d'émotion. a la troisième tentative, la tête fut enfin tranchée. Tel était la vie à Moulins pendant cette sinistre époque.....

    l'affaire charles redon

    Le jeudi 05 août 1887, François Talabard, soixante-dix ans, est retrouvé sans vie à son domicile. Deux jours plus tard, se déroule une scène qui, de premier abord, n'a aucun lien avec la scène décrite précédemment. Au fort Saint-Joseph de Lyon, Charles Redon doit répondre de plusieurs faits: dépêche de connivence adressée par un de ses amis de Moulins faisant état de la maladie de sa mère; dépôt d'une demande de permission accordée pour huit jours; puis découverte de la supercherie et information de la commission rogatoire. Mais surtout, tenue non réglementaire avec taches partiellement effacées sur le pantalon, et d'autres plus nettes, sur l'un des poignets de la chemise.

    A vingt ans, le jeune Redon, sur qui l'on constate aussi des écorchures au bras gauche, avait une réputation d'instable et de bourlingueur, déjà condamné pour des délits mineurs par le passé. Une personnalité controversée qui connaissait la victime, et qui était à Moulins au moment du meurtre de Monsieur Talabard. Car oui, il y avait crime. Le 11 août, il arrive à Moulins dans la plus grande discrétion. S'enchaînent interrogatoires, confrontations, perquisitions.

    Le président, le jour du procès, décrit Charles Redon  avec un caractère vaniteux, hâbleur et peu sérieux. De plus, c'était un soldat indiscipliné et irresponsable. L'avenir du jeune homme s'assombrit au fil des témoignages, des témoins et des experts. Mais, son avocat, brillant orateur, sème le trouble dans le jury.  Si bien qu'après quarante-cinq minutes de délibéré, ce dernier rend un verdict affirmatif sur toutes les questions en excluant la préméditation, et en admettant les circonstances atténuantes.

    Charles Redon est condamné aux travaux forcés à perpétuité. il s'évade du bagne en 1890, est repris, pour être finalement gracié en janvier 1903 grâce à une campagne  sans relâche pour prouver son innocence. Coupable ou accusé à tort? Personne ne le saura jamais, Charles Redon emportant son secret dans la tombe en 1914.

    le parricide de biozat - 1811

    Le 13 janvier 1811, Madeleine Albert tue son père et sa mère de coups de hache répétés. Elle jette sa petite soeur de 4 ans dans le puits, et blesse son autre soeur. Son frère réussit à se sauver pour donner l'alerte.

    La population et la presse réclamèrent à hauts cris la tête de la criminelle. Ses avocats, face à l'indignation provoquée par ses crimes, ne cherchèrent pas vraiment à la défendre. Des épigrammes furent même écrits pour célébrer son exécution.

    Elle fut condamnée à la peine de mort, et exécutée sur la place publique de Moulins. Elle était revêtue d'une chemise rouge et d'un voile noir, attributs expiatoires des parricides.

    Elle avait 27 ans, et fur la dernière femme guillotinée à Moulins.

    les fouilles du château de moulins

    Deux campagnes de fouilles, débutées en 2011, ont livré des informations sur la construction du site, commanditée par le duc Louis II pendant la guerre de Cent Ans, ainsi que son agrandissement voulu par Anne de France et Pierre II, vers 1500. Une étude de bâti permet d'étudier la chronologie des phases de construction de l'édifice.

    En parallèle, des études spécialisées apportent de nombreux éclaircissements sur la vie quotidienne des ducs au Moyen-Age: techniques de construction, éléments de décors architecturaux, symbolique ducale.... Elles apportent également des informations sur les modes de consommation grâce à l'étude des restes de banquets princiers, constitués de vaisselles en céramique, d'os d'animaux, d'arêtes de poissons, de graines.....

