Pierrefitte-sur-loire

    Merci à Messieurs CHARPIN Bruno et ANGLEYS Xavier pour leur aide précieuse et leur disponibilité.

    Superficie de 2536 ha - Altitude de 212 à 267 mètres - 508 habitants environ.

    Pierrefitte, "ville franche" avec haute et basse justice fut, pour Chazaud une viguerie carolingienne, car au Moyen-Age, elle était le siège d'un archiprêtre dépendant d'Autun, qui succédait généralement à des vigueries. 

    Jusqu'au XVIIIème siècle, la commune fut une importante seigneurie, et possédait un hôpital dont existe encore la chapelle dans les dépendances de la Maison du Chambon, une école, et des halles vers les années 1580.

    De l'époque Gallo-Romaine, nous savons qu'à l'étang du Perroyer, les verriers exerçaient leur métier grâce à l'eau et au sable fin  de la "Font du Miez". D'ailleurs, en 1887, furent exhumés des tessons, un fragment estampillé de verre épais, légèrement azuré. De même, au lieu-dit du "Theil", le Docteur Bailleau, fouillant un puits Romain, mit à jour des poteries.

    Jean Clément, dans son précieux ouvrage "A Petra Ficta, Chemin Faisant", page 7, décrit précisément d'autres découvertes sur la commune: "A la Grand' Croix, les tessons de tuiles à rebords abondent, de même que les fragments de poteries datant d'avant l'ère Chrétienne. En ce lieu, proche du cimetière actuel, se dressait une grande croix encore marquée sur le vieux cadastre. Une allée d'arbres conduisait à l'hôpital des Gravières. A quelques pas de là, en 1888, furent découvertes, lors de l'aménagement du champ de foire, six urnes dont l'une contenait des cendres. Malheureusement, aucune description pouvant déterminer l'époque n'en a été faite".

    Le château qui existait alors possédait trois grosses tours, en plus de celles qui flanquaient l'entrée. Les jardins et cours des habitants du bourg avaient envahi les fossés, et une partie de la basse-cour. De cet édifice, il ne reste que la motte et les fossés, garnis de jardins. Photo ci-dessus: le bas de la motte.

    Sur les photos ci-dessous, vous sont présentés: la cour intérieure, l'ancienne entrée du pont-levis qui est, de nos jours, une ruelle qui descend de cette cour à l'église. De même, quelques bâtiments annexes subsistent avec un pavillon rectangulaire en angle. C'est une petite maison du XIIème siècle, nommée château Morand



    L'origine du nom de la commune vient du Latin "Petra Ficta", pierre fichée ou plantée, symbolisant peut-être un mégalithe aujourd'hui disparu, à côté duquel, selon la légende, voisinait un énorme dolmen protégé par un esprit supérieur. Son nom peut être aussi issu d'une borne militaire.

    Placée sur la limite des Eduens et des Arvernes, Pierrefitte fut habitée à l'âge de fer. La découverte de nombreux silex néolithiques témoignent d'une occupation à l'époque Gallo-Romaine. La commune devait être le siège d'un sanctuaire druidique.

    Des poteries et des vases contenant des incinérations ont été découverts au champ de foire, vers l'église, ainsi que des restes d'habitations antiques.

    Pierrefitte possédait également deux moulins à aubes, sur le bief de la Lodde, avaient peut-être des offices différents, liés au système autarcique de l'époque. L'un devait moudre les céréales, l'autre écraser la navette ou les cerneaux de noix. De nos jours, il n'en reste qu'un (photo ci-dessous).

    Les promeneurs pourront profiter de la zone de loisirs, créée en 1993, offrant son espace aux pêcheurs, baigneurs, et amateurs d'activités nautiques.

    Du canal latéral:

    Du port:

    De l'écluse:

    De l'écluse du Theil:


    Vous pourrez également vous plongez dans une époque aujourd'hui révolue en observant quelques belles et anciennes demeures. Par exemple, à l'entrée du village, la propriété des "Barons", datant du XVIIIème siècle, est un bel exemple de la maison Bourbonnaise au toit pentu à quatre pans. L'ancienne porcherie du domaine était une charmante petite maison en colombage et torchis à l'origine, qui fut rasée en 2016.

    Photos de haut en bas: pierre cadastrale du XVIIIème siècle, ancien auditoire où le juge rendait la justice, l'ancienne école de garçons, et l'ancienne école de filles.

    Le Marquis Gaspard Picard du Chambon, gendarme du Roi, fit construire vers 1765 l'actuel château, modèle de l'architecture de l'époque. De dimensions restreintes, son agencement est tel qu'il donne l'impression d'être vaste. Les boiseries de la belle bibliothèque sont dotées d'armoiries du Marquis. Le parc aurait été conçu, et dessiné par Le Nôtre.

    Autres belles demeures, la Maison Pagnon, avec toit à la Mansart, dont la partie la plus ancienne date de 1565. De même, nous pouvons apercevoir en plein bourg la Maison Barrois dite "de la marquise". Vers cet emplacement devaient exister les halles et le four banal. Ce bâtiment correspondait également à l'ancienne cure avec son portail en pierre de 1750 (photos de haut en bas).

    Un bâtiment aux Mouilleaux appartenait à une ancienne Communauté, et servait de cuvier à une lointaine grand-mère. Au village du Theil, existent encore côte à côte deux petites maisons, dont l'une en colombage. Au bourg, se dresse la Maison "Baron" avec son porche aux licornes du XVIIIème siècle. L'alpha et l'oméga sont sculptés dans la voûte supérieure. Enfin, toujours au bourg, nous pouvons observer l'ancien presbytère (photos de haut en bas).

    Le perré des Boisseaux est une infrastructure indispensable de par son rôle protecteur contre les crues dévastatrices de la Loire. C'est une protection empierrée d'une berge, datant du XVIIIème siècle. La décision d'endiguer la Loire sur 1,8 kilomètres de l'embouchure de la Lodde en amont, et au lieu-dit la "Dierne", en aval, fut prise par l'autorité royale. Cet important chantier fit appel à une importante main d'oeuvre.

    Grâce au transport sur bateau plat, la pierre, transitant par le canal du centre, puis la Loire, fut amenée à même le lit du fleuve à l'endroit à endiguer. Pendant les années 1843, 1844, et 1845, de nombreux corps de métiers s'activent. Les mouvements sont incessants et la vie grouillante. Endommagé plusieurs fois, sans cesse réparé, le perré est un ouvrage d'incontestable utilité.

    Le chanoine Cornette, un des fondateurs des Scouts de France, est né à Pierrefitte le 08 novembre 1860.