saint-léon: PODii SANCTI AMBROSII

    Du sommet du Puy-Saint-Ambroise, on jouit d'une vue impressionnante sur sept départements. Ancien volcan, son horizon se prolonge jusqu'au Morvan et aux collines de La Charité, puis de Meillant et de Montrond. De sa contemplation, le visiteur apercevra également la Bonne-Marche, puis le Val de Loire et, au-delà du fleuve, les monts du Morvan, du Beaujolais, et du Mâconnais.

    Dans les vues les plus lointaines, se dressent les monts du Forez, et les pays d'Auvergne. Plus près, c'est la montagne Bourbonnaise que l'on aperçoit, avec le Montoncel, les hauteurs de Courtine, les mont de la Madeleine, d'où  se détachent le plateau du Fétré. Notre regard caresse ensuite les hauteurs du Mont-Aux-Moines et de Montmaraud, pour stopper sur les monts de la Haute-Marche, de Toul-Sainte-Croix, et de Vesdun.

    Douceur des yeux, et repos de l'âme sur ce lieu consacré au culte Celtique, où les druides réunissaient leurs adeptes dans la clairière située à son sommet. Tous se rendaient ensuite dans une grande forêt de chênes qui se trouvait près du bourg actuel de Saint-Léon. Près d'une source, se dressait vers les Dieux, un grand chêne plusieurs fois centenaire, qui faisait l'objet d'une grande vénération, et où l'on cueillait le gui sacré.

    Tout près, le bois de la "Pierre Qui Danse" était témoin de sacrifices humains (photo ci-dessous). Plus tard, à la disparition des druides, les fades se livraient dans ce même lieu à des danses obscènes et toutes sortes de maléfices, jusqu'à ce que la pierre, soulevée par leur art diabolique, vienne se joindre à elles.

    Au pied de ce grand et vieux chêne, les sorts maléfiques des fades étaient, le plus souvent, de déclencher des orages et des tempêtes de grêle. Pour faire cesser tout ce désordre, deux bons religieux bâtirent un oratoire à la place d'un essaim d'abeilles, et le placèrent sous le patronage de Saint-Ambroise, dont le berceau fut envahi par un essaim d'abeilles qui ne lui firent aucun mal.

    Dès lors, plus aucune fade n'osa plus se risquer à aucun maléfice , et elles "déménagèrent"  à Châtelperron. A la mort des deux bons religieux, de peur du retour des fades, il fut fait donation à l'abbaye de Mozat du Puy-Saint-Ambroise. Les bénédictins firent construire un prieuré dont le clocher carré, l'abside et les absidioles existent encore (photo ci-dessous). Les moines placèrent également la source des druides sous la protection de Saint-Lyans, et y érigèrent une croix.

    Un  soir, des bergers ramenant leurs troupeaux, aperçurent dans les branches du grand et vieux chêne, une statue de la Bonne Dame. Le prieuré fut prévenu et le prieur, une fois sur place, pria quelques instants, et ordonna à deux moines de prendre la statue, et de l'emporter à la chapelle du prieuré. Mais la statue était si lourde qu'il leur fut impossible de mener à bien leur mission. Le prieur comprit alors que la Vierge voulait rester à l'endroit où elle se trouvait.

    Il comprit aussi qu'elle était venue en ce lieu pour que le culte qu'on lui rendrait par la suite, sanctifierait le vieux chêne souillé par tant de siècles d'idolâtrie et de superstition.  Il sut également que sa présence éloignerait à jamais toutes les fades et autres suppôts de Satan qui s'y donnaient rendez-vous.

    La Vierge resta finalement à sa place, et, petit à petit, à force de prières et d'adoration, le vieux chêne et la fontaine devinrent un sanctuaire vénéré où pèlerins et malades venaient en nombre demander la guérison ou l'adoucissement de leur souffrance.

    Au XVIIème siècle, Jean de Molles, seigneur de Marcellange, craignant que le temps et le climat ne détériore la vierge, fit construire pour l'abriter une petite chapelle qu'il nomma Notre-Dame-Du-Taillis. Elle fut détruite en 1793. Seule la statue échappa à la destruction. Photo ci-dessous, la chapelle de Notre-Dame-Des-Taillis de nos jours.

    De nos jours, la croix de Saint-Lyans a été remplacée par la "croix fleurie" où est représentée une petite statue de la Vierge et l'Enfant Jésus. Malheureusement, la Vierge et l'Enfant Jésus ont disparu (photo ci-dessous). Le nom de Saint-Lyans, légèrement déformé par les habitants, fut donné au village de Saint-Léon.

    La fontaine de Montpeyroux existe encore, et on peut toujours apercevoir la pierre sculptée d'où se détachent les têtes de Saint-Claude et de Saint-Bonnet. Photo plus bas: la chapelle au village de Montpeyroux.