souvigny

    présentation et histoire

    Superficie de 4436 ha - Altitude de 224 à 357 mètres - 1907 habitants environ.

    Souvigny (Silviniaco: la forêt) est au Xème siècle un petit village groupé autour d'une église appartenant à Aymard, premier ancêtre des Bourbons. En 915 ou 920, ce dernier fait don de Souvigny à Cluny. Un prieuré bénédictin commence réellement à exister vers la fin du Xème siècle. Maïeul et Odilon, abbés Clunisiens, meurent successivement à Souvigny  en 994 et 1049, qui devient alors un centre de pèlerinage important.

    En 1064, l'église est solennellement consacrée, lors de la translation des reliques de saint Odilon. En 1095, le pape Urbain II fait installer le tombeau de saint Maïeul dans la grande nef de l'église. Les sires de Bourbon commencent alors à s'appuyer sur la puissance du prieuré où affluent dons et pèlerinages.

    Au début du XIIème siècle, Archambault Ier devient le protecteur du monastère, qui possède les privilèges de justice et de monnayage. Au XIIIème siècle, la ville semble être le lieu de résidence des Bourbons qui, à partir de la fin du XIVème siècle, font de la prieurale leur nécropole. Le prieuré est source d'un très grand rayonnement spirituel dont l'expansion favorise l'accroissement du monastère et de la ville. Cette expansion est indissociable de l'ascension de la famille des Bourbons, fondateurs et protecteurs du monastère.

    Des vestiges de façades des XVème et XVIème siècles témoignent de la splendeur de l'époque. Jusqu'à la fin du Moyen-Age, Souvigny est la première capitale du Bourbonnais, et demeure l'une de ses principales villes jusqu'au XVIIIème siècle. Néanmoins, Souvigny va peu à peu perdre de son importance. Pendant la révolution, les derniers moines sont chassés et l'église est détériorée. Au début du XIXème siècle, la commune trouve un nouveau souffle économique, pour devenir vers la fin du XXème siècle, un des points forts du tourisme en Bourbonnais. Elle fut élue  Grand Site National en 1993, puis Grand Sanctuaire Roman d'Auvergne en 2002.

    Une enceinte fortifiée est élevée autour de la ville vers le XIVème siècle, sans doute afin de faire face aux troupes Anglaises, notamment en pleine guerre de Cent Ans. A la fin du XVIème siècle, l'enceinte est sauvée de la démolition grâce à l'intervention de la mère du prieur, Laure de Birague, auprès d'Henri IV. A l'époque révolutionnaire, il ne reste que des lambeaux de la muraille, probablement détruite au cours des XVII et XVIIIème siècles. La commune possède  encore quelques vestiges de cette enceinte médiévale, notamment la tour Saint-Eloy, quasiment invisible.

    Le monument aux morts surprend par sa simplicité, et son style très classique. Ceci est peut-être dû à une volonté de diminuer le coût de la commande.

    La mairie, ci-dessous, est installée dans une ancienne maison du bourg. Le lanternon, dans lequel s'inscrit une horloge, est un rajout ultérieur. Dominant la haute toiture du bâtiment, il souligne l'importance du lieu. 

    Photo ci-dessus, vue sur la porterie et la maison aux voûtes. Encore au-dessus, l'ancien lavoir.

    Ci-dessous, cette fontaine est surmontée d'une petite construction en forme de temple dorique. Un décor gravé, évoquant le thème de l'eau, représente un dauphin et un trident. En outre, un réverbère à gaz se trouve au milieu de l'édicule.

    Armoiries de la commune.

    Restes de la porte de Queune.

    La verrerie de Souvigny, fondée en 1755 par Monsieur Salvart de Saint Brisson est l'un des plus anciens établissements du Bourbonnais. Son implantation doit à l'importance de la commune dans l'histoire, et à la présence à faible distance de toutes les matières premières nécessaires. La navigation sur l'Allier offrait le moyen de transport le plus rentable et la situation sur la route de Limoges et de Bordeaux était la principale source de débouchés. Plus de 700 personnes vivaient de cette industrie.

    Les verreries et cristalleries de Souvigny ne cessèrent d'augmenter et d'améliorer leurs productions, se spécialisant dans la fabrication de verres destinés à l'industrie hôtelière, aux grandes compagnies de navigations maritime et aérienne. La concurrence internationale et l'apparition de la crise économique altérèrent, puis anéantirent cependant la vitalité de la première activité industrielle de la région qui ferma définitivement ses portes en 1979.

    Passage à voûtes d'ogives vers la double cour de l'ancien château.

    Vue du passage de l'intérieur de la cour de l'ancien château. Inscription Supplémentaire aux Monuments Historiques.