    Il fut exhumé, par exemple, un  double Henri d'or à la Gallia de Henri II, lors des fouilles des caves, et une sculpture féminine portant la ceinture d'espérance, symbole de l'ordre de chevalerie créé par le duc Louis II.

    la dernière exécution à moulins

    Le dernier condamné à mort exécuté à Moulins fut Louis Vénuat, un ouvrier agricole âgé de 28 ans. C'était en 1933. Pour l'anecdote, il sortit de la prison la cigarette aux bords des lèvres, et sa vie prit fin entre le parvis de la cathédrale et la Mal-Coiffée. Son histoire vous sera contée sur une autre commune. Au delà du côté historique de cet évènement, il ne faut pas oublier ce qu'étaient les exécutions publiques, où le supplicié était livré en pâture au voyeurisme populaire.

    Par exemple, le 09 février 1933 à 06h45, lorsque la tête du supplicié tomba dans le panier, on entendit une femme crier: "Oh, c'est déjà fini!". Une poignée de secondes, et c'est tout. Et oui ma bonne dame, c'est tout. Vous pouvez toujours vous consoler de la mort de cet homme en rejoignant les tentes de toiles huilées regorgeant de consommateurs avides, comme vous, de sang et de sensations macabres. Vous pourrez diriger votre déception en buvant du vin chaud ou des grogs. Si votre estomac n'est pas trop noué, vous pourrez aussi déguster des huîtres ou des escargots.

    Belle ambiance de kermesse après que l'on est fait monter le condamné sur l'estrade installée afin que la vue soit imprenable. On allonge ensuite son corps sur la planche. Puis, c'est le clac mat de la lame fatale, luisante malgré l'obscurité. Un éclair, un jet de sang, un corps à l'extrémité rouge qui tombe sur le côté, et une tête exsangue qu'on laisse rouler dans la panière.

    Et c'est déjà fini! Un "raccourcissement" un peu court pour certains, une éternité pour les autres. Mais, le criminel a expié. Et c'est pour cela que vous vous êtes levés tôt, madame, en ce froid matin de février 1933. Vos pas piétinent une terre abreuvée de sang et d'eau après que le lieu de l'exécution et la "Veuve" aient été nettoyés. Il est 07h30. Voilà, oui, c'est déjà fini.

    D'un autre point de vue, il est parfois difficile d'avoir une quelconque compassion pour le condamné, comme par exemple pour cet ancien poilu de 35 ans, condamné à mort pour avoir assommé à coups de poing, égorgé et éventré un garçonnet de 6 ans, avant de lui broyer la tête avec une pierre, et de jeter son corps dans la rivière.

    Le jour de son exécution, le 20 septembre 1930, il refusa la messe et, au bourreau Anatole Deibler, il déclara: "Eh bien, j'irai avec ce monsieur.... Je n'ai pas pu crever à la guerre, je vais crever maintenant. Je ne regrette rien". Il fuma une cigarette, refusa le rhum, mais bu entièrement une bouteille de vin. C'est sous la pluie et ivre mort qu'on le conduisit à la guillotine.

    LES PARENTS D'HENRI IV SE SONT MARIES A MOULINS

    C'est en 1548 qu'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, cousin de dernier duc de Bourbon, va épouser à Moulins Jeanne d'Albret, héritière du royaume de Navarre en présence de toute la cour venue du Louvre assister aux noces princières.

    Malgré l'annexion du duché du Bourbonnais à la couronne de France en 1532, le prestige de ses ducs restait encore immense, et le duc de Vendôme voulait alors revendiquer sa position de nouveau chef de la maison de Bourbon. Il portera même dans ses armoiries les trois lys de France chargés de la barre rouge des ducs.

    ils sont nés à moulins

    Jean Cluzel, le 18 novembre 1923, entrepreneur et homme politique Français. En tant que sénateur, il a notamment rédigé plusieurs rapports concernant l'audiovisuel.

    Suzy Carrier, le 13 novembre 1922, actrice Française que l'on a pu voir, entre autres, dans "les clandestins (1945)", "pas si bête (1946)", "fantaisie d'un jour (1954)"......

    Albert Bonneau, le 23 août 1898, auteur de romans d'aventures, de cape et d'épée et de westerns. Il fut également rédacteur à Cinémagazine de 1922 à 1925.

