toulon-sur-allier: patrimoine

    voies romaines et vieux chemins

    La Nationale 7 n'a été ouverte en direction de Toulon qu'en 1754. La voie Romaine  traversait le parc de Fromenteau, passait derrière le château de Vermillière, et rejoignait l'actuelle Nationale 7 à hauteur de la locaterie du Grand-Chemin. Il fut mis à jour, entre Vermillière et Fromenteau, des tombeaux. Ces sépultures, près de la voie Romaine, constituaient vraisemblablement la nécropole des villas voisines. Ce chemin, passant à Fromenteau, était connu sous le nom de "Rue Creuse" ou "Ancienne Route de Paris à Lyon".

    Bien que le plan de 1774 porte, depuis la locaterie du Grand-Chemin jusqu'au Moulin de la Sanne, la mention "chaussée en gravelage très ancienne", il est peu probable que cette voie occupe celle de Vorocium. La voie Romaine, après avoir coupé la Nationale 7, un peu au-delà de la locaterie du Grand-Chemin, traversait plus loin le parc du château du Colombier, passait au bas du cimetière de Toulon, puis à l'emplacement de l'ancienne épicerie "Giard", sous l'église et arrivait au-dessous du jardin de l'ancienne maison d'école. Arrivée à ce point, l'antique voie suivait parallèlement la route actuelle jusqu'auprès de "Bonnay".

    Elle fut détruite, dans la traversée de la propriété, par l'habitant des lieux. Celui-ci affirma que la chaussée Romaine nuisait aux récoltes, et utilisa les moëllons calcaires, provenant de Neuvy et de Coulandon, pour réparer ses bâtiments. Sur ce parcours, il fut découvert, en 1853, lors de la construction de la maison du garde-barrière du passage à niveau de Toulon (qui n'existe plus aujourd'hui), un sarcophage de grès renfermant avec les ossements, une partie du mobilier funéraire. Sur le même alignement, faisant suite à la partie détruite, furent mises à jour, à flanc de coteau à 400 mètres environ au sud de "Bonnay" et à 150 mètres de la Nationale, d'énormes dalles enfouies à 2 mètres de profondeur. Ces dalles devaient constituer le statumen.

    La voie Romaine desservait les officines de potiers installées au "champ Lary", et aussi près du domaine de "La Forêt". Mais, à partir du dus de "Bonnay", on ne trouve plus trace de l'ancienne chaussée. La pierre étant très rare dans la région, il est possible que ses matériaux ont été exhumés pour être utilisés à divers usages. Il semblerait que la voie, à partir du point où a été faite la dernière découverte, gagnait les hauteurs et se dirigeait sur Neuglise en passant derrière la Forêt et aux Chalots.

    le château de fromenteau

    Fromenteau, jadis, était un village dépendant de la paroisse d'Yzeure. Elle devint, au XVIIème siècle, le coeur d'une seigneurie. Le château de Fromenteau est une grande maison bourgeoise rectangulaire avec pavillons aux extrémités en retour d'équerre peu saillants. D'importants communs furent rajoutés. La mention la plus ancienne de ce lieu remonte à 1411.

    le château du colombier

    Le château du Colombier est disposé dans un joli parc. En 1657, François Febvrier, bourgeois de Moulins, est seigneur de La Motte et du Colombier. Au XIXème siècle, une construction néogothique a remplacé une première demeure de style Louis XVI. L'organisation suit un plan en équerre où le corps du logis est flanqué de deux belles tours à mâchicoulis. L'une, carrée, est complétée par des créneaux et une guette. L'autre, ronde, est surmontée d'un haut toit conique. Sur la partie arrière est installé un haut pavillon du XIXème siècle. 

    l'église sainte-marthe-et-saint-martin

    L'église Sainte-Marthe-et-Saint-Martin est un édifice primitif roman, mais elle a subi un certain nombre de remaniements. La nef de quatre travées est vraisemblablement du XIème siècle, alors que le chevet et le transept ne datent que du début du XIIème siècle. Ce dernier fait saillie sur la nef. Sa croisée est couverte d'une coupole octogonale sur trompes.

    Dans le fond de l'église et au-dessus de la tribune, un vitrail moderne, réalisé par le maître verrier Marc Bertola, de Vichy, a été posé en 2008. Les couleurs, qui rappellent celles du vitrail du chevet, illuminent l'église au soleil couchant. De même, dans l'embrasure d'une ancienne fenêtre, a été réalisé et posé par Maître Lorin, de Chartres, un vitrail de la Vierge avec l'Enfant. Dans la chapelle de la Vierge, Titulaire actuel de l'église, dans une étroite absidiole en hémicycle, se trouve un vitrail moderne de type grisaille des années 1960.

