varennes-sur-allier

    présentation

    Superficie de 2410 ha - Altitude de 228 à 292 mètres - 3 554 habitants environ.

    Le sol de Varennes est d'abord un site Gallo-Romain appelé Vorocium. Ce carrefour des diverses voies Romaines en direction des villes de la région est un lieu d'échange dynamique. La voie Romaine arrivait à Varennes, qui est le Vorocium de la carte de Peutinger, nom rappelé par Vouroux, l'un  des faubourgs de la ville. Le sol de cette station a livré un très grand nombre d'objets Gallo-Romains: cases, fibules, statues, monnaies aux effigies d'Auguste, de Néron, de Tibère et de Domitien.

    Un four, servant à cuire les poteries, a été découvert rue de la Brunette. Sa nécropole, qui couvrait environ six hectares, était situé à l'est de la ville, sur le plateau des Egaux, près du domaine de Beaupuy. De nombreuses urnes cinéraires de verre ou de terre cuite ont été exhumées de cette nécropole, dont la terre est charbonneuse et poussiéreuse. Monsieur Vayssières certifie que la ville possédait un hôpital antique. De même, dans une cachette de fondeur, à Chazeuil, il fut découvert dix-sept haches de bronze à bords droits, un fragment de lame à douille et un culot de bronze. Cette cachette peut être datée de la période III du bronze.

    Toutefois, au fil des siècles, l'endroit se dépeuple. La cité connaît un nouvel essor à l'époque médiévale. La toponymie définitive du bourg se fixe au XIIIème siècle, dans une charte de franchise de 1203. Varennes devient une enclave Bourbonnaise ainsi qu'une ville libre. Au Moyen-âge, la châtellenie de Varennes est une cité close, ceinte de murailles, qu'elle conservera jusqu'au XVIIIème siècle. Elle est dirigée par un capitaine, et possède une justice indépendante, non sujette à celle de Billy. Sa position stratégique sur une voie de circulation par route et par fleuve entraîne son expansion.

    Etape pour les armées, Varennes subit la guerre de Cent Ans, les guerres de religion, les épisodes de la Fronde, ainsi que les catastrophes et épidémies naturelles, comme la disette et la peste auxquelles la population doit faire face à la fin du XVIIème siècle. Au XIXème siècle, l'arrivée du rail favorise le commerce des animaux de boucherie et le développement de l'industrie du meuble. En 1937, une base de l'armée de l'air (aujourd'hui fermée) est créée et, à la fin du XXème siècle, est établie une importante usine de transformation de matières plastiques.

    Au rayon des  petites anecdotes, signalons qu'au XVIème siècle, Rabelais mentionne le lieu-dit "Chazeuil" dans la vie de Gargantua. En 1804, la ville accueille le pape Pie VII, allant sacrer Napoléon Bonaparte empereur. L'année d'après, ce dernier et l'impératrice Joséphine font étape à l'hôtel de la poste. Le 17 septembre 1959, Varennes a l'honneur de recevoir la visite du Général De Gaulle, président de la République.

    Le puits rectangulaire ci-dessous est une construction d'une trentaine de pierres brutes posées à plat les unes sur les autres sans apport de ciment. Ces dalles blanches, au grain fin et supérieures en qualité aux rocs de Hargy et de ses alentours, mesurent en moyenne un mètre de longueur, 60 centimètres de largeur et 26 centimètres d'épaisseur. Le fond du puits qu'elles encadrent est fermé par une grande pierre placée à l'horizontale, et par quatre autres placées sur chant. Chacun des côtés porte à son tour six à sept assises de pierres, et les deux dernières dépassent le niveau du sol.

    Cette abondance de pierres non taillées laisse à penser à une édification religieuse païenne. En effet, ce puits profond d'environ 4 mètres semble préserver l'une des sources sacrées, objet de culte de la part des Gaulois, et sanctifiées par les premiers Chrétiens dans le but de détruire les superstitions liées à une telle adoration. Mieux, selon la légende locale, une église dédiée à Saint-Jean-Baptiste aurait été élevée non loin de ce puits où le baptême par immersion aurait été conféré aux catéchumènes.

    Au XIVème siècle, une enceinte, qu'un chemin contourne, entoure Varennes. L'unique vestige de ces murailles abattues au XVIIIème siècle est une tour, percée d'une poterne qui permet d'atteindre le Valençon. Ainsi protégée, la ville peut fermer ses portes lors du couvre-feu. Le clocher de la tour de la poterne n'existe plus à la fin du XXème siècle. Sont encore visibles une ouverture dans la partie inférieure de l'édifice, ainsi que l'entrée murée d'un cachot souterrain où étaient enfermés les condamnés.