    Marc Juge, le 25 avril 1911, commissaire de police et résistant Français. Dénoncé, il fut arrêté par la Gestapo en 1944, torturé puis fusillé le 24 mars 1944.

    Richard Bohringer, le 16 janvier 1942, acteur, réalisateur, chanteur et écrivain Français. Il est le père de l'actrice Romane Bohringer.

    Pierre Bodelin, le 09 juin 1764, général Français de la révolution et de l'empire.

    Georges-Augustin Bidault, le 05 octobre 1899, résistant et homme politique Français, successeur de Jean Moulin à la tête du Conseil National de la Résistance, ministre et président du Conseil sous la IVème République.

    Jacques Ier Fitz-James, duc de Berwick, le 21 août 1670, militaire Français des XVIIème et XVIIIème siècles. Fils naturel du roi Jacques II Stuart, il est fait maréchal de France en 1706. Il est tué le 12 juin 1734 au siège de Philippsburg.

    Henri Baude, vers 1415, poète Français.

    Claude Guillaumin, le 11 août 1842, artiste peintre et caricaturiste Français, connu sous le pseudonyme d'Edouard Pépin.

    Jean-Baptiste Faure, le 15 janvier 1830, chanteur d'opéra, l'un des plus célèbres du XIXème siècle.

    Pierre Fournier des Corats, en 1884, sculpteur Français.

    Antoine Dauvergne, le 04 octobre 1713, compositeur Français. Il fut maître de la musique du roi, et composa des ballets et de la musique d'église.

    Les Desrosiers, dynastie d'imprimeurs et éditeurs établis à Moulins au XIXème siècle. Pierre Louis Desrosiers vers 1770, Pierre Antoine Desrosiers le 16 juin 1799, et Claude Charles Desrosiers le 07 juillet 1825.

    Gilbert de Sève dit l'Aîné, en 1615, peintre ordinaire du roi et membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

    Thomas Regnaudin, en 1622, sculpteur du baroque Français.

    Henri Tachan, le 02 septembre 1939, auteur-compositeur-interprète Français.

    Claude-Louis-Hector de Villars, le 08 mai 1653, aristocrate et militaire Français.

    Marcel Vacher, le 24 décembre 1858, homme politique Français.

    Francis Pérot, en 1840, devient archéologue et historien spécialisé dans l'histoire du Bourbonnais. Membre de la Société préhistorique Française.

    Aimé Laussedat, le 19 avril 1819, scientifique Français tout à la fois astronome spécialiste de l'instrumentation et la géodésie, géomètre, photographe, topographe, arpenteur et cartographe.

    Paul Jules Antoine Meillet, le 11 novembre 1866, fut le principal linguiste Français des premières décennies du XXème siècle.

    ils sont morts à moulins

    Henriette Dussourd, le 12 mars 1988, historienne Française, spécialiste de l'histoire rurale et de l'histoire des régions du centre de la France.

    Matthieu Auroux des Pommiers, le 26 août 1670, prêtre et jurisconsulte Français. Il fut conseiller clerc en la sénéchaussée de Bourbonnais, et siège présidial de Moulins.

    Jean-Baptiste-Louis-Marcellin Crépin Leblond, le 06 mars 1927, imprimeur et directeur du journal "Le courrier de l'Allier".

    Louis Guillouet d'Orvilliers, en 1792, officier de marine et aristocrate Français du XVIIIème siècle. Il servit pendant 50 ans au sein de la marine royale pendant la guerre de Succession d'Autriche et la guerre de Sept Ans. Lieutenant générale des armées navales et Commandeur de Saint-Louis, il se distingua particulièrement pendant la guerre d'indépendance des Etats-Unis, et notamment à la bataille d'Ouessant en juillet 1778, au cours de laquelle il battit la flotte Britannique de l'amiral Keppel. A noter que Louis Guillouet d'Orvilliers naquit à Moulins le 26 mars 1710.

    Charles Delorme, le 31 décembre 1678, médecin Français, premier médecin de trois rois de France: Henri IV, Louis XIII, et Louis XIV. Charles Delorme naquit à Moulins le 01er janvier 1584.