    La bible de Souvigny, assurée à plusieurs millions d'euros, fait l'objet de mesures de sécurité exceptionnelles. En raison de sa beauté, sa préciosité et de sa fragilité, elle est conservée dans un robuste coffre-fort fermé à double-tour. Ce manuscrit sacré exerce encore de nos jours un puissant pouvoir de fascination. Son parfait état de conservation est certainement dû à un véritable travail d'orfèvre: 392 feuillets, 122 enluminures, d'imposantes mensurations, des scènes bibliques, des lettres ornées ou filigranées, des effets picturaux, le tout rédigé sur des parchemins. Malgré une origine controversée, la bible de Souvigny reste comme l'une des plus belles reliques de l'art roman, et l'une des plus grandes fierté du département.

    Les fouilles archéologiques, au milieu de la nef centrale de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, ont permis de localiser le tombeau des saints Mayeul et Odilon. Les archéologues ont mis à jour un caveau, d'époque romane, établi au-dessus du sarcophage où les deux abbés furent probablement réunis à la fin du XIème siècle.  Les vestiges d'un dispositif antérieur, détruit au XIIème siècle par le creusement du caveau ont été dégagés quelques années plus tard.

    Les angles du premier monument funéraire, de plan trapézoïdal, qui entourait le sarcophage, étaient formés de longs blocs de grès, disposés en équerre et creusés d'une large rainure dans laquelle s'inséraient des plaques verticales. L'accès au sarcophage se faisait depuis un grand escalier. Une barrière de choeur isolait les moines des fidèles et de la multitude des pèlerins. On installa aux angles du monument funéraire les quatre supports d'un dais monumental en bois, qui brûla en place lors d'un incendie au milieu du XIIème siècle.

    Le premier monument démoli fut remplacé par un caveau, bien appareillé, qui présentait une ouverture et un escalier d'accès, aboutissant sur le couvercle du sarcophage. La superstructure romane du tombeau est inconnue, mais elle est contemporaine de la mise en place autour du choeur monastique d'un nouvel chancel monumental, qui n'est autre que le très bel ensemble sculpté dit "tombeau de Mayeul".

    A l'époque gothique, le caveau fut surmonté d'un haut socle à façade ouvragée sur lequel reposait les deux gisants polychromes de Mayeul et Odilon. Leurs têtes décapitées, les débris de l'un d'eux et ceux du socle ont servi, entre autres matériaux, à combler le caveau lors de sa destruction en 1793. Avant leur transfert dans l'armoire aux reliques, des châsses contenant les ossements saints furent placées sur des autels dédiés à Mayeul et Odilon.

    Porte à demie-enterrée.....

    ......avec armoiries très effacées.

    façades et beaux logis

    La rue de la République est rythmée par de nombreuses façades datant de la seconde moitié du XIXème siècle, et débouche sur la place du bourg où trône la fontaine de la même époque. La maison ci-dessous possède un fronton triangulaire portant les dates "1623" et "1854". Un balcon de fer forgé et des bandeaux soulignent les horizontales de la façade, tandis que des pilastres en accentuent la verticalité. Par ailleurs, la cour arrière comporte une ancienne tour ronde abritant un escalier à vis dont la partie supérieure est remaniée.

    Derrière une porte en fer de lance du XVème siècle, au fond d'une cour, logis à tourelle carrée du XVIIème siècle (photo ci-dessous). Plus bas, belles maisons, et intérieur d'un refuge pour pèlerins de saint Jacques de Compostelle.

    La maison ci-dessous possède une façade classique orné, au rez-de-chaussée, de pilastres doriques cannelés. Le balcon repose sur de gros corbeaux en volutes. Sa grille, en fer forgé, reprend notamment un motif d'inspiration néogothique alors répandu. Plus bas, logis des XVIème/XVIIème siècles, puis logis du XVIIIème siècle.

    Ci-dessous, les traces, sur une façade du XIXème siècle, portant l'inscription "Rouennerie Parapluies", puis sur une autre "Boucherie".

    Ci-dessous, pochoir aux lettres blanches sur fond bleu faisant la réclame du "Petit Journal", quotidien fondé en 1863 à Paris par Moïse Polydore Millaud. Il connait un beau succès car il est bon marché (5 cts), est d'un format commode (43*30), et est accessible à tous. Le dernier numéro paraîtra le 26 août 1944.

    Ci-dessous, beau logis d'angle avec tour de l'enceinte médiévale, fossés comblés, et restes de murailles médiévales. Derrières ces dernières, maison néo-classique, à toit en terrasse du début du XIXème siècle.

    Ci-dessous, logis du XVIème siècle à faux colombages et niche de la Vierge à l'Enfant, aujourd'hui vide. Plus bas, gentilhommière de la Tour.

    quelques vues pendant votre randonnée