    Dans le choeur du début du XIIème siècle, trône un autel moderne avec sa garniture en cuivre et fer, ainsi que, encastré dans le mur, le tabernacle et sa porte en bronze doré. Sur les côtés, dans l'embrasure d'anciennes fenêtres, les statues du XVIIème siècle de Saint-Vincent, patron des vignerons, et de Saint-André rappellent l'existence d'anciennes confréries.

    Saint-Vincent, patron des vignerons.

    Saint-André.

    Le croisillon sud et son absidiole ont été remaniés au XIXème siècle. La porte de façade est placée dans un avant-corps couvert d'un glacis, et est encadrée de voussures sur colonnettes. Le clocher carré, datant du XIIème siècle, est couvert d'un toit en pavillon, qui a remplacé la flèche abattue pendant la révolution. Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1926.

    Vierge du XVIème siècle.

    .Christ du XVIIème siècle.

    Saint-Roch. A gauche de la photo, Christ en plomb, oeuvre régionale naïve, offert à l'église dans les années 1950.

    Baptistère. Cuve d'inspiration XIIIème siècle, fermée par un couvercle en fer forgé. Une croix d'époque Louis XIV la surmonte.

    Cette statue de la Vierge à l'Enfant, en pierre de 1520, provient peut-être de l'hôtel des Monnaies de Moulins. La représentation de la Vierge comporte divers éléments significatifs des changements introduits dans l'art de la Renaissance. Ainsi, le voile a disparu au profit d'un châle tenu par un macaron, et les manches à fenêtres laissent bouffer la chemise sous la forme de crevés. Autant d'indices indiquant une influence Italienne très marquée, dont la mode a pu s'imposer à la cour des Bourbons à cette époque, notamment après les exploits du connétable Charles III de Bourbon à Marignan. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques.

    Ci-dessous, Sainte Anne éducatrice. Le thème de l'éducation de la Vierge représente traditionnellement sainte Anne apprenant à lire à la Vierge enfant. Cette statue en constitue une vision tardive en en reprenant tous les poncifs.

    Benoît-Joseph Labre, né à Amettes le 26 mars 1743, ressent l'appel de Dieu à 16 ans. Plusieurs tentatives pour rentrer chez les Chartreux, puis à la Grande Trappe de Soligny échouent. Cependant, en octobre 1769, il est reçu comme novice à la Trappe de Sept-Fons. Mais, au bout de huit mois, le Père Abbé lui dit: "Vous n'êtes pas fait pour nous, Dieu vous attend ailleurs". Il prend alors la route, et devient un ermite pèlerin.

    Il parcourt l'Europe, allant de sanctuaire en sanctuaire, vivant en miséreux. Il arrive à Moulins le 06 janvier 1773, en haillons, sa besace en bandoulière et son écuelle en bois ébréchée suspendue à la ceinture. Il y passe trois mois, et reprend la route le 11 avril. Il séjourne quelques jours à Toulon, où il est hébergé par le curé Torterat. Puis, il reprend la route.

    A partir de 1777, il se fixe à Rome, dont il ne s'absente que pour un pèlerinage annuel à Lorette. Le matin du mercredi saint 1783, il s'évanouit sur les marches de l'église Sainte Marie des Monts à Rome, et meurt le soir même. Sa renommée de sainteté est telle que son procès informatif, en vue de la béatification, s'ouvre un mois après son décès. Les évènements retardèrent cette béatification jusqu'en 1860 et sa canonisation en 1881.

    Saint Jean Bosco naît en 1815 dans un petit village du Piémont, près de Turin. Elevé par une mère très pieuse, il ne peut aller à l'école qu'à 15 ans. D'un tempérament de meneur, il passionne ses amis par ses talents d'acrobate et de prestidigitateur. Sa vocation de prêtre s'éveille très tôt, et il est ordonné à 26 ans. Il se consacre alors à l'aide aux jeunes de 13 à 20 ans, dont beaucoup sont au chômage ou en prison. Il crée pour eux un puis plusieurs centres où ils apprennent à lire et à écrire, à s'initier à un métier, à faire de la musique, à être catéchisé.

    Mais, son activité inquiète et dérange. On le prend pour un fou, et on essaie même de l'assassiner. Néanmoins, la pédagogie affectueuse de Don Bosco fait des émules. Fondée sur le respect des jeunes, de leur raison et de leur liberté, elle s'adresse d'abord aux plus pauvres. Il crée en 1859 la congrégation des Salésiens (nommée ainsi car placée sous le patronage de Saint François de Sales), puis celle des Filles de Marie Auxiliatrice, et celle des laïcs coopérateurs salésiens.

    Le 17 avril 1883, il passe par Moulins où il est reçu  par l'évêque, Monseigneur de Dreux Brézé. De là, il se rend à Toulon où il loge au château du Colombier. Il prendra le temps de dire la messe en l'église de Toulon-sur-Allier. Il meurt en 1888 après avoir secouru des milliers de jeunes de par le monde, grâce à son exemple et à ses oeuvres qui existent encore aujourd'hui. Il fut également un des premiers saints dont on possède la photographie, technique de prise de vue du réel inventée dans les années 1830.