    Intérieur de la tour.

    Chemin permettant de rejoindre le Valençon.

    Ouverture dans la partie inférieure de l'édifice.

    Entrée murée d"un cachot souterrain où étaient enfermés les prisonniers.

    La girouette ci-dessous, qui représente un cheval tirant une petite calèche, est placée au sommet du toit d'une habitation. Le motif mobile, fixé sur un axe vertical, permet d'indiquer la direction du vent.

    Ci-dessous, la maison des Petits Frères de Marie abrite un institut de formation pédagogique des maîtres appartenant à leur ordre, ainsi qu'une école privée. En 1903, la loi sur les congrégations chasse les frères de l'établissement, qui s'établissent au Liban. Une école de gendarmerie s'installe plus tard dans leurs locaux. En 1923, les frères reviennent en France et retrouvent leur place dans la vie communale. Grand bâtiment d'allure militaire construit en 1891, la maison des Petits Frères de Marie est à  quatre niveaux, sur quinze travées de fenêtres à meneaux. Un avant-corps central accueille la porte principale d'entrée, et se termine par un fronton triangulaire à oculus et redans.

    Cet imposant  édifice de style néo-classique du XIXème siècle, aujourd'hui la mairie, s'élève sur deux niveaux et possède un avant-corps central avec entrée sur un perron. Le rez-de-chaussée surélevé est ouvert de portes-fenêtres en plein cintre. L'étage est agrémenté d'un balcon à balustres, alors que les combles d'une travée sont éclairés par une lucarne monumentale en pierre, surmontée d'un clocheton couvert à l'impériale, qui intègre l'horloge.

    Ville d'étape, Varennes possède très tôt un relais de poste où se croisent les diligences. Durant la période troublée du Directoire, des royalistes hostiles au gouvernement en place attaque et tuent le postillon Vichy dit Legros afin de lui voler l'argent qu'il transporte. Des voituriers ont également été blessés sur la route de Lyon. Aujourd'hui maison d'habitation, c'est un long corps de logis de plan rectangulaire, à deux niveaux et quatre entrées. Un toit à croupes abrite des combles élevés. Il a été prolongé en façade d'un auvent plus récent, qui ,court sur tout le long du bâtiment.

    La Bêche était un fief considérable à la fin du XVIIème siècle. La seigneurie de La Besche est connue dès 1357, date à laquelle elle appartient à une famille qui en porte le nom, et qui conservera la terre jusqu'au début du XVIIème siècle. Une description de la fin du siècle en donne l'organisation: "Devant l'une des faces du château règne une terrasse magnifique qui a vue sur le grand chemin, sur la rivière d'Allier, qui forme un canal magnifique. De ce château dépend un fief considérable, appelé le fief de la Besche. Il y a toute justice, haute, moyenne et basse, d'une grande étendue".

    LES CAMPAGNES DE FOUILLES

    Les Gallo-Romains enterraient leurs défunts sur la colline de Beaupuy. Aussi, de nombreux objets usuel, ainsi que des urnes funéraires ont été découverts. L'un de leurs thèmes de décoration favoris était l'Abondance. En effet, représenter la déesse était un moyen de s'attirer ses faveurs. Longtemps, les historiens et archéologues ont cru, qu'en dehors des villes, que les campagnes étaient jalonnées uniquement de fermes et de grandes demeures aristocratiques (les villae). De nombreux sites, comme à Varennes-sur-Allier ont permis d'identifier d'autres types d'habitat. Sur la fouille du Grand-Barnier, il s'agit d'une auberge installée au carrefour de deux routes. Elle permettait aux voyageurs et marchands de faire halte aux portes de la ville.

    Six bâtiments avérés ont été identifiés. Des vestiges de solins de galets à l'est de l'emprise indiquent probablement deux autres  constructions. Ces huit bâtiments en matériaux périssables s'organisent autour d'une vaste cour. les murs en élévation étaient tous vraisemblablement érigés à l'aide de pan de bois et de terre cuite. Sur des tranchées comblées de galets reposaient des sablières basses. La très faible quantité de tuiles découvertes laisse à penser que les couvertures étaient peut-être réalisées en chaumes.

    A l'est de cet ensemble, un grand bâtiment couvre une surface de 111 m2. Une cave (photo ci-dessus), conservée sur 1 m de hauteur, se développe dans l'angle nord-ouest. Elle est desservie par une fosse d'accès située à l'intérieur du bâtiment principal. Deux murs maçonnés au mortier de chaux confortaient les parois du creusement et un dallage de tuiles Romaines assainissaient le sol. Cette cave servait vraisemblablement de lieu de stockage au sein de ce grand bâtiment, interprété comme la partie résidentielle de l'habitat. A l'intérieur de cette construction, de nombreux trous de poteau témoignent probablement de l'existence de bâtiments plus anciens.

