toulon-sur-allier

    Superficie de 3869 ha - Altitude de 206 à 284 mètres - 1138 habitants environ.

    L'ancienneté de l'occupation de la commune est attestée par la découverte d'ateliers de poteries gallo-romaines. Le nombre et la qualité de ces poteries  et statuettes, représentant divinités et animaux réalisées du IIème au IVème siècle et diffusées au sein de l'Empire Romain, témoignent de l'activité des habitants. Le nom de Toulon est issu de Telo ou Tolo, dieu des sources Gaulois ou, plus probablement pré-celtique.

    La paroisse appartient avant la révolution à l'ancien diocèse de Clermont, et dépend du prieuré de Jaligny. Une église en pierre est édifiée aux XIème et XIIème siècles. Près de l'église se trouvait la seigneurie qui fut le berceau de la famille de Toulon, où plusieurs de ses membres figurent dans l'entourage des sires et ducs de Bourbon. Cette seigneurie disparaît assez tôt et, dès le XIVème siècle, les droits, cens et devoirs appartiennent au prieuré de Jaligny, jusqu'à la révolution. Ci-dessous: ancien presbytère.

    La commune possède plusieurs autres fiefs sous l'Ancien Régime, et au lieu-dit Vermillères (photo ci-dessous), situé sur le bord de l'Allier, un port exportateur de bois et de charbon fonctionne jusqu'à la fin du XIXème siècle. La révolution de 1789 entraîne quelques bouleversements, notamment d'importantes modifications des limites communales et le changement de nom, qui devient sous la Terreur "Mont la Loi".

    Le clocher de l'église est abattu. La paix civile restaurée et le nom traditionnel repris, Toulon aborde le XIXème siècle avec le développement de l'agriculture et des voies de communication. Le chemin de fer traverse la commune, et la route Nationale 7 est élargie. Ci-dessous, maison bourgeoise du XXème siècle.

    La Grande Guerre voit 45 habitants de la commune tués au combat. Les progrès techniques, comme l'électricité et l'automobile, modifient la vie de l'agriculture et accroitre la rapidité des échanges. Durant la seconde guerre mondiale, la ligne de démarcation passe à Toulon, et des habitants courageux aident de nombreux réfugiés ou évadés à la franchir.

    Le 17 novembre 2015, l'ancienne maison du concierge du château de Fromenteau fut rasée. Bâtisse à pans de bois, sa disparition suscita émotion et débats enflammés chez les habitants de Toulon et de ses environs. Après avoir tenté vainement de la louer ou de la vendre à un professionnel, son propriétaire, faute d'avoir trouvé un acquéreur, pris la décision de la détruire. Plus entretenu depuis longtemps, la bâtisse aurait nécessité d'importants travaux de rénovation et de mises aux normes.

    Le prieuré Saint-Sépulcre de Jaligny, dont dépendait initialement la paroisse de Toulon-sur-Allier, possédait jusqu'à la révolution la cure présentée ci-dessous. Celle-ci, légèrement surélevée, était entourée de fossés, et occupait probablement l'emplacement du siège de l'antique fief de Toulon. Deux constructions s'ouvrent sur la cour: l'une, la maison d'habitation est en brique bicolore, l'autre, une dépendance, est à pans de bois (photo ci-dessous).

    Le domaine de La Motte, dont l'élément le plus ancien est la grange à quatre rangées de croisillons de bois, est qualifié de fief par l'intendant d'Argouges au XVIIème siècle. Il tire son nom de la motte sur laquelle il est construit, et qui, en 1762, était encore entourée de fossés remplis d'eau. L'élévation à pans de bois est caractéristique, avec ses croix de Saint-André (photo non disponible).

    Au XVIIIème siècle, Les Segauds sont habités par une famille Girard, dont trois membres sont successivement maîtres de poste à Moulins L'occupation du lieu est néanmoins beaucoup plus ancienne. A cette époque, la propriété est un ensemble rural dont il ne subsiste plus qu'une tour ronde avec un toit sur entablement coiffée à l'impériale surmonté d'un lanternon, et quelques traces de construction dans les communs (photo non disponible).

    Au XIVème siècle, la motte de Sanne est une seigneurie appartenant à la famille Neuville. Vraisemblablement, dès cette époque, il devait y avoir un moulin dépendant de cette motte, installé sur la Sonnante, petit ruisseau qui se jette dans l'Allier. En 1885, un moulin plus moderne est construit, mais il a cessé de fonctionner au XXème siècle (photo ci-dessous).

    Proche du bourg, Le Guet est un ancien fief dont étaient seigneurs, à la fin du XVIème siècle, Hugues et Claude de Billom. Ces derniers le vendirent le 27 octobre 1594 à Yves Brinon, seigneur de Beaunay, trésorier de France au bureau des finances de Moulins. Ci-dessous, vue sur le site où un ancien château fut autorisé à se fortifier en 1473, puis reconstruit en 1779. C'est maintenant un logis en U de briques bicolores, avec une chapelle ayant la forme d'un pavillon carré à clocheton.

    De la seigneurie de Rangoux, il ne restait plus, au début du XIXème siècle, qu'une motte le long du ruisseau des Chevaliers, à 200 mètres au sud de l'actuelle demeure, construite au XVIIIème siècle. Ci-dessous, ancienne chapelle de Mibonnet de 1601, siège d'une confrérie Notre-Dame, dont il reste une tour ronde.