    Le vitrail figuratif ci-dessous a été réalisé en 1965 par François Lorin, maître verrier de la cathédrale de Chartres, à l'initiative et sous l'impulsion de l'Abbé Paul Wasenko, curé de Toulon. Le thème qu'il symbolise est celui du Christ bénissant, évoquant la gloire de la Résurrection. On y trouve les trois couleurs primaires: le rouge, le jaune et le bleu. Un encadrement rappelle une mandorle, noir avec quatre cabochons verts, épousant la forme de la fenêtre axiale et dans laquelle s'inscrit le Christ.

    Le Christ en gloire, d'aspect très humain, fait un geste de bénédiction de la main droite, et tient la croix du bras et de la main gauche. Il est drapé d'un manteau rouge éclatant, duquel émerge le buste, la tête entourée d'une auréole rouge et verte. La croix, en jaune, dressée verticalement, symbolise l'élévation de l'Homme par la Croix.

    le château de montchenin

    Le château de Montchenin, sous sa forme actuelle, est une gentilhommière à haut toit, dotée de communs. A l'avant d'une enceinte à trois tours rondes, il fut bâti à la veille de la révolution en 1751. Il succédait à un château sur motte, plus visible de nos jours. Le premier possesseur connu de la maison noble de Montchenin date de 1462. Après divers propriétaires successifs de haut rang ou de belle renommée, il fut, avec les deux guerres mondiales, délaissé et servi de corps de ferme.

    Les propriétaires actuels, courageux et passionnés, s'efforcent de redonner vie à la vieille demeure. La qualité et la chaleur de l'accueil, la qualité architecturale et le charme de l'édifice ne laisseront personne indifférents. La belle allée de platanes, plus que centenaires, débouche sur la plaine de l'Allier, et est axée sur la façade d'honneur, remarquable par sa pureté de style et ses proportions entre la façade, les toits et les ouvertures.

    Le parc "à la Française", dessiné selon la tradition par un élève de Lenôtre, est composé de trois terrasses successives reliées par des marches de pierre de grès, de niveaux ascendants jusqu'au corps de logis. Celle du milieu est encadrée à droite et à gauche d'une charmille de tilleuls. En contre-bas, comme il était d'usage à l'époque, se situait l'emplacement de l'ancien potager (photo ci-dessous), où se dresse une petite tour où étaient rangés les outils du jardinier.

    Au bout de l'allée d'arrivée, deux tours symétriques, rondes et pointues, sont couvertes en petites tuiles, et sont surmontées d'un poinçon. Elles servaient, l'une pour les meubles de jardin, l'autre pour les enfants et leurs jouets. Leur charpente est entièrement chevillée.

    Sur les photos ci-dessous, la tour de gauche, sa charpente, et quelques graffitis sur l'encadrement de la porte.

     Tout près de la tour de droite ci-dessous, il existait une motte gallo-romaine dont on voyait encore les traces quelques années auparavant. Plus bas, sa charpente.

    A l'intérieur, l'escalier en chêne est entièrement chevillé "à la Française", et date du XVIème siècle. Il a dû être récupéré de l'ancien château dont il reste encore quelques portes basses et très sobres du XVème siècle. Le visiteur pourra admirer ses culots à quatre pans sous les poteaux, et ses balustres de deux modèles, celles du haut étant les plus anciennes.

    Au grenier, explose à la vue du curieux, l'immense charpente en châtaigner, de forte pente, magnifique par sa forme en "carène de vaisseau" renversé, et par ses chevrons de onze mètres de long faisant tous "Fermes". Elle procure la sensation de se trouver à l'intérieur d'une petite cathédrale.

    La façade arrière du château donne sur une cour fermée par des bâtiments agricoles, écuries, une petite chapelle dont le clocheton a disparu, et une belle grange en pisé et pans de bois du XVIème siècle. Dernière photo en bas, grange à pans de bois et torchis du XVIIème siècle.

    toutes les photos ont été prises et sont diffusées avec l'aimable autorisation de monsieur de Roquefeuil dominique

    www.montchenin.com 

    Contact: 04-70-44-17-94 ou 06-87-95-01-64 ou roquefeuil@montchenin.com

    INFORMATIONS GENERALES

    Monument historique du XVIIIème siècle - Granges à pans de bois et torchis des XVIème et XVIIème siècles - Charpente remarquable - Escalier d'époque - Parc en terrasse.

    Visites guidées intérieur et extérieur de 11h à 17h

    En juillet et août: tous les jours sauf les samedis

    En septembre: le dimanche uniquement et le week-end des journées du patrimoine

    Hors saison estivale: les week-ends et vacances scolaires sur rdv pris 48h à l'avance.