    Quelques fosses utilisées comme dépotoir ont livré un abondant mobilier céramique, permettant de caractériser la datation du site. Plus largement, ce dernier semble avoir été occupé du début du Ier siècle jusqu'au IIIème siècle de notre ère. La fouille a également révélé la présence d'une construction sur quatre poteaux pouvant être interprétée comme un grenier, où était stocké le fruit des récoltes. A proximité, une large fosse quadrangulaire semble dessiner l'emplacement d'un bâtiment légèrement excavé, pouvant être lié à des activités artisanales. Photo ci-dessous, verreries Gallo-Romaines.

    Plusieurs structures liées à l'alimentation en eau ont été aménagées. Un puits a été fouillé sur une profondeur de 4 mètres. De forme subcirculaire, ses parois sont renforcées par une construction en blocs calcaires. Une citerne quadrangulaire de 2.50 mètres de profondeur a également été creusée en partie sud du site. Ces aménagements  jouaient un rôle de réserve d'eau pour les activités domestiques et agricoles de l'installation. Une mare était peut-être utilisée pour l'abreuvage du bétail ou des chevaux. L'utilisation de réserve d'eau est également confirmée par la présence de deux bassins aux parois étanchéifiées.

    Le site est desservi par une voie non empierrée, bordée de deux fossés, d'une largeur d'environ 10 mètres. Sur une bande de roulement de 4.50 mètres de largeur, un réseau dense d'orniérages, visible sur une profondeur d'environ 50 centimètres, indique un usage régulier sur une longue durée. Plus au nord, un chemin secondaire délimitait l'ensemble de l'habitat. L'essentiel des structures rencontrées sur le site peut être daté du Haut-Empire, avec différentes phases d'occupation, qui s'échelonnent du Ier au IIIème siècle de notre ère. Cependant, des indices céramiques laissent entrevoir une occupation plus ancienne du secteur. Les derniers niveaux de comblement d'un large fossé ont en effet révélé la présence d'un mobilier Augustéen (fin du Ier siècle avant notre ère au début du Ier siècle de notre ère).

    Au moment d'autres fouilles, le mobilier exhumé à Varennes-sur-Allier, de par son état de conservation assez remarquable, constitue à ce jour le plus beau issu d'une nécropole Arverne, sur près de quatre-vingts sites et découvertes isolées recensés. Ce mobilier confirme une utilisation continue de la nécropole au cours de la période Romaine jusqu'au IIIème siècle. En plus des urnes funéraires, le site a fourni aussi un grand nombre de petits contenants comme des coupes et bols de plusieurs types appartenant plutôt au registre de la vaisselle de table.

    Les fouilles effectuées au centre-ville de Varennes-sur-Allier ont apporté des données permettant de supposer le stationnement de troupes militaires à l'époque Augustéenne (entre 30 avant J.-C. et 15 de notre ère). Plusieurs fosses dépotoirs de cette période étudiées aux abords de l'église ont révélé un mobilier tout à fait curieux. Il associe des amphores qui contenaient un vin spécial originaire de Campanie, des monnaies à l'effigie de l'empereur Auguste utilisées par les troupes militaires, une herminette en fer complète, et des éléments d'un harnais de cheval (phalère en bronze décorative et une bandelette de tissus ouvragée de petites perles en métal).

    Un très beau four à chaux a été également dégagé. Disposant d'un laboratoire construit en argile durcie au feu, d'une capacité de 9 m3, le four a livré une association d'objets singulière. Parmi les éléments de poterie et d'amphore comparables, ont été recueillies une petite hache à douille en fer et deux monnaies identiques aux précédentes. La morphologie du four, avec ses deux fosses d'accès, correspond parfaitement à la description donnée par Caton l'Ancien dans son "Traité d'Agriculture (De Agricultura), écrit entre la fin du IIIème et le début du IVème siècle avant notre ère. Ces données viennent compléter des découvertes faites rue de la Brunette en 1975, sur le parvis de l'église en 1980, lors de la construction de la gendarmerie en 1984, et ainsi que sur une dizaine d'autres sites Varennois.

    varennes-sur-allier en noir et blanc

    Moulin de Jean Chaume

    La gare

    Maison des frères

    Place Victor Hugo - église

    se promener à varennes-sur-allier