rongères: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    Au sortir de Varennes, la voie de Lyon ne devait pas suivre le tracé de la route nationale 7. Avant la rectification de la route, qui eut lieu à partir de 1754, l'ancien tracé à la sortie de Varennes, après le passage du Valençon, devait s'infléchir,un peu au sud de la route actuelle, puis passer au nord, et continuer par la cote 267, en ligne droite, sur un point situé à 500 mètres au sud de l'église de Rongères. Cette route avait probablement été établie sur l'assise de la voie Romaine, comme semblent l'indiquer de gros pavés de rivière, enfouis à 80 centimètres de profondeur, situés en bordure sud de la nationale 7, à 500 mètres environ du pont de Varennes.

    Cette route figure au cadastre de Rongères, établi en 1821, sous le nom d'ancienne route de Paris à Lyon. La carte d'Etat-Major en a conservé le tracé, jusqu'au sud-ouest de Rongères, où elle se termine. Elle continuait probablement dans le terroir de Villefranche, suivant une ligne droite formant dans l'ancien plan cadastral limite de parcelles, ligne qui aboutit au sommet de l'angle ouvert au nord-ouest, au-dessus de l'u final de Beaulieu. Elle poursuivait toujours au sud-est, après avoir coupé la Nationale 7, pour se raccorder au chemin figuré par un trait simple sur la carte d'Etat-Major, chemin qui se dirige sur les Chaumes et Langy, après avoir limité, sur une courte distance, cette dernière paroisse et celle de Rongères.

    église sainte-marie-madeleine

    La première mention de l'église Sainte-Marie-Madeleine date de 1152. Le pape Eugène III en confirme alors la possession au prieuré de Souvigny. Edifice Roman du XIIème siècle, constitué d'une nef encadrée de bas-côtés, l'église est largement remanié au XVème siècle. Une absidiole très profonde, en forte saillie et percée d'une baie gothique, est le seul vestige du chevet roman, l'abside ayant disparu dans un incendie au cours des guerres de religion. Le clocher-porche date du début du XIXème siècle.

    Dans la nef dépourvue de fenêtres, les piles orientales, renforcées au XIIème siècle à l'aide d'épais massifs cylindriques, ainsi que des piliers à colonnes engagées sur des dosserets, supportent les doubleaux des voûtes, en berceau plein cintre pour le vaisseau central, et en quart de cercle dans les collatéraux. Quelques chapiteaux romans sont ornés de feuillage. Par exemple, ci-dessous, la corbeille de ce chapiteau est décorée de personnages et de feuillages. Plus bas, une frise de modillons à copeaux et billettes court sur les piliers de la nef.

    Ces stalles de bois, réservées au clergé, et dont l'usage se répand à partir du XIIIème siècle, forment une rangée de chaque côté du choeur. Chaque siège est constitué d'une assise à charnière. La partie relevable est pourvue, à l'avers, d'un petit retour en bois qui permet de paraître debout alors qu'on a le dos appuyé. Cette partie relevable est appelée la miséricorde. Ces sièges sont décorés de motifs végétaux.

    La tradition populaire a confondu trois femmes dans Marie madeleine: la pécheresse anonyme du repas chez Simon le Pharisien, Marie de Béthanie, soeur de Marthe et de Lazare, e enfin Marie de Magdala. Quoi qu'il en soit, Marie Madeleine représente avant tout l'image de la pécheresse repentie. Elle est ainsi la patronne des prostituées, mais également des parfumeurs, des coiffeurs et des jardiniers. La statue de l'église la représente avec ses attributs traditionnels. Les cheveux dénoués, elle est agenouillée devant le saint sépulcre.

    La représentation du Christ en croix, placée sur une poutre de gloire au-dessus de l'autel, frappe par son réalisme. Elle représente l'aboutissement d'une évolution longue de plusieurs siècles. En effet, la crucifixion devient un thème classique de l'iconographie religieuse au VIème siècle, mais le réalisme n'apparaît qu'au XIVème siècle, et ne triomphe pas avant le XVIème siècle.

    gentilhommière du prénat

    Malgré sa réunion précoce à la seigneurie du Méage, le domaine du Prénat a conservé sa gentilhommière. Les bâtiments du XVIème siècle ne se distinguent guère, par leur simplicité, d'une maison rurale. C'est un corps de logis quadrangulaire à deux niveaux, couvert d'un toit à deux rampants. Une tour carrée, accolée au milieu de la façade, est coiffée d'une toiture pyramidale assez élancée. L'ensemble n'est éclairé que par de petites ouvertures. Seules quelques transformations au XVIème siècle ont apporté, pour la salle principale, une fenêtre à menaux et une importante cheminée de style Henri II.

    château du méage

    Les premières mentions du fief du Méage datent du début du XIIIème siècle. En effet, hérissant de ses tours la plaine marécageuse qui l'entoure, le Méage est une maison forte de la fin du Moyen-âge, mais ses origines sont plus anciennes. Celle-ci était entourée de douves en eau qu'enjambait un pont dormant. C'était un corps de logis à deux niveaux plus les combles, que flanquaient dans les angles nord deux tours rondes, et sur la façade sud, une tour d'escalier quadrangulaire.

    L'entrée primitive était percée dans le mur ouest de cette tour, par une porte moulurée à piédroits prismatiques, surmontée d'un arc brisé et d'un galbe encadré de pinacles à choux frisés. Mais, cette porte fut condamnée lorsqu'on réaménagea le bâtiment au XVIIIème siècle, où quelques transformations architecturales sont opérées. Les fenêtres à meneaux, en particulier, sont supprimées pour laisser la place à des ouvertures plus larges, et une autre porte fut percée en façade. Furent également supprimées une chambre des gardes et une guette qui surmontaient l'escalier à vis. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1998.

    On accédait à ces pièces par une tourelle ronde en encorbellement engagée dans l'angle rentrant. La façade nord fut augmentée d'une terrasse empiétant sur les fossés, alors qu'au sud, un jardin à la Française fut aménagé entre deux ailes de communs, et fermé par un portail surmonté d'une grille en fer forgé.

    La porte latérale ci-dessous est gothique, avec son arc ogival et ses pinacles sculptées. C'est la seule porte d'entrée du château lors de sa construction au XVème siècle. Plus bas, le portail porte les initiales JGL, Jean ou Jacques Goyet de Livron. La grande porte en fer forgé est encadrée par quatre piliers en hémicycle. Seule une porte latérale laisse passer les piétons, l'autre est murée en trompe l'oeil. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1998).

    Ce pigeonnier rond à deux étages, couronné d'une toiture à clocheton, se trouve au bord des douves du château. Isolé des autres bâtiments, il signale l'approche du Méage. A l'intérieur, cinq cent poteries à fond plat servent de niches aux pigeons.