saint-étienne-de-vicq: intempéries et épidémies

    Le 10 avril 1694, fut enterré un inconnu trouvé mort de misère et de maladie sur les terres de  Verseilles, âgé d'environ seize à dix-sept ans. Un autre corps non identifiable fut découvert, habillé en soldat.

    Il tomba une grande quantité de neige du 23 décembre 1708 au 18 février 1709. Il fit tellement froid que les récoltes gelèrent en janvier. la disette fut grande à cause du prix excessif des grains. Une quantité de ceps de vigne éclatèrent. les noyers moururent gelés. Le dégel débuta le 13 février. Pendant toute l'année 1709, de pauvres gens affamés quittèrent le pays, errant ça et là, mourant de faim sur les chemins.

    Le 31 juillet 1712, la grêle tomba sans discontinuer de midi à sept heures du soir. Elle ruina les blés, les vignes, les domaines et les chènevières. Chanvre, fruits et vins  disparurent complètement.

    De la fin de novembre 1766, jusqu'au 01er février 1767, le froid fût si intense, que la misère et la disette furent comparables à celles de 1709 (voir second paragraphe ci-dessus).

    le bûcheron et les gendarmes

    Un brave bûcheron partait le matin à vélo avec sa musette, sa scie et sa hache. Un soir, en rentrant du travail à la nuit tombée, il rencontre deux gendarmes en faction. La dynamo du vélo de notre homme donnait des signes de faiblesse, et l'éclairage était plus que défectueux.

    "Hep, la lumière!" lui cria un gendarme.

    La réponse fusa: "Ta gueule con, j'en ai deux à te mettre sur le nez!"

    Et la poursuite à vélo s'engagea. Notre homme connaissant la région comme sa poche, sema facilement les deux représentants de l'ordre. Il rentra ensuite chez lui très tranquillement. Dès le lendemain matin, partant plus tôt, il fit réparer l'éclairage de sa bicyclette. Mais, les gendarmes débarquèrent sur son lieu de travail. Pas dégonflé, aidé de son patron et du personnel, notre homme se cacha dans la fosse à sciure, sous la scie. la maréchaussée repartit désabusée. La journée de travail se passa sans incident. Le soir, notre homme prend la direction du retour, et trouve à nouveau nos deux gendarmes.

    "Tu vois, dit l'un d'eux, c'est le gars d'hier".

    Oui, mais là, plus de provocation, et notre cycliste continue sa route en riant dans sa barbe d'avoir joué un bon tour aux gendarmes.

    la tête dure comme du bois

    L'équipe de travail présentée dans cet article avait une particularité: les trois hommes qui la composaient s'appelaient tous Martin. Le père, le fils, et l'ouvrier. Ils étaient scieurs de long. Le banc de sciage consistait en un bâti appelé chèvre, sur lequel était montée la bille de bois à débiter. Sur cette bille,, était monté un ouvrier avec une grande scie à main, et en dessous, deux autres hommes. Il fallait monter et descendre cette lame, de la pointe du jour jusqu'à la tombée de la nuit, en suivant bien le trait du fil. Cette particularité faisait dire au père Martin "Y a qu'ici qu'on voit ça, trois Martin sur la même chèvre". Pour bien comprendre la plaisanterie, à l'époque, dans les domaines, un bouc était appelé un martin. Alors, forcément, trois Martin....

    Mais un soir, en rentrant du travail en vélo, le père Martin heurte violemment la roue d'un char agricole. Notre homme perd conscience. Le médecin est très pessimiste, et attend le lendemain matin pour faire un diagnostic définitif. Mais le lendemain, à l'arrivée du médecin, le père Martin était déjà depuis longtemps sur son lieu de travail.

    Une autre fois, notre homme fait une hémiplégie, et reste paralysé d'un côté. Mais, ayant l'habitude de scier son bois de chauffe avec une scie à bûches, il a tout simplement attaché le bras handicapé à la monture de la scie et, à l'aide du bras valide, fait les mouvements de va et vient pour actionner la scie, tant et si bien que la circulation s'est rétablie, et le bras est redevenu normal.

    la cabane au fond du jardin

    Après la première guerre mondiale, les bidasses étaient chargés de nettoyer, dans la mesure du possible,  les terrains où eurent lieu les combats. Un  beau matin, quelques bidasses mettent le feu à un tas de grenades et obus non explosés. L'opération se fait assez à l'écart de toute habitation. Une fois l'explosion produite, ils entendent des cris provenant de la direction du village. Ont-ils blessé quelqu'un? A leur arrivée, plusieurs personnes portent déjà secours à la mère du maire du village où ils interviennent.

    Cette dernière était allée aux toilettes, dans un cabanon en planches dans son jardin. Celui-ci n'étant sûrement pas de première jeunesse, il n'avait pas résisté à l'onde de choc provoqué par la déflagration. Il s'était disloqué en gardant prisonnière la pauvre femme qui en fût quitte pour quelques bleus et un nettoyage complet.

    quelques vues pendant le circuit