saint-menoux

    présentation

    Superficie de 2670 ha - Altitude de 214 à 277 mètres - 1 019 habitants environ.

    Vers le VIIème siècle, un évêque Irlandais nommé Ménulphus, de retour de Rome, s'arrête dans le village de Mailly-sur-Rose. Il y mène une vie d'abnégation et réalise miracles et guérisons. Il aurait pris sous sa protection un simple d'esprit qui était le souffre-douleur des gens du village. Celui-ci, n'arrivant pas à prononcer correctement le nom de "Menulphe", le prononçait de manière simplifiée "Menoux", d'où ce deuxième nom attribué à Menulphe.

    Après la mort de Ménulphus, Blaise, le simple d'esprit, ne comprit pas tout de suite que son protecteur était mort. Il passa alors des jours et des nuits sur la tombe de son ami située initialement dans le cimetière de Saint-Germain. Pour mieux communiquer avec son bienfaiteur, Blaise avait pratiqué un trou dans le cercueil. Devant tant d'amour, le curé du village finit par accepter de construire un sarcophage spécial pour respecter le désir de Blaise. Ainsi le village prit le nom de Saint-Menoux.

    A partir du XIème siècle, une abbaye se développe sur sa tombe supposée de Menulphe et les pèlerinages enrichissent la petite ville. La paroisse appartient au diocèse de Bourges et relève de la châtellenie de Bourbon-l'Archambault. Le bourg bénéficie donc de la présence de l'abbaye royale et de la proximité de la ville thermale de Bourbon. En 1565, il reçoit la visite de Charles IX et de Catherine de Médicis.

    Au XVIIème siècle, Saint-Menoux est une ville animée qui accueille cinq foires par année. Il semble que Mme de Montespan y soit venue en 1700. La révolution entraîne la fermeture et le saccage de l'abbaye. Au XIXème siècle, la présence d'un sous-sol calcaire permet la création de fours à chaux, alimentés par le charbon de Saint-Hilaire, Buxières et Noyant. Ils sont fermés après la seconde guerre mondiale. Photo ci-dessous: tour tronquée de La Belette.

    Les bâtiments conventuels, ci-dessous, se situent sur une parcelle qui jouxte celle de l'église. Cependant, la présence d'un blason sur une façade des dépendances semble indiquer une utilisation privée ultérieure. La maison côté rue présente des fenêtres à meneaux et doit dater du XVème ou du XVIème siècle. Les dépendances, du XVIIème siècle, sont couvertes d'une toiture à charpente imposante. Deux portes cochères donnent sur la rue. Côté cour, le logis, à un étage et comble perdu élevé, est flanqué au sud-ouest d'une tour carrée contenant un escalier à vis. Une passerelle en bois dessert l'étage. Les ouvertures sont remaniées.

    Cette maison à pans de bois ci-dessous est composée d'un étage faisant saillie sur corbeaux et d'un comble à deux versants très pentus. L'intérieur du logis présente des cheminées anciennes. Ce bâtiment a pu avoir un lien avec l'ensemble conventuel présenté plus haut. Des travaux effectués dans la cave relèvent en effet l'entrée d'un souterrain en direction de l'abbaye toute proche.

    Cette maison ci-dessous, dite maison du pèlerin, est à un étage sur cave et présente à l'origine des fenêtres à meneaux et des corbeaux sculptés. On accède au logis par une porte cochère à arc en anse de panier souligné de moulurations. A l'intérieur se trouvent plusieurs cheminées. L'une d'elle porte un blason à couronne bûchée, ducale ou comtale. Certaines salles, de grande taille, recevaient peut-être d'illustres personnages. Ce bâtiment était soit un lieu d'accueil pour les pèlerins, soit un lieu d'hébergement pour les familles des religieuses.

    Ce fronton cintré de 1694, ci-dessous, interrompu à sa base, présente un bas-relief figurant quatre femmes. L'une d'elles tient une balance, une autre, un miroir, une autre enfin est assise sur un trône. Au-dessous, sur la clef de l'arc de la porte, deux têtes de séraphin sont sculptées. Cette représentation fait référence à la représentation des quatre vertus: la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice . Ce bâtiment, nommée Maison des Vertus, peut être l'habitat ou le siège d'un officier de justice à la fin du XVIIème siècle. Par ailleurs, situé en face des anciens bâtiments conventuels et datant comme eux du XVIIème siècle, l'édifice a pu être lié à l'ensemble. Il relève d'ailleurs certainement du legs Richot comprenant les vestiges du couvent et ses dépendances. La porte, avec son tympan sculpté, a été inscrite Monument Historique en novembre 2000.

    Ci-dessous, oeuvre contemporaine intégrée dans les paysages du Bourbonnais sur le sentier de Saint-Jacques-de-Compostelle. Réalisée par Eléanor Stride, Cette sculpture en terre cuite et bois, représente "L'enfant et l'oiseau": "Vole, vole" dit l'enfant à l'oiseau qui picore dans sa main tendue vers le ciel. Je suis  l'innocence et la fragilité, tu es la liberté que j'ai tant cherchée. Apprends-moi à te suivre sur le chemin de la spiritualité, sur le chemin de Saint-Jacques en Bourbonnais.

