THIEL-sur-acolin

    Merci à Monsieur Marc Bernardet, Madame Rive Corinne et Monsieur Rive Didier pour leur disponibilité et leur aide précieuse.

    Superficie de 5 571 ha - Altitude de 288 à 286 mètres - 1 058 habitants environ.

    THIEL (de Theodoliacum ou du patronyme Romain Thyellus) a vu son sol occupé depuis l'Antiquité, comme en attestent des découvertes préhistoriques , ainsi qu'une officine de potier datant du IIème siècle. Cette dernière fut mise à jour près du bourg.

    La voie Romaine allant de Bourbon-l'Archambault à Digoin, qui passe dans l'agglomération, est jalonnée de mottes féodales. Elle aboutissait à Thiel, et venait de Sancoins, par Bourbon-l'Archambault.  On a longtemps regardé ce petit bourg comme la Sitillia des itinéraires Romains. D'ailleurs, Monsieur De Coiffier a imaginé d'y placer la Gergovia Boïorum, parce que le lieu se trouve sur la frontière des Eduens et des Arvernes.

    Deux seigneuries, celles de Pougny et de La Fin, y ont alors leur siège. Une troisième, celle de La Creuse, est mentionnée à plusieurs reprises, mais son histoire est mal connue après 1443, date à laquelle Jean Pitois, son seigneur, en rend aveu. A la fin du Moyen-Age, l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, ou de Malte, s'établit à Ponthenat, à la limite entre Thiel-Sur-Acolin et Dompierre-Sur-Besbre.

    Au lieu-dit des "Bizets", il existe, encore visibles de nos jours, deux mottes féodales jumelées (photo ci-dessous), entourées de fossés en eau. Il s'agissait d'un siège de seigneurie, l'une des mottes étant castrale, l'autre contrôlant la basse-cour.Charnay faisait l'objet en 1503 d'une reconnaissance de fief de l'écuyer Lancelot de la Varenne, à la duchesse de Bourbon, comprenant "un estang, rompu à présent en pré et chevance, paroisse et village de Charnay, lequel village est soubz reheméré".

    Lancelot de la Varenne, toujours lui, et toujours en 1503, reconnaît également tenir de la duchesse de Bourbon "sa maison forte de Chevennes, paroisse de Thiel, avec foussez, pont-levis, granges, estableries.... moulin et revenus..... plus sa justice de Thiel.....". Cette dernière est aujourd'hui disparue et ne fut jamais précisément localisée.

    De même, sur une fortification naturelle qui surplombe la vallée, il existait une motte de terre, à la "Creuse", entourée de fossés. Aujourd'hui nivelée, elle se situait près du domaine des Noyers. Autre lieu disparu, le château de Pougny, mais où il a subsisté un moulin sur l'Acolin jusqu'au début du XXème siècle.

    La motte féodale du fief des Cadeaux était installée au milieu d'un étang asséché.  Ce fief abrita en 1603, deux conseillers au présidial de Moulins: Hugues et Léonard Faverot. L'entrée du domaine, qui a succédé à la motte, se fait par un beau portail de pierres à bossages, à arc surbaissé, fronton et lanternes (photo ci-dessus). Pendant la seconde guerre mondiale, la Kommandantur Allemande s'établit un temps à l'intérieur du château. Les communs en briques bicolores et polychromes datent du XVIIème siècle. Le logis actuel est une belle maison de maître de 1882-1883, qui a succédé à des bâtiments plus anciens.

    On distingue encore autour des habitations des "Guillots", des traces d'anciens fossés et de levées de terre.  Aussi, les "Loges-Pontenats" étaient un village occupé par les Templiers, et transformé en commanderie. S'il n'y a pas eu de fortification, cette dernière était le siège d'une seigneurie ecclésiastique. Enfin, au-dessus de l'étang des "Bizets", se trouve une motte où des traces de fossés subsistent. Aujourd'hui, une construction du XIXème siècle s'est construite à la place d'une maison plus ancienne. Ci-dessous, rue de la Velle et maison du XIXème siècle de la Motte.

    L'ensemble témoigne de l'importance de la cité dans l'Antiquité et au Moyen-Age. A Thiel et aux environs, de très nombreuses découvertes prouvent l'existence d'une agglomération Gallo-Romaine. Près du bourg, à la Velle, dans un champ dépendant autrefois du domaine des Potiers, fut mis à jour un grand nombre de statuettes de terre blanche ou rosée, dont une Vénus anadyomène.

    Le lieu de la découverte est voisin d'une ancienne immense excavation, qui pourrait être la carrière qui a dû fournir la terre utilisée pour la fabrication des statuettes. De beaux vases furent découverts par le Docteur Bailleau, dont une coupe de terre blanche portant la marque du potier. En 1884, fut exhumé un grand bronze de Lucille, femme de Lucius Verus.

    Autre preuve de l'importance de la commune: le nombre de prévôtés groupées autour du bourg, et l'existence du château de Pougny, qui fut l'une des premières seigneuries possédées par les sires de Bourbon dans la région. Ci-dessous, maison bourgeoise de la Pierre (photo ci-dessous). Il est possible que ce nom de la Pierre, porté déjà au XIVème siècle par des terres, un moulin et un étang, ne rappellerait pas le souvenir d'une borne militaire de l'ancienne voie de la carte de Peutinger.

    il fut un temps......

    la campagne thiéloise un jour d'automne