SALIGNY-sur-roudon

    Superficie de 5 777 ha - Altitude de 227 à 307 mètres - 708 habitants environ.

    L'origine du nom est issue du Gallo-Romain "Salignacium", qui signifie domaine de Salignus, et du nom du cours d'eau, qui en langue d'oc, signifie rouge. La région a été habitée dès l'époque préhistorique. Des fouilles ont révélé l'existence d'une station paléolithique, et d'habitations Gallo-Romaines. Au Moyen-Age, l'altération a donné Silinia (Xème siècle), puis Salignaci, avant de prendre sa forme actuelle au XVIIIème siècle.

    Par la suite, le bourg s'est développé autour d'un prieuré de fondation clunisienne, qui a disparu au XVème siècle. Au XVIIIème, l'activité commerciale est très importante, avec des halles, des foires et plusieurs hôtels. Des mines de manganèse sont exploitées à la fin du XIXème siècle. En 1901, "sur Roudon" est ajouté au vocable de la commune, pour éviter les confusions postales avec Jaligny. La rivière est ainsi nommée parce qu'elle charrie des grès ferreux.

    Le blason de la commune est composé d'un tiercé en pairle:

    1- d'une gueule à la tour d'or ouverte, ajourée et maçonnée de sable,

    2- d'argent aux deux fasces ondées de gueules,

    3- de sinople au cheval effrayé d'argent.

    La commune s'étend sur les ramifications d'une petite chaîne de collines, qui finit au Puy-Saint-Ambroise.

    Cela explique son relief plus accidenté que celui de l'ensemble de la région.

    La partie nord de la commune est formée par un plateau argileux, limité par la Lodde et le Roudon. Ce plateau descend en pente douce vers la Loire. C'est ici qu' étaient regroupées déchues, dont il ne reste que les mottes, mais qui montrent l'importance féodale des bords de Loire: les "Larmiers" (avant le XVIème siècle), Cholet, Gentes. Certaines de ces seigneuries avaient des terres sur les deux rives de la Loire. Elles furent parfois remplacées par des communautés.

    A la place du château de Saligny actuel, se trouvait un castel dont il ne reste rien depuis le XVème siècle. Il s'élevait autrefois sur une motte. La fortification de terre de Beaumont, en partie encore visible, a été le siège d'une seigneurie primitive. Les premiers seigneurs connus ont fait partie d'une famille éponyme.

    Au lieu-dit "la Chenal", se situe une plate-forme de plan rectangulaire de 30 mètres de long, pour 23 mètres de large, ceinturée de fossés larges de 14 mètres. Cette dernière a été utilisée pour l'installation d'une maison forte aujourd'hui disparue.   

    Autre exemple de maison forte disparue aux "Larmiers", où une plateforme de plan rectangulaire de plus de 30 mètres de côté, ceinturée de fossés, a été le siège d'une ancienne maison forte qui, jusqu'au XVIème siècle, a porté le nom de Givaudan. C'est à cette époque qu'elle a pris le nom de la communauté, qui s'est installée sur le domaine, celle des Larmiers.

    De son côté, le lieu-dit "Paray" aurait été un "vieux domaine construit sur une motte antique, et dont le nom et la situation sont ceux d'une ancienne maison forte....". Celle-ci est aujourd'hui disparue.

    La motte des "Fréchets" (photo ci-dessous) se situe à proximité du château de Saligny. Elle est fortement marquée par une végétation arbustive, et a été le siège primitif de la seigneurie de Saligny. R. Laplanche, dans son ouvrage "sites fossoyés médiévaux", pages 247 et 248, mentionne que "l'habitation seigneiriale des Lourdin occupait une motte.......dans le bois des Fréchets, et que les vieux plans terriers signalent toujours avec cette mention: là fut jadis l'ancien château de Saligny...".

    La motte castrale de Gentes, encore visible, a été le siège de la seigneurie de Cordeboeuf. D'ailleurs, un terrier du XVIIème siècle mentionne: "motte où soulait être le vieux chastel de Cordeboeuf...".  D'ailleurs, au lieu-dit de "Gentes", d'après Monsieur Rouleau, ancien instituteur de Thiel-Sur-Acolin, une hache de bronze, à ailerons, a été trouvée.

    Celle de Saint-Denis, féodale, a pu être, primitivement, le siège d'une seigneurie. Mais, elle a servi dans un second temps, de base à l'édification d'une chapelle, chargée de rester au contact des nouvelles populations, trop éloignées du bourg paroissial.

    La motte et fief du Châtelier est une belle motte castrale, avec basse-cour. Ancienne seigneurie, la fortification de terre, de forme tronconique, dispose d'une plateforme de 35 mètres de diamètre, et est entourée d'un large fossé et complétée d'une basse-cour oblongue de 66 mètres pour 40 mètres de large. De nos jours, une construction sur soubassement de pierre occupe les lieux. Les murs sont à colombages et croix de Saint-André. Des transformations, au XIXème siècle, ont remplacées une partie de l'ancienne demeure.

    La voie Romaine d'Augustonemetum (Clermont) à Augustodunum (Autun) par Aquae Calidae (Vichy), au niveau de Saint-Léon, se dédoublait. La branche de gauche se dirigeait sur la Loire, par Saligny, dont l'église, comme le sanctuaire qui l'a précédée, est dédiée à Saint-Martin. Elle descendait ensuite sur la motte des "Larmiers" et Diou, où elle traversait la Loire.

    Il y avait une chapelle au château de la Varenne (photo ci-dessus). L'archiprêtre la mentionne dans le compte-rendu de sa visite de 1675 en ces termes: "....on y dit la messe tous les dimanches, festes mesme solennelles, en sorte qu'on ne voit presque jamais les dits seigneur et dame de Chantelot à la paroisse, non plus que ledit chapelain, ce qui est un grand abus. Vray est que lesdits seigneur et dame sont fort vieils.....".

    Outre l'église Saint-Martin et la chapelle du château de la Varenne, il y avait sur la paroisse quatre chapelles. Tout d'abord, la chapelle Saint-Denis, au milieu des bois, autour de laquelle abondaient des briques, des restes de poteries antiques, et des traces d'inhumation.

    La chapelle saint-Roch, fondée après une épidémie, sous les auspices de l'importante confrérie de Saint-Roch de Pierrefitte, qui s'y rendait en procession chaque année. Elle se situait à six cent mètres au nord du domaine des Oyons, sur un très vieux chemin qui descendait vers la Loire et, après l'avoir traversée au bac du Perron, remontait à Bourbon-Lancy par la Brosse.

    Gaspard de Coligny-Saligny fit don aux religieux de Sept-Fons, au lieu-dit "les Truges", d'une chapelle construite à la fin du XVIIème siècle. A cette même époque, une autre chapelle fut bâtie dans un lieu en friches appelé "Villeneuse", devenu par la suite "Villenaud". Il semblerait que cette construction a remplacé une autre structure, datant de la plus haute antiquité.

    Marc Lourdin de Coligny Saligny, né en 1524, a offert à la paroisse, trois ans avant sa mort, une cuve baptismale en marbre blanc (photo ci-dessus). Ce dernier était cousin au second degré et contemporain du célèbre amiral de Coligny (1519-1572), première victime du massacre de la Saint-Barthélémy. De religion protestante, Marc abjure comme le roi Henri IV en 1593, mais reste en bon rapport avec les réformés. Chevalier du roi, il s'illustre au combat de Charenton en 1557, et vit plus souvent à Paris, où il aime les arts et les sciences.