    Le pont de Saint-Menoux est cité à la fin du XVIIème siècle. Il compte trois arches et, sans être d'une importance considérable, contribue à la circulation des biens et des personnes.

    L'ancien domaine de La Mhotte comporte encore cette grange ci-dessous, du XVIIIème siècle, à laquelle vient s'accoler, au XIXème siècle, un fenil sur colonnes doriques. L'espace ainsi ménagé peut servir à entreposer du matériel agricole. Cette construction est totalement atypique et résulte probablement d'un réemploi à la suite de la destruction d'un château proche. L'ancien château de la Mhotte et sa chapelle, signalés dès le XVIème siècle sur un autre domaine, ont en effet complètement disparu lors d'une construction.

    Claude Richot, originaire de Saint-Menoux, dote la commune, dès 1845, de bâtiments, terres et rentes pour l'établissement d'une maison d'instruction et de charité qui sera tenue par des religieuses de la congrégation du Bon-Pasteur de Clermont. Après quoi, il lègue à la commune ce qui reste du couvent de Saint-Menoux avec ses dépendances. Il est également le donateur de cette grande croix en fer, ci-dessous, qui se dresse sur son socle en maçonnerie, au milieu de la place principale du village.

    Cette fontaine est liée au culte de saint Menoux, et son eau est réputée pour soigner les personnes atteintes de troubles psychiques. Cet édicule, relativement récent, en rappelle le souvenir. Photo plus bas: ancien lavoir.

    les fouilles de l'abbé moret

    Un tumulus, de 25 mètres de diamètre et de 2 mètres de hauteur au centre, a été fouillé au cours des années 1892 à 1900, sous la direction de l'abbé Moret, alors curé de Saint-Menoux. Ce tertre occupe encore le milieu d'un plateau au bas duquel se trouve le moulin de Joux. Il est situé entre le domaine de Joux et le ruisseau l'Ours, à peu de distance à l'ouest de la ligne qui joint les domaines de Champcoux et de La Forest et à droite de la route de Saint-Menoux à Autry. Ce tumulus était composé de pierres arrondies, prises sur place, mélangées de terre. Certaines pierres étaient si grosses, qu'un homme aurait eu de la peine à les porter. Le milieu de la butte était recouvert de terre destinée à protéger l'intérieur contre les infiltrations d'eau. La première année de fouilles ne donna qu'un fragment de fibule ou d'épingle, recouvert d'une belle patine.

    L'année suivante, une tranchée fut ouverte et amena la découverte, au centre de la butte, sous un amoncellement de pierres et de terre de deux mètres d'épaisseur, de deux beaux poignards en bronze coulé, d'un bracelet de bronze entourant un cubitus, d'ossements humains appartenant à deux squelettes et de débris d'un grand et beau vase qui fut reconstitué.

    Le tout reposait sur une couche de terre noire, grasse, onctueuse, épaisse de 5 centimètres et mélangée de débris de charbon de bois. Au-dessus des squelettes, furent aussi recueillis des ossements de génisse et des défenses de sanglier. Un peu plus tard, de nouvelles fouilles pratiquées au centre du tertre donnèrent: une épingle en bronze à tête globuleuse perforée obliquement, une petite plaque de même métal et un petit vase en terre brisé en deux morceaux.

    En 1898, à 4 mètres du centre, côté sud, un troisième squelette était découvert avec quatre bracelets, dont deux en bronze et les deux autres en schiste. La tête du squelette qui avait été trouvée entière fut brisée par un malencontreux coup de pioche. Dans la partie nord-ouest du tumulus, les ouvriers découvrirent une grande pierre plate, en calcaire, de 1.15 m. de long sur 0.70 m. de large et 0.15 m. d'épaisseur, percée de quatre trous et reposant à plat sur de grosses pierres.

    Sous cette pierre, qui devait servir aux libations en faveur des morts, la terre était noire et grasse. Outre cette grande pierre plate, on recueillit encore les restes d'une meule à grain en granit rougeâtre, une petite pierre de même nature à cinq facettes, arrondie au sommet et plate à la base et deux silex trouvés à quelques mètres du tumulus.

    En 1900, la dernière année de fouilles, on explora les deux angles de la partie du tumulus qui fait face au midi, et on trouva un quatrième squelette, un bracelet de bronze très ténu, une sorte de bouton en bronze orné d'un cordon perlé de travail soigné, un bracelet de même métal qui se fermait à l'aide d'une petite pointe rentrant dans l'autre extrémité et de nombreux débris de vases. On recueillit encore un fragment d'un troisième bracelet de schiste. Dans le tumulus, seuls les plus gros ossements ont été trouvés et encore étaient-ils éclatés et brûlés par le feu. La terre noire et grasse et les débris de charbons qui recouvraient le sol primitif fournissent la preuve qu'un feu violent a brûlé les morts en même temps que les animaux sacrifiés à leurs mânes. De même, de nombreux fragments d'ossements, très courts, trouvés sur le pourtour du tumulus, donnent à penser que des hommes et des animaux ont été plus complètement brûlés sur les bords du bûcher qu'au centre.

    belles demeures

    saint-menoux: avant